Chapitre 16

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"Amélia Stone, je te conseille vivement de tout oublier maintenant si tu ne veux pas finir dans un asile de fous !"

Mais c'était plus facile à dire qu'à faire, nom d'un chien ! Comment oublier le fait qu'elle avait vu son protégé entièrement nu ?

Cela faisait bientôt une heure qu'elle errait toute seule dans la ville. Elle n'avait pas osé se rendre chez Jonathan. Son meilleur ami avait une irrésistible envie de la caser avec Kyrian, et elle ne savait absolument pas pourquoi. Le connaissant, voici comment se serait déroulée la scène :

"- Comment ça tu l'as vu nu? s'écria-t-il, ébahi.

- Il a enlevé sa serviette et je l'ai vu nu, je ne peux pas être plus explicite.

- Tu l'as vu nu ? répéta-t-il.

- Oui, mais ne t'inquiète pas, j'ai détourné le regard tout de suite après ! mentit-elle, car en vérité, elle s'était bien rincé l'œil.

- Tu as détourné le regard ?

- Oui, comme tu peux le voir, j'ai résisté.

- Mais tu es complètement folle ou quoi, Amélia ?

- Quoi ? Mais je...

- Pourquoi n'en as-tu pas profité ? la coupa-t-il.

- Mais, ce n'est pas possible. Pourquoi êtes-vous aussi obsédés, vous les hommes ? 

- C'est dans notre nature,  je ne vais pas le nier. Mais en attendant, tu n'en as pas profité alors que tu en avais l'occasion !

- Jonathan, je ne veux pas d'une relation maintenant. Et sache que je ne me couche pas aussi facilement.

- Qui parle de se coucher ? Il y a d'autres positions !"

Oui, elle ne connaissait que trop bien son meilleur ami. C'était exactement ainsi qu'il se comporterait s'il apprenait la nouvelle. Et elle ne voulait en aucun cas être confrontée à une joute verbale dont l'issue lui serait fatale.

Kyrian était beau, irrésistible même, certes, mais il n'en restait pas moins un homme. Hors, elle s'était jurée de ne plus se laisser avoir par eux, de quelque manière que ce soit. Elle allait donc le retrouver, lui proposer de l'accompagner au mariage, le surveiller pendant encore quelques semaines en étant la plus détachée et impassible que possible, puis il partira et tout rentrera dans l'ordre. Elle retrouverait ses anciennes habitudes, sa vie banale d'autrefois. Cependant, plus jamais elle ne s'inscrirait dans une telle association, de peur que le destin ne lui joue une autre farce.

Elle regagna son appartement le plus lentement possible, car elle ne voulait pas non plus voir cet idiot et le sourire victorieux et narquois qu'il arborerait. Sourire qu'elle devrait affronter avec le plus grand mal. 

A peine eut-elle franchit la porte qu'elle vit Kyrian assit sur le canapé. Celui-ci se leva d'un bond et vint vers elle. Les joues d'Amelia virèrent au rouge dès que les souvenirs de la matinée lui revinrent. Elle ne voulait absolument pas voir son protégé maintenant. Alors, elle couvrit son visage de ses mains.

- Bonjours, Kyrian ! Au revoir Kyrian ! lâcha-t-elle brusquement tout en regagnant en hâte sa chambre.

Cependant, avec ses mains sur son visage, elle ne voyait rien. Aussi fonça-t-elle dans le mur, tomba et atterri sur les fesses. Un cri - de surprise plus que de douleur - s'échappa de sa gorge.

- Aïe !

- Tu t'es fais mal ? s'inquièta-t-il.

Comme il se rapprochait de plus en plus d'elle, elle se releva avec une rapidité et courut vers la cuisine.

- Amélia, es-tu sûr que ça va ?

- Oui, oui très bien. Très, très bien. Vraiment super ! Ça ne se voit pas ?

- Parle moins lentement, Amélia. Calme toi. Tu as l'air fatiguée. Tu devrais peut-être prendre un café, conseilla-t-il.

- Tu crois vraiment que j'ai besoin d'un excitant maintenant, là ?

Il s'approcha d'elle, et, une fois de plus, elle l'évita et se dirigea dans le sens opposé. Elle s'obligea à prendre une profonde inspiration, qui ne la calma en rien. 

- Pourquoi me fuis-tu ? demanda-t-il.

- Moi ? Je te fuis ? Je ne vois pas du tout de quoi tu parles ! Je ne te fuis pas. Je ne te fuis pas du tout.

Mais, voyant qu'elle parlait de plus en plus vite et qu'elle évitait toujours son regard, ses doutes se transformèrent en certitudes.

- Si, tu me fuis. Et je me demande bien pourquoi.

- Tu me demandes pourquoi ? Et il a l'audace de me demander pourquoi ! Mais tu sais très bien pourquoi ! A ton avis, pourquoi ?

- Regarde moi dans les yeux, Amélia.

- Oh, non, non, non, non, non ! Très, très, très mauvaise idée !

- Tu devrais peut-être te calmer.

- Me calmer ! Mais je suis tout ce qu'il y a de plus calme. Je suis tellement calme que je ne vais pas exploser sur le champ. Je suis très, très, très, très calme. Pourquoi je ne serait pas calme d'après toi ? Je suis très...

Avant qu'elle n'eut le temps ni de s'enfuir, ni d'achever sa phrase, il s'approcha d'elle, posa une main au niveau de sa taille et l'attira vers lui. Alors il rapprocha ses lèvres des siennes et l'embrassa.

Au départ, ce fut un chaste baiser destiné à la faire taire. Puis, voyant qu'elle avait cessé de se débattre, il accentua son baiser. Lorsqu'elle ouvrit un peu plus la bouche, il fit glisser sa langue et vint caresser la sienne. Leurs langues se mêlèrent et se mirent à danser une valse frénétique. C'était un baiser profond, passionné. Il l'embrassa avec une telle fougue qu'elle ne songea plus à résister.

Par tous les dieux ! Kyrian était en plein délire. Cette femme avait un goût de miel, une peau brûlante, et les petits cris étouffés qu'elle laissait s'échapper de sa gorge le rendait fou.

Amélia quant à elle, avait l'esprit brouillé, le cerveau liquéfié. Lorsqu'il se rapprocha plus d'elle et la coinça contre le mur, elle pu sentir la bosse dure de son érection. Elle souhaita désespérément que ce baiser ne s'arrête jamais.

Elle gémit lorsqu'il s'écarta d'elle, le souffle court et le regard brillant. Elle le regarda, toujours ébahie par le baiser, mais aussi intriguée par l'indéfinissable lueur qui dansait dans ses yeux verts.

- Ça va ? Tu te sens mieux, Amélia ?

- Je me sens à baiser...heu apaisée, oh mon dieu, je voulais dire apaisée, dit-elle en rougissant.

Elle devait vraiment s'écarter de lui le plus possible. Elle avait eu son quota d'humiliation de la journée. De l'année même !

- Heu...je crois que...je devrais...enfin....peut-être que tu...je devrais peut-être retourner dans ma chambre.

Génial ! Elle n'était même pas capable d'aligner plus de trois mots.

Lorsqu'il la libéra, elle courut vers sa chambre, sans un regard en arrière, si vite qu'elle trébucha, mais elle se reprit et continua sa route. 




Never Leave Me AgainOù les histoires vivent. Découvrez maintenant