Je sors de la salle de bain après y avoir passé un long moment. J’ai encore la main qui tremble quand j’arrive devant les vêtements que Ren m’a laissé. À l’extérieur, c’est encore l’apocalypse, je ne peux pas rentrer chez moi ce soir. Je soupire avant d’enfiler les vêtements.
Je rejoins Ren dans la grande pièce à vivre ouverte sur la cuisine où il prépare le dîner. Sur la table, Ren m’a servi un café. Je retrousse les manches du pull —trop grand — pour libérer mes mains et m’installe sur une chaise pour boire mon verre.
Je… j’ai vraiment l’impression de gêner, et d’être de trop. Il faut dire, je l’empêche de passer la soirée avec sa copine, forcément qu’il m’en veut. Mais… j’espère pouvoir échanger un peu avec lui quand même. Je ne demande pas à Ren de me pardonner, seulement de discuter avec moi.
— Ce n’est pas grand-chose mais j’espère que tu aimes le tamago yaki ?
—Oh… euh, oui.
Il me présente dans une assiette une jolie omelette avec du ketchup par-dessus, servie avec un riz d’un blanc parfait. Si ce repas est simple, Ren l’a fait pour moi et… et ça me fait plaisir. Je ne peux m’empêcher d’être un petit peu heureux alors que ce n’est pas grand-chose à ses yeux. Aussi infime soit cet espoir, je… je veux y croire, m’y raccrocher comme un forcené.
—Tiens.
Ren me donne une paire de baguettes que je détache pour manger. Je retiens un cri en ouvrant la bouche. Ces voyons ni sont pas allés de main morte lorsqu’ils m’ont frappé, j’ai encore mal à la mâchoire à cause de coups. Mais pour ne rien montrer à Ren, j’engage la conversation.
—Cette femme… euh… commence-je en attirant son attention. J’ai oublié de la remercier !
Ren me regarde dans les yeux alors qu’il avale un morceau d’omelette. Ses pupilles n’ont pas changé, ce vert me captive toujours autant.
—Elle s’appelle Mikasa, elle a vingt-quatre ans et on travaille ensemble à l’hôpital. Me dit-il en souriant.
—Et… Et elle est très jolie ! Je vais finir
C’est sûrement son genre de fille. Plutôt grande et élancée, Mikasa-san a de magnifiques et longs cheveux bruns. Un regard marqué par un délicat maquillage et bouche plutôt pulpeuse. Elle semble prendre soin d’elle et porte de jolis vêtements. N’importe qui voudrait avoir une femme aussi élégante à ses côtés. Il y a de quoi être jaloux.
—Je ne sais pas si je serai encore en vie sans elle, me mets-je à plaisanter. Encore un peu et je finissais enseveli sous la neige, ah ah ah !
Ren pose ses baguettes et s’arrête de manger pour me fixer.
—Q-Quoi… ?
P-Pourquoi est-ce qu’il me fixe comme ça ? J’ai en bout d’omelette entre les dents ? Je… j’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas ?
—Tu arrives à rire de ce qui s’est passé alors qu’au fond, tu as envie de pleurer. Tu n’as pas changé, tu gardes tes peines pour ne déranger personne.
Je lâche mes baguettes quand un éclair passe dans mon cœur. Il me dit ça comme s’il pouvait me comprendre. Ren ne sait pas de quoi il parle, il est un peu trop sur de lui, et pourtant, il a totalement raison. Je craque devant lui et m’effondre sur la table, la tête dans les mains parce que je ne peux qu’accepter cette évidence.
Finalement, rien n’a changé après le collège. Une fois le lycée terminé, j’ai pris mon indépendance et suis parti de chez moi. Je ne pleure pas à cause de ces voyous, mais d’un tout. Je me retiens, me cache derrière un sourire pour rester fort. Mais Ren a ce don pour lire en moi et ça me bouleverse complètement.
Avec ma petite taille, je ne peux le rattraper. Même en montant sur une chaise, je ne parviens pas à l’atteindre. Si le Ren du passé avait dit ça, j’aurais sourit naïvement et prétendu n’avoir rien entendu, mais aujourd’hui, je pleure parce que je n’ai plus rien en quoi croire.
En plus d’avoir perdu Hirato, je n’ai plus de famille, et que des souvenirs de ma relation avec l’ancien Ren.
— Teito, ça va ?!
J’essuie mes larmes avec la manche du pull et me lève de table.
—J-Je vais rentrer finalement. Je suis désolé pour tout. Je n’aurais pas du m’inviter comme ça chez toi, Ren.
—Quoi ? Attends !
Ren m’arrête et passe sa main autour de mon poignet pour me retenir. Perturbé par sa réaction, je le regarde avec les yeux encore humides.
—P-Pourquoi ?
—Reste ici. Reste avec moi pour ce soir, Teito.
Je ne remarque pas que je suis déjà dans ses bras, si proche de son visage. Mes lèvres sont si proches de siennes que je peux sentir son souffle caresser ma peau. Ren pose une main sur ma joue, l’autre à ma taille.
—Ça fait cinq ans que j’attends ce jour, ne crois pas que je vais te laisser repartir comme ça.
—R-Ren, tu…
Ren s’empare de mes lèvres dans un baiser remplie de passion et de possessivité. Dans notre étreinte, il me fait reculer jusqu’au canapé pour m’y allonger dessus.
Je… Je croyais qu’il sortait avec M-Mikasa-san ?
—R-Ren…
Tout de suite, mon cœur s’emballe. Je cède à Ren, incapable de lutter contre ma propre volonté.
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TROP GRAND POUR MOI ! (2)
RomanceVOLUME 2 DE TROP GRAND POUR MOI ! [2/2] Les années sont passées depuis la fin du lycée pour la bande de supers amis. Teito est devenu un adulte et à présent, il fait cavalier seul. Sa rupture avec Ren lui a laissé des séquelles et aujourd'hui, il ne...
