Chapitre 6

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 Assise sur le bord de mon lit, je fixe le mot qu'il m'a laissé, comme si ses mots pouvaient combler le vide qui me dévore :

Je suis avec les Pogues au restaurant, rejoins-nous lorsque tu seras prête.

Je viendrai te chercher si tu le veux.

JJ

  Je soupire de mal-être. Pourquoi la mort veut tant m'avoir à ses côtés ? Pourquoi je ne peux pas vivre une vie normale ? Pourquoi est-ce si compliqué ?

Il m'a laissée seule chez moi. Après cette nuit où nous nous sommes perdus l'un dans l'autre, où nous avons cédé à nos désirs, je me suis retrouvée seule à ruminer. Je ne sais pas si ce que j'ai ressenti était l'écho d'un futur possible où je me voyais mourir ou simplement le plaisir brûlant d'avoir été avec mon beau surfeur. Les souvenirs me font encore frissonner : nos corps rapprochés, nos souffles entrelacés, cette intensité qui semblait suspendre le temps.

JJ a attendu que Morphée me capture pour disparaître. Et moi, je reste là, à me demander combien de temps il est resté à mes côtés après que je me sois endormie. Est-ce qu'il est resté à veiller sur moi, ou est-il parti aussitôt que j'ai fermé les yeux ? L'incertitude me vrille le ventre.

Je sens encore l'écho de nos corps mêlés, la brûlure et le vide en même temps. Putain, ça me fait mal entre les jambes, et c'est cette douleur qui me rappelle que tout ce que nous avons partagé n'était pas qu'un rêve, que je n'ai pas rêvé de lui... que c'était réel. Et maintenant, il est parti. Et moi, je suis là, seule avec mes pensées et ce désir qui refuse de s'apaiser.

Je repose le mot sur la table de nuit, le regard perdu dans le vide. Je devrais me lever, rejoindre les Pogues, sourire, faire comme si tout allait bien... mais tout ce que je peux faire, c'est rester là, à ressentir le mélange de manque, de peur et de désir qui me consume. Le téléphone sur ma table vibre encore, mais je n'ose pas le prendre.

Je finis quand même par me lever et ne traîne pas, prête depuis un moment. Le soleil se couche doucement, teintant le ciel d'orangé et de violet, comme si le monde entier retenait son souffle avec moi. Chaque pas vers le restaurant résonne dans ma poitrine, et j'essaie de calmer le mélange de nervosité et d'excitation qui me secoue.

Une fois arrivée, je pousse la porte et entre. L'air chaud et parfumé du restaurant me frappe, et mes yeux cherchent aussitôt une présence familière. Je tombe sur les parents de Kiara, occupés à discuter derrière le comptoir.

— Elle est dehors avec les garçons, ils viennent de sortir, me sourit sa mère en déposant un plat sur le côté.

Je souris en retour, reconnaissante, et lui lance un petit merci. Puis je m'éclipse rapidement, empruntant la sortie qui mène au ponton. Le vent frais m'effleure le visage, et l'odeur du bois chaud et de l'eau mêlée à celle des pins me fait frissonner.

Je les aperçois enfin, assis sur les bancs en bois. Pope et Kiara semblent plongés dans une conversation animée. Et puis il y a JJ. Lui, adossé au banc, le visage partiellement dans l'ombre du soleil couchant, les bras croisés mais détendus. Il n'a pas l'air de m'avoir vue tout de suite, et c'est comme si le temps ralentissait un instant : je le regarde, essayant de deviner ce qu'il pense, ressent. Son profil est parfaitement sculpté par la lumière dorée, et malgré les événements de la veille, il a cette aura tranquille qui me fait presque oublier le chaos de ma nuit.

Je m'approche doucement, chaque pas mesuré, les paumes moites, l'esprit à la fois alerte et tremblant. Autour, les voix et les éclats de rire se fondent en un brouhaha indistinct ; tout ce qui compte, c'est lui et l'angle où il se découpe contre le ciel qui s'assombrit.

Outer Banks - Tome 2Des histoires addictives. Découvrez maintenant