La salle d'audience résonne comme une cage. Quatre jours confiné à broyer du noir et voilà que je me retrouve enfin là, assise à côté de JJ, la main serrée dans la sienne, coincée dans la robe beige que ma mère a choisi pour me rendre « présentable ». Le chignon me tire la nuque, les talons me vendent quelques centimètres de dignité, mais rien n'efface la boule au ventre qui me travaille depuis ce matin. Topper m'a déposée et a refusé d'entrer ; il a haussé les épaules quand je lui ai lancé un regard accusateur et est parti comme si tout ça ne le concernait pas.
La juge lève les yeux, sa voix tombe comme une sentence avant même le verdict :
— John Booker Rutledge, en vertu de l'article 14 de la loi de Caroline du Nord, vous êtes accusé de meurtre au premier degré avec circonstances aggravantes. En cas de condamnation, la peine maximale est la peine de mort.
Autour de nous, la salle explose en murmures, en haussements de voix, en respiration coupée. La phrase reste suspendue, lourde, absurde. John B, pâle comme un linge, a déjà la gueule d'un mort vivant.
— Il a dix-sept ans ! rugit JJ, se levant d'un bond comme une flamme. Sa voix résonne, aiguë, presque sauvage. Il a dix-sept ans !
Les gens autour se redressent, les téléphones s'illuminent, des flashes claquent quelque part derrière les vitres blindées. Ma main se fait glaçon dans la sienne ; je la serre jusqu'à la faire blanchir pour tenter de le calmer. Il me faut tirer sur sa main, le forcer à s'asseoir.
John B tourne la tête vers nous. Je sens la rage monter, une envie de hurler, de traverser la salle. JJ retire sa main violemment et, comme un animal blessé, pointe un doigt accusateur vers son ami.
— John B ! On va régler ça ! craque-t-il, la mâchoire serrée.
Un tumulte s'enchaîne : Sarah se lève à son tour, prête à se précipiter vers la barre.
— Laissez-la ! Non ! hurle quelqu'un.
Un officier s'élance et l'arrête d'un geste sec avant qu'elle n'atteigne l'estrade. On la saisit, la fait reculer, les bras menottés par une sécurité qui ne plaisante plus.
— Ne la touchez pas ! entend-je Kiara crier à mes côtés, la voix déchirée.
Ma bouche s'ouvre presque d'elle-même :
— Vous êtes le vrai meurtrier ! je crie, perdu toute retenue, oubliant JJ, oubliant ma robe, oubliant que je suis « celle qui doit rester sage ». Je vois et approche Ward Cameron qui se lève, glacial, sortir de son coin comme un roi qui reçoit ses lauriers. Son sourire est mauvais, celui d'un type qui sait se dérober à la tempête.
Un bras m'entour les hanches me décollant du sol m'empêchant alors de rejoindre ce satané tueur. Wow Pope a plus de force que je ne le croyais. Il me fait sortir en même temps que les autres.
— Calmez-vous ! ordonne une voix autoritaire.
Je me débats deux secondes, les poumons brûlants, les mots coincés : « Il a tué... il a tué Peterkin ! » Mais la sécurité fait son travail : on me traîne hors de la salle. Derrière la porte qui claque, j'entends encore la voix de JJ, lointaine, enragée.
— C'est une blague ? On est en enfer ou quoi la ?!
Sarah, les larmes pleins les yeux, secoue la tête, les épaules tremblantes.
— J'aurais jamais dû rentrer... sanglote-t-elle.
Sa voix se brise, et autour d'elle, c'est comme si le monde s'effondrait un peu plus.
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Outer Banks - Tome 2
FanfictionKida traverse une période sombre, écrasée par la douleur d'avoir perdu deux amis précieux. Seule par choix, rongée par la culpabilité, elle porte un fardeau qu'elle pense mériter. Mais lorsqu'elle découvre qu'ils sont toujours en vie, un nouvel espo...
