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— Tu es sûr que c'est une bonne idée ?
— C'est pour ton bien, mon chou. Comment feras-tu si quelqu'un t'agresse dans la rue quand je ne serai pas là ?
— Je suppose que j'appellerais au secours ?
— Et si personne n'est là pour t'aider ?
— Alors, je courrai.
— Et s'il te rattrape ?
Un souffle s'échappe de mes lèvres.
— Tu crois vraiment qu'en quelques cours, je saurais me défendre aussi bien que toi ? Je ne pense pas.
— Peut-être, mais ça te permettra de gagner du temps, voire d'effrayer ton agresseur.
Je lui jette un coup d'œil par-dessus mon épaule lorsque nous entrons dans le bar de La Rose noire. Cet endroit est toujours aussi délabré que la dernière fois où je suis venu. Nous sommes fin février désormais et là, dans ce froid glaçant, je suis bien heureux d'avoir un sweat qui me couvre parce que le chauffage est véritablement inexistant.
— Il faut sacrément que je t'aime pour me faire sortir de mon lit à vingt-deux heures et en plus, pour faire du sport...
Il passe son bras autour de mes épaules et embrasse la partie de mon visage qui n'est pas recouverte par ma capuche. À travers sa douce caresse, je ressens le petit sourire que ma réponse lui provoque. Il m'entraine vers la porte en métal et nous descendons les marches, sa main qui encadre la mienne.
Depuis que j'ai confirmé mon départ en fin d'année, Atlas se préoccupe énormément de moi. C'est comme s'il avait peur que je ne revienne jamais. Il voulait à tout prix que j'apprenne à me défendre en cas de mauvaises rencontres dans une ville inconnue. Résultat, j'ai fini par céder. Honnêtement, je ne sais pas si ces cours vont réellement m'être utiles, mais si ça peut le rassurer, alors je ferai ce qu'il voudra.
L'étroit escalier sombre nous mène tout droit vers la grande salle de sport. Un bruit étouffé résonne jusqu'ici et je suis étonné d'y découvrir ce même homme que j'avais rencontré lors du combat d'Atlas. Celui dont je ne connais toujours pas le nom, d'ailleurs.
Il s'acharne sur un punching-ball tout au fond de la salle et accroché par une chaîne en métal au plafond. Il ne porte qu'un short de sport et ses gants qui ne recouvre qu'une partie de ses mains. Ses poings s'abattent avec une telle force sur le sac que je crois un instant qu'il va se décrocher et tomber au sol.
Nous nous approchons de lui à mesure que son visage se découvre à nous. Il est recouvert d'une fine couche de sueur, l'air tellement concentré qu'il ne remarque pas notre présence.
— As-tu une soudaine envie de tuer quelqu'un pour t'acharner autant sur ce pauvre sac ?
L'homme se redresse en tournant son regard dans notre direction. À la vue du visage d'Atlas, ses traits se détendent.
— Qui as-tu envie d'égorger cette fois-ci ?
— Mon père.
Atlas lui serre la main lorsque celui-ci retire ses gants.
— Qu'est-ce qu'André a-t-il fait cette fois-ci ?
— Rien qui ne vaille la peine d'en parler, je t'assure.
Un rire s'échappe du brun lorsqu'il tourne finalement sa tête dans ma direction. Je retire ma capuche et adresse un sourire compatissant envers l'ami d'Atlas.
Je ne connais que trop bien ce genre de dispute.
Je continue toujours d'ignorer mon père depuis ce qu'il s'est passé à Noël. J'ai encore du mal à assimiler la vérité, à vrai dire. Atlas n'est pas encore au courant pour la simple et bonne raison que je ne sais pas quoi penser de ce que mon père m'a révélé. C'est encore trop frais dans ma tête.
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SOULMATE
RomansaDans les rues de Birmingham, où l'acier et les histoires s'entrelacent, la vie de Simon n'est en apparence qu'une histoire comme les autres. De celle qu'on passe sans jamais vraiment s'en intéresser. Mais qui est-il vraiment ? Et que cache-t-il réel...
