Chapitre 4

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Je griffonne ma feuille depuis maintenant deux heures. Des traits brouillons s'entremêlent, censés représenter John B et Sarah... mais vu mon talent de dessinatrice, c'est plutôt deux bonhommes difformes qu'un hommage à mes amis.

— Et l'esclave devient le nouveau chef. Dioclétien divise l'Empire romain en quatre royaumes distincts.

Je retiens un soupir bruyant, la joue appuyée contre ma main. Ce prof est passionnant d'habitude, mais là... son cours me berce comme une berceuse interminable. Mes yeux se lèvent au plafond, puis redescendent sur mon dessin raté.

Et soudain, un vrrrr traverse la salle. Mon téléphone vibre. En fait, pas seulement le mien : plusieurs portables frémissent en même temps.

— C'est le téléphone de qui ? À personne. Soupire le prof retournant à son cours. Un peu de sérieux, il y aura un contrôle. Pour résumé qui était Dioclétien ? Un ancien enclave devenu chef de l'Empire romain.

Je ne l'écoute déjà plus. Mon regard s'attarde sur Kiara, agitée à côté de Pope. Moi, planquée au fond, j'ai une vue parfaite sur l'ensemble de la classe : JJ se redresse, quitte sa chaise et se penche sur les genoux de Pope pour lire au-dessus de son épaule. L'excitation qui flotte dans l'air est contagieuse.

Le cœur battant, je sors discrètement mon téléphone. Un message d'un numéro inconnu. Mes doigts tremblent un peu quand j'ouvre le fichier.

Deux visages apparaissent sur l'écran. Deux sourires que je pensais ne jamais revoir. John B et Sarah. Vivants. Un sourire éclatant, des mains posées sur une bouche excitée... comme si le temps s'était figé.

Mon cœur fait un triple salto. Mon souffle se bloque. Je dois sortir, j'ai besoin d'air.

— Je... je ne me sens pas bien, je vais à l'infirmerie, dis-je précipitamment en me levant d'un bond.

Je n'attrape même pas mes affaires, je fonce vers la porte sous les regards surpris de mes camarades et celui, suspicieux, du professeur. La poignée claque dans ma main et je sors presque en courant.

Des pas résonnent derrière moi. Pope, essoufflé, invente un prétexte pour filer :

— Je peux aller aux toilettes ?

Et Kiara, théâtrale, lance :

— Urgence familiale !

Je m'arrête dans le couloir, le souffle court, un sourire incontrôlable déjà accroché à mes lèvres. En une seconde, tout change : j'ai l'impression de revivre. Comme si j'avais erré dans l'ombre depuis leur disparition... et que soudain, une lumière éclatait, me ramenant à la vie.

JJ débarque en trombe, courant comme si sa vie en dépendait... jusqu'à ce qu'il percute de plein fouet un chariot de nettoyage. Le choc résonne dans tout le couloir.

Je pars en éclat de rire, les larmes aux yeux, incapable de m'arrêter. Pope et Kiara accourent derrière, explosant de rire eux aussi. Et au milieu de ce chaos ridicule, une certitude s'impose : John B et Sarah sont vivants. Et nous, on est prêts à tout pour les retrouver.

— Eh ! Vous allez où ?

JJ se relève d'un bond et m'empoigne la main, m'entraînant dehors. La porte claque derrière nous, et l'air frais me frappe la peau comme une gifle bienvenue.

— C'est pas possible ! s'exclame JJ. Shoupe a dit qu'ils s'en sont pas sortis. Il l'a dit.

— On s'emballe, répond Kiara en s'asseyant sur la table, le portable déjà allumé. On ne peut pas exclure un canular. Quelqu'un se paie notre tête.

Outer Banks - Tome 2Des histoires addictives. Découvrez maintenant