9 | Visite surprise

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À peine mon pied posé dans la maison que des bruits de pas violent déboulent depuis l'escalier. La silhouette de mon père s'impose à moi comme une violente leçon de morale de sa part.

Qu'est-ce que j'ai fait de mal cette fois ?

— T'étais où, bordel, ça fait des heures que je t'attends ?!

Il me surplombe de toute sa hauteur, les bras croisés et le visage implacable. Durant un court instant, je réfléchis à ce que j'ai pu faire qui l'aurait mis autant en colère, mais rien ne me vient.

— J'avais un travail de groupe à faire, réponds-je le plus calmement possible.

On a pu finir notre travail avec Atlas et j'en suis soulagé. L'ambiance y était à la fois pesante et agréable. Je ne saurais dire lequel prenait le dessus.

Les quelques coups d'œil qu'on se jetait et le peu de contact que nous avions, montait instantanément la température de tout mon être. Je n'arrive pas vraiment à savoir ce qu'il se passe entre nous, parfois, il m'ignore et d'autres fois, il prend soin de chacun de mes maux.

Il est doux et agaçant à la fois.

— ...Tu m'écoutes, bon sang ?

— Hein, qu-quoi ?

— Tu ne peux pas essayer de m'écouter deux minutes ?

Comme toi, tu veux dire ?

— Pardon, tu disais ? Je suis juste un peu fatigué, papa...

— Fatigué de quoi ? Évidemment, les jeunes d'aujourd'hui se plaignent pour rien, maintenant...

— Ça doit être ça...

— Bref, je viens de recevoir un message de ton satané d'oncle. Il est en chemin pour venir jusqu'ici, tu as intérêt à faire bonne figure, d'accord ? Je compte sur toi. Sa fille sera là aussi.

— Hum, dis-je en enlevant mes chaussures pour monter dans ma chambre.

Pour une fois, je suis d'accord avec mon père. Il n'aime pas son frère et je n'aime pas sa fille. Elle n'a que quatorze ans et c'est une vraie petite garce.

— Ils resteront une dizaine de jours, sa fille avait besoin d'air où je ne sais quel autre connerie...

Je ne lui réponds que par un bref "d'accord" et referme la porte de ma chambre dans l'optique de m'enfouir sous mes draps devant une bonne série.

Mais une seule petite pensée vient s'immiscer dans mon esprit, affichant un petit sourire timide sur mes lèvres.

J'ai.son.numéro.

Le garçon le plus populaire du lycée m'a donné son numéro !

Et cette fois-ci, un immense sourire se dessine sur mes lèvres. Je ne sais pas pourquoi. C'est idiot, pourtant. De simple chiffre arrive à me mettre de bonne humeur comme je ne l'avais pas été depuis longtemps. Et je n'arrive pas à retenir l'euphorie qui me traverse à l'idée d'avoir ce que tant de personnes désire.

Je ne me faisais pas d'idée, ce n'était rien pour lui, mais je ne sais pas... C'est tellement rare pour moi qu'un garçon puisse... S'intéresser à moi ? Je n'oserais pas dire que je lui plais, mais même si ce n'est pas le cas, avoir sa présence me suffit.

Et puis, moi non plus, je ne sais pas s'il me plait. Je n'ai jamais eu de réelles expériences amoureuses jusqu'ici. J'ai simplement été avec une fille en deuxième année de collège, mais je sais que je ne ressentais rien pour elle.

SOULMATEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant