7 | L'étoile du berger

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De l'air.

Il me faut à tout prix de l'air.

Je me faufile à travers ces gens inconnus qui ne me portent aucune attention. Je ne sais pas ce que je fais ici. Pourquoi ai-je accepté cette offre complètement stupide, merde ! Je ne suis pas comme ça, pas comme eux.

On me bouscule comme si j'étais invisible à leurs yeux, alors que je ne désire rien d'autre que sortir de cet endroit. J'atteins la porte qui mène au jardin et souffle lorsque le vent d'automne vient me caresser le visage.

Je la referme derrière moi, coupant la musique assourdissante de l'intérieur de la maison.

Je me sens mieux.

Un nuage de buée franchit mes lèvres froides, là où l'alcool a traversé la barrière de ma bouche quelques minutes plus tôt. Je n'aurais pas dû boire ce qu'elle m'a donné, je ne résiste pas bien à l'alcool.

La dernière fois, cela m'a coûté trop cher d'en boire quelques gouttes.

Mais, je jubile encore de la surprise sur le visage de Cassie lorsque je n'ai pas hésité à lui montrer qu'elle ne me faisait pas peur. Je suppose que comme moi, elle pensait que je ne le ferais pas au vu de ce qu'il s'est passé trois ans auparavant.

C'était idiot et d'autant plus maintenant que la chaleur me monte à la tête, prêt à exploser. Je ne sais pas ce qu'il y avait dans ce foutu verre et je n'ai pas vraiment eu le temps d'y réfléchir, mais ce n'était pas qu'un peu de vodka. J'en suis sûr.

Je baisse mes yeux sur le petit escalier qui mène au jardin, là où Atlas est assis à seulement un mètre de moi. Surpris, j'observe son dos qui reste face à moi. Il n'a pas l'air de m'avoir entendu arriver.

Soit il est perdu dans ses pensées, soit il pense que c'est l'un de ces jeunes un peu trop bourré qui vient prendre l'air. Ou peut-être qu'il m'ignore tout simplement. Quoi qu'il en soit, je m'approche de lui et m'assois à ses côtés. C'est là qu'il tourne la tête dans ma direction avec un air surpris.

Sa cigarette aux coins des lèvres et les sourcils froncés, je me demande pourquoi paraît-il aussi préoccupé. Plusieurs de ses mèches brunes tombent le long de ses tempes et de son front. Elles sont légèrement humides par la rosée qui tombe sur nous.

— Qu'est-ce que tu fais là ?

— Et toi, qu'est-ce que tu fais encore là ?

Ses sourcils se froncent.

— T'as bu ?

Les miens se haussent.

— Juste un verre.

— Mmh, d'accord, répond-il en tirant sur sa cigarette. Tu vas attraper froid comme ça, tu devrais rentrer.

— Toi aussi.

— Mmh.

Aucun de nous deux ne semble vouloir partir d'ici. Il fait froid, mais je n'y prête pas vraiment attention, parce que nos corps presque collés l'un à l'autre, réchauffent déjà suffisamment le mien.

Je jette ma tête en arrière, observant le ciel étoilé qui nous fait face. Je repère facilement la grande ourse en forme de casserole et l'étoile du berger qui est plus brillante que les autres. Elle aussi, elle doit se sentir différente des autres. Sa brillance ne la rend que plus attrayante, plus fascinante et on en oublie toutes les autres lorsque nos yeux se posent sur celle-ci.

J'espère qu'un jour, moi aussi, je trouverais cette étoile qui sera différente des autres à mes yeux, celle qui me fera oublier toutes celles qui ne brillent pas assez dans mon cœur.

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