J'ouvre les cartons restés dans la buanderie, vérifiant qu'il n'y a plus rien à moi. Je pars dans un semaine et j'avoue que j'ai vraiment zéro organisation. J'ai l'impression qu'il me reste un million de chose à faire... comme appeler ma soeur et lui demander se squatter sa chambre d'amis pour une durée indéterminée par exemple. Je fais vraiment tout dans le désordre.
Mes doigts se figent sur les rabats en cartons que je viens de soulever. Merde. Je croyais que Louis c'était débarrassé de tout ça... c'est ce qu'il avait dit en tout cas.
- Tu cherches quelque chose ?
Je lève les yeux sur mon futur ex-mari qui vient d'entrer dans la pièce, une tasse de thé à la main.
- Je vérifie que je n'ai rien oublié dans un carton.
- De toute façon c'est pas perdu. Promis, je ne brûlerais rien qui t'appartient, il plaisante en s'appuyant contre la machine à laver.
- C'est vrai, t'es du genre à garder ce qui ne te sers à rien.
Je soulève le carton et le laisse tomber entre nous. Il n'est pas lourd, mais le bruit résonne dans la pièce. Louis avale difficilement sa salive et détourne le regard.
- Tu m'avais dit que tu donnerais tout.
- J'ai pas pu.
- T'aurais pu me le dire. Désolé, j'ai pas pu m'en débarrasser mais promis tu ne les verras plus.
- Excuse-moi. Je savais même pas qu'il avait été mit là.
Je l'observe sans répondre. Je ne sais pas quoi lui dire de toute façon.
On reste un long moment en silence, aucun de nous deux ne prononce un mot.
Puis Louis claque sa tasse sur la machine à laver avant de se baisser pour récupérer le carton. Il quitte la buanderie et la porte du garage claque quelques secondes plus tard. J'inspire profondément et le rejoins pour le voir vider le carton dans la poubelle. Mon coeur se serre subitement quand je vois qu'il pleure. Louis balance le carton près de sa voiture et revient vers moi pour rentrer dans la maison.
- Voilà, t'es content ?
Je le retiens et l'attire contre moi. Mes bras l'entourent et il se laisse totalement faire, n'attendant que ça. Il pleure dans mon cou et je dois retenir mes larmes.
- Tu pensais que j'allais changer d'avis ?
- J'espère encore, il murmure, la gorge nouée.
- Je parlais du bébé... c'est pour ça que t'as rien jeté ?
- Je parlais des deux. De nous, et du bébé. Mais t'es du genre têtu, mmh ? Quand t'as décidé quelque chose de toute façon j'ai rien à dire.
Il se défait de mon étreinte et rentre rapidement dans la maison. J'ai mal au coeur, et la nausée me prend.
Il faut que tout ça s'arrête, ça ne peut plus durer.
* * *
Lady me tourne autour, heureuse de se défouler un peu. Moi aussi j'avais bien besoin de courir.
Demain on a rendez-vous avec les avocats pour la signature définitive.
Est-ce-que je suis prêt ? Absolument pas.
Depuis hier on s'évite avec Louis, il passe ses journées en dehors de la maison et se débrouille pour ne pas me croiser quand j'y suis.
Je suis allé trop loin hier, je le sais. J'aurais dû laisser le carton et ne rien dire. Louis et moi n'avons pas fait le deuil de notre bébé de la même manière et ça a été difficile. Il avait besoin d'en parler, et moi j'avais besoin de ne rien dire, d'oublier.
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Hélianthe
Fanfiction- Qu'est-ce-que tu es en train de m'apprendre ? - Une de mes chansons bien sûr.
