CHAPITRE 5
Potage
『Gail』
— Résidence de Mycroft Holmes, récité-je en décrochant le téléphone.
Il m'est coutume de répondre aux coups de fils depuis quelques semaines. Je devenais, au fil du temps, autant la secrétaire que la majordome de monsieur. Cela m'arrange bien, finalement, puisque contrairement à ce que je pensais, monsieur Holmes est bien plus facile à gérer que je ne le croyais.
Dès que ma routine s'est mise en place, de façon naturelle, je dois le reconnaître, je n'ai eu de cesse de chercher de nouvelles tâches. Répondre à un appel qui peut survenir de manière impromptue, c'est une bonne démarche pour casser mon train-train quotidien.
— Non, monsieur est sorti et il ne reviendra pas avant deux jours. Puis-je prendre un message que je lui communiquerai dès que possible ?
Je mens, mais c'est un pieu mensonge. Mon employeur s'apprête seulement à quitter les lieux pour deux jours, en réalité. Il se rend à Édimbourg, pour affaires. Cependant, quand monsieur Holmes doit quitter son chez-lui pour passer la nuit ailleurs, il devient tout sauf commode.
Il a un tempérament anxieux bien dissimulé derrière la muraille épaisse qu'est son cœur. Toutefois, j'ai appris à reconnaître les signes de son stress : il commence à redire sur les moindres détails, même les plus infimes. Puis, il cherche n'importe quel prétexte valable pour pouvoir annuler et rester à la maison. Soi-disant pour régler le souci énorme qui vient lui tomber dessus (comme par hasard) alors qu'il passe plutôt ce temps à regretter d'avoir agi de la sorte.
Je sais donc que s'il prend ce coup de téléphone, il va s'en servir pour ne pas s'en aller. Il est de mon devoir de l'épauler dans son travail, d'où le choix de ne pas l'impliquer de trop là-dedans. Sans compter que la nouvelle qu'on me rapporte va certainement l'affoler.
— Hé bien, c'est entendu, je lui communiquerai dès son retour. Bonne journée également. Au revoir.
— Quelque chose d'important, se renseigne une voix dans mon dos.
Je contiens un sursaut alors que le frère de mon ami d'enfance descend l'escalier. Toujours tiré à quatre épingles, il s'assure que j'ai bien descendu sa valise et s'apprête à nous quitter pour de bon. Il a assurément dû m'entendre, ce qui me pousse à ne rien lui cacher.
Autant amoindrir les dégâts tout de même. J'indique la valise de la main et m'empare de son manteau pour le lui enfiler.
— C'était le traiteur auprès duquel vous avez pris vos dispositions pour la réception qui aura lieu à votre retour, monsieur.
Oui, parce que s'il n'avait pas assez d'un voyage important, il faut aussi qu'il se charge d'une réception supplémentaire le soir-même où il rentre à la maison. J'aime beaucoup travailler pour cet homme, mais parfois, je me demande si je ne dois pas l'assommer pour le forcer à prendre du repos de temps en temps.
— Oh, très bien, s'emballe déjà l'homme. Tout est prêt pour demain ?
— En réalité, ils viennent de se décommander, avoué-je à demi-mots.
— Pardon ? s'étouffe presque Mycroft en boutonnant sa veste.
— La femme du traiteur vient d'accoucher, ce n'était pas prévu avant six bonnes semaines, mais c'est arrivé. Il maque donc deux personnes pour travailler : les heureux parents.
— Mais j'ai une douzaine de personnes prévues pour ce dîner. J'ai planifié cela depuis bientôt trois mois, je ne peux pas le remettre à plus tard. Il... Il faut que j'annule mon départ.
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Cœur Coquelicot [GxB]
Fiksyen Peminat« - Ce... commencé-je avant de chercher mes mots. C'est une proposition sérieuse. - Gail, vous apprendrez que je suis toujours sérieux, appuie-t-il d'une voix grave. Vous voyez ce thé que vous m'avez chaudement servi il y a quelques temps. Je voudra...
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