CHAPITRE 34

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Ne vous contentez-vous plus assez de celles avec Waneta ?

Bien sûr que si, mais c'est différent avec Waneta, et même avec tous. Mon frère, mes amis, je n'ai pas ce même entrain.

Eh bien... peut-être pourrais-je faire quelques efforts supplémentaires pour subvenir à vos besoins le plus rapidement possible.

Oh non, ne faîtes pas plus que vous ne faîtes déjà, vous allez vraiment finir par vous épuiser. Je peux encore attendre, le plus important est que je vous soutienne dans cette étape. Elle est difficile mais bientôt elle ne sera plus qu'un souvenir.

Il y eut un moment de silence. Un court instant où je baissai les yeux au sol, cette terre marron clair tirant vers de l'orange, bordant le cours d'eau où j'avais trempé les pieds.

Zaltana ! entendis-je de l'autre côté de l'enclos. Je me tournai et vis Waneta me faisant de grands signes avec ses bras.

Qu'est-ce qu'il a ? interrogea San.

Je ne sais pas. Il faut que j'aille voir, nous devons y retourner.

Je me levai pendant que lui me regarda, puis une fois debout je tendis ma main pour qu'il s'accrochât à mon bras, et l'aidai subitement à se relever. Il passa son bras autour de mon cou pendant que je lui servis de béquille du côté où il avait cette blessure, sur laquelle je ne vis guère d'amélioration.

Cela pouvait paraître égocentrique mais ces moments de contact avec San me faisaient du bien. Je le sentais contre moi, j'avais son souffle chaud tout près de mon visage, et j'avais une personne douce mais déterminée à mes côtés.

Nous arrivâmes après qu'il eût compté les minutes que nous avions mises à retourner au campement, ce que nous faisions à chaque fois étant donné que nous pouvions avoir notre propre point de vue quant à l'évolution de sa capacité à marcher. Et aujourd'hui nous avions gagné deux minutes. Une courte durée à côté de la longue marche que nous avions effectuée, mais j'étais malgré cela très fière de lui.

Waneta nous rejoignit et nous aida, en nous rapprochant de l'écurie. Je ne compris tout d'abord pas pourquoi il nous y amena, mais lorsqu'il nous arrêta devant le box de Kishi, une jument toute noire, je fus éclairée.

C'est ce que je crois ? lui demandai-je, enjouée.

Oui Zaltana, c'est ce que tu crois, répondit-il en hochant la tête, un sourire aux lèvres.

De quoi parlez-vous ? fit San, perdu.

Kishi est pleine. De votre futur cheval.

Q-quoi ? réagit-il, ne semblant pas réaliser. Comment ça ?

Je lui racontai que j'avais, quelques journées plus tôt, demandé à Waneta si nous avions un cheval libre ou s'il était possible qu'une de nos juments poulinât pour en faire cadeau à San. Il méritait d'avoir un nouveau compagnon pour revivre de grandes aventures dans les plaines et autres, bien sûr plus agréables que ces derniers événements. Et le but n'était pas de remplacer As-de-Pique, au contraire.

San s'appuya contre la porte du box en contemplant la jument qui mettrait à bas ce poulain dans moins d'une année, qu'il éduquerait lui-même et avec qui il vivrait plus de vingt ans.

Vous êtes content ?

Tellement si vous saviez. Il va naître dans un environnement sain...

Et il va grandir avec un excellent propriétaire, continua Waneta.

San ouvrit la porte et entra dans le box, toujours en s'appuyant sur la porte, puis après l'avoir refermée il s'assit sur la paille en continuant de regarder la future mère.

Une balade Zaltana ? proposa Waneta.

Allons-y, tu prends Okapia ?

Oui.

La Terre promise - SanOù les histoires vivent. Découvrez maintenant