CHAPITRE 12
Entremets
『 Mycroft』
L'entrée dans le théâtre n'est pas aussi calme que je l'imaginais au départ. D'abord, j'ai du mal à extirper mon invitée de sa contemplation dans l'entrée. À peine passé les portes, je la vois subjuguée par les décors, les moulures représentant des motifs de végétaux rehaussés de feuille d'or et d'angelots. Si elle demeure émerveillée maintenant, j'ose à peine me représenter sa surprise une fois dans la salle.
Je m'apprête à l'interpeler gentiment jusqu'à ce que j'entende mon nom quelque part. Je me retourne et constate qu'il s'agit d'un de mes comparses du club, joliment accompagné. Sans doute une escorte.
— Quel plaisir de vous revoir, Mycroft, ment-il en me serrant chaleureusement la main.
— Moi de même, inventé-je à mon tour.
— Qui est cette délicieuse amie qui vous accompagne ?
J'ignore pourquoi, mais ce commentaire si soudain me prend au dépourvu, si fort que je me sens presque mal à l'aise. Je n'échouerai pas, mais je n'aime pas sa question si mal placée.
— Abigail Powell, monsieur, se présente immédiatement mon accompagnatrice. Je travaille pour monsieur Holmes depuis peu et je l'accompagne, ce soir.
— Je comprends, dit mon « ami » sans cacher son étonnement. Pardonnez-moi, c'est que nous ne le voyons jamais accompagné, c'est une réelle surprise. Une belle surprise, toutefois, je dois bien le reconnaître. Il est parfois difficile de combler la solitude au sommet. N'est-ce pas, ma chérie ?
La jolie brune à son bras se contente de hocher la tête sans pour autant avoir l'air bête. Pauvre fille, comment peut-elle se résigner à si peu de choses pour payer ses factures ? Elle a l'air d'être intelligente, pourtant.
— Bien, nous vous laissons, cela ne va pas tarder, déclaré-je. Bonne soirée.
— Un bon opéra à vous aussi, Mycroft, nous nous retrouvons mardi.
J'écourte les salutations d'usages et les courbettes qui les accompagnent au strict minimum. Ils s'engagent avec le reste de la foule dans l'entrée et, innocemment, Gail s'apprête à les suivre.
— Non, très chère, par ici, dis-je en lui prenant le bras.
Je crains, l'espace d'un instant, de paraître trop cavalier, mais elle s'accroche à moi comme à une bouée. Je suppose que ma présence et le fait de diriger les opérations l'apaisent.
— Nous ne suivons pas votre collègue ?
— Nous ne sommes pas dans le parterre, éludé-je.
— Bien, quel balcon ?
— Est-ce si important ? m'offusqué-je.
— Pas du tout, je m'assure juste de savoir si je vais tout comprendre. La plupart des opéras ne sont pas en anglais. Je parle quelques langues, mais pas de façon soutenue.
— Je suis navré, j'avais complètement oublié qu'il s'agissait d'un opéra.
— C'est loin d'être un problème, me fait remarque Gail. J'en ai étudié quelques-uns à l'école, j'en ai même regardé un ou deux qui trainaient sur le net, tout en faisant du repassage. C'est distrayant.
Décidément, je pensais au début qu'elle avait juste reçu une bonne éducation en Suisse, en réalité, Gail s'instruit régulièrement sur tout par pur intérêt. Je sens que je ne vais pas m'ennuyer ce soir.
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Cœur Coquelicot [GxB]
Fan-Fiction« - Ce... commencé-je avant de chercher mes mots. C'est une proposition sérieuse. - Gail, vous apprendrez que je suis toujours sérieux, appuie-t-il d'une voix grave. Vous voyez ce thé que vous m'avez chaudement servi il y a quelques temps. Je voudra...
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