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Deux semaines sont passées depuis ma discussion avec Atlas.
Et deux semaines sont passées pendant lesquelles je n'ai pas eu de ses nouvelles.
J'ai eu le temps d'y réfléchir durant de longues heures. Et je suis sûr d'une chose à présent. Une partie de moi s'était attaché à lui. À son beau sourire, à ses gestes envers moi, ses mots, ses regards.
Je ne l'ai revu que brièvement dans les couloirs après notre dispute et je savais. Je sentais qu'il voulait attirer mon attention. Mais, je l'ai ignoré.
Les derniers jours de cours sont passés à une vitesse folle. Puis, les vacances sont arrivées. Entre-temps, j'ai réussi à trouver un petit job en centre-ville chez une fleuriste. Je voulais simplement éviter de rester chez moi pendant deux semaines à ruminer encore et encore.
À me sentir étouffé.
Nous sommes maintenant à la moitié de ma deuxième semaine de vacances et je me sens déjà mieux.
Je crois que j'avais besoin de sortir de ma zone de confort. Et puis, si je veux un jour quitter cette ville maudite, il va me falloir de l'argent. Même si je dois avouer que ce petit boulot me plait plus que je ne le pensais. Madame Davies est peut-être âgée, mais je n'ai jamais vu une grand-mère aussi pleine d'énergie qu'elle.
Elle s'applique sans arrêt à me raconter tous les ragots du coin pendant que je m'occupe de la boutique. Je ne suis là que depuis quelques jours, mais j'en sais plus sur les potins de la ville que j'aurais pu le savoir en dix-sept ans d'existence.
Je passe le pas de la porte de la boutique et souris en voyant madame Davies sortir de l'arrière-boutique. L'air est imprégné d'une fragrance florale envoûtante, mais je l'ignore rapidement lorsque la fleuriste s'approche de moi.
— Simon, tu ne devineras jamais !
La tête encore un peu épuisée de me réveiller de bon matin, je me frotte les yeux en souriant.
— Bonjour à vous aussi, Madame Davies.
— Oh, oui excuse-moi, bonjour, Simon. Tu vas bien ? Tu as l'air épuisé, me dit-elle en jetant un regard à mes cernes.
Elle pose ses poings contre ses hanches et un ruban tombe le long de son corps qu'elle tient dans l'une de ses mains. Je suppose qu'elle faisait ses compositions florales avant que je n'arrive.
— J'ai eu une nuit difficile, mais ça va, merci.
— C'est ce jeune garçon qui hante encore tes nuits ? Me fit-elle avec un regard qui se veut méprisant envers celui qui occupe mes pensées.
Un jour, elle m'a dit que mon regard était vraiment triste pour quelqu'un de si jeune que moi. À ce moment-là, j'ai bien cru que j'allais pleurer dans ses bras.
Elle a quelque chose de réconfortant, comme si elle remplaçait la grand-mère que je n'ai jamais eue.
Je lui ai alors expliqué ce qu'il s'était passé avec le garçon qui m'avait brisé le cœur sans même me l'avoir pris. Et alors, elle m'a vraiment surpris lorsqu'elle a sorti des mots d'une autre langue. Du russe.
Parfois, je l'entends dans l'arrière-boutique marmonner des insultes dans son coin et sans raison. Je crois que ça me fera toujours sourire. Elle a un visage si doux, mais elle peut se montrer carrément terrifiante quand elle le veut.
Elle m'a même fait un cours, un matin, alors que j'étais en train d'installer le stand extérieur.
« Si quelqu'un t'emmerde, dis-lui "Ти говниоук" ou "Иди ниа хоуилле", même s'il ne comprend pas, il se sentira offensé, je peux te le garantir. " m'avait-elle dit, fière d'elle.
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SOULMATE
RomanceDans les rues de Birmingham, où l'acier et les histoires s'entrelacent, la vie de Simon n'est en apparence qu'une histoire comme les autres. De celle qu'on passe sans jamais vraiment s'en intéresser. Mais qui est-il vraiment ? Et que cache-t-il réel...
