CHAPITRE 9
Cocktail
『Mycroft』
Le dernier homme à partir est le mécène. Cet homme que je ne porte pas docilement dans mon cœur, loin de là. Son chauffeur a du retard, paraît-il. Alors nous patientons tous les deux dans le petit salon. Lui, son chauffeur, moi par politesse. Si ça ne tenait qu'à moi, je ferais fi des conventions sociales et il attendrait dans le froid persistant de la nuit.
— Vous devriez changer de personnel, proposé-je à l'homme.
— Le bon personnel devient rare, rétorque-t-il en regardant les quelques œuvres d'art que je possède. Mais vous savez de quoi je parle, n'est-ce pas ?
— À vrai dire, depuis peu, non.
— Monsieur Holmes, avec toute la sympathie que je vous porte... Je me dois de vous dire quelque chose.
De la sympathie ? Il n'en éprouve aucune et pour personne. S'il fait réellement preuve de prévenance, c'est bien une première !
— Votre majordome, c'est bien Abigail Powell, n'est-ce pas ? Ce n'est pas simplement une personne qui lui ressemble ?
Cette réflexion me surprend beaucoup. Je suppose que s'il la connait déjà si bien, ne serait-ce que son nom complet, c'est que sa réputation la précède. Mais quelle réputation ?
— C'est elle, dis-je sur la défensive. Que lui voulez-vous ?
— Moi, rien du tout, geint-il. Cependant, si j'étais vous, je me méfierais de la confiance que vous lui portez. Elle a servi les Di Lorcci, avant vous, vous le savez ?
— Oui, d'où elle a démissionné quelque temps avant de travailler pour moi.
— Tiens donc, ironise-t-il, c'est ce qu'elle vous a dit ?
— Pas en ces termes, il est vrai. En revanche, ce qu'elle a dit ne vous concerne pas.
— Elle a été mise à la porte, crache l'homme en consultant son portable. On l'a expulsée, séance tenante. Et madame Di Lorcci ne s'est pas privée de raconter à qui voulait l'entendre ce qu'il s'est passé. S'il vous venait l'envie, un jour, de savoir qui vous hébergez sous votre toit, je vous conseille de pousser un peu vos recherches.
— Hé bien, je me passerai de vos conseils, fais-je avec dédain.
— De toute manière, mon chauffeur vient d'arriver. Bonne soirée, monsieur Holmes.
Il tend sa main, mais je ne la saisis pas, je suis en colère. D'un côté, je ne peux pas me fier aux rumeurs, d'un autre, cette histoire vient de pénétrer dans mon esprit, de se frayer un chemin au marteau piqueur, je ne peux pas ignorer ce qu'il vient de me dire.
C'est cela qui me rend irascible. Même s'il y avait une once de vérité dans ces rumeurs, je ne peux plus faire comme si elles n'existaient pas. J'idéalise Gail, beaucoup trop, cela va de soi et, malgré tout, je ne peux pas m'empêcher de la protéger. Je hais cet homme, plus encore maintenant qu'il vient de dire du mal d'elle.
— Je ne vous salue pas, monsieur, décrété-je. C'est assez.
— Faites comme bon vous semble, s'offusque-t-il.
Et le voilà parti, je contemple le départ de son chauffeur, un peu précipité à mon goût. Je me réfugie, sans un mot, dans mon bureau. Je suis éreinté, je sais que je devrais me coucher afin d'entamer mon travail de demain, mais impossible.
Cet énergumène a trouvé le moyen de me faire tourner en rond. Quand il n'y a pas de réponse, ça m'énerve. Quand je suis énervé, je ne dors pas.
J'allume mon ordinateur et commence à entamer quelques recherches sur la famille Di Lorcci. Mes agissements sont loin d'être grandioses et si mon ego, certes, moins enflé que celui de mon frère cadet, ne me retenait pas, je me sentirais certainement minable. Mon employée m'offre sa confiance et son investissement, alors que moi, je suis en train de trahir ce qu'elle m'a gracieusement donné.
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Cœur Coquelicot [GxB]
Fanfic« - Ce... commencé-je avant de chercher mes mots. C'est une proposition sérieuse. - Gail, vous apprendrez que je suis toujours sérieux, appuie-t-il d'une voix grave. Vous voyez ce thé que vous m'avez chaudement servi il y a quelques temps. Je voudra...
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