Matsuzo parcourait le train, à la recherche d'une certaine personne. Enfin, il l'aperçut à travers une vitre. Il poussa la porte et entra dans la cabine. Des deux occupants, un seul tourna la tête vers lui et le salua. Marsuzo eut un sourire, et s'assit tranquillement à côté de la personne qui ne semblait pas se soucier de sa présence, Luna Lovegood.
- Neville ?
- O...oui ? bredouilla le jeune garçon.
- Tu te souviens de la promesse que tu avais faite à Suiko ?
Neville opina de la tête, comprenant déjà où la discussion allait l'entrainer.
- Est-ce que tu es toujours d'accord ? Même si j'étais en vérité Suiko depuis le départ, je comprendrais parfaitement que ça te pose problème maintenant, et que tu rompes cet engagement que tu avais, après tout, passé avec Suiko.
- ... En fait, c'est beaucoup mieux que tu sois Matsuzo. Mes oncles auront une raison de moins de se moquer de moi, sourit tristement le Gryffondor. Par contre, il faudrait peut-être que tu changes de tenue... ils sont assez conservateurs.
- Matsuzo reste Matsuzo, qu'il soit Matsuzo ou Suiko.
Il y eut un petit silence, seulement troublé par le bruit d'une page tournée. Luna, les yeux toujours baissés sur son journal, avait pris la parole.
- Tu as raison. Et effectivement, cette tenue est peut-être un peu trop exotique pour la gare de Londres, consentit Matsuzo.
Brusquement, Luna plongea, tel un aigle, sur sa valise. Elle l'ouvrit et se mit à farfouiller dedans, renversant les livres sur le sol et froissant ses robes. Les deux garçons la regardèrent faire, interloqués. Enfin, elle se redressa, ayant dans les mains quelque chose qui ressemblait à un bout de tissu blanc, orné de dentelles et de plissés.
- Si tu veux, je peux te donner ça en échange de tes chaussures. C'est un vêtement comme toi, à la fois garçon et fille.
- Merci... ? fit Matsuzo en acceptant l'échange.
Il déploya le bout de tissu, et son expression changea : un sourire prit place sur son visage. Le tas de tissu s'était révélé être une chemise victorienne. Le jeune homme retira ses Geta et les donna à Luna, qu'il remercia au passage.
- Tu m'as donnée une idée pour ma tenue, merci.
La Serdaigle ne répondit que par un clignement d'yeux, occupée à enfiler ses nouvelles acquisitions. Elle refusa la proposition de Matsuzo, qui offrait de les mettre à sa pointure.
- Si tu fais ça, ce ne sera plus les mêmes chaussures, non ?
Le jeune homme acquiesça, et fit glisser le kimono de ses épaules. Le vêtement, retenu uniquement par l'obi, dévoilait maintenant son torse nu. Matsuzo prononça une formule et le kimono se contracta, devenant un jean bleu assez serré, moucheté de taches noires en haut des cuisses et sur les mollets. Souriant légèrement, le sorcier enfila la chemise blanche, qui était curieusement à sa taille. Il prit ensuite son jintachi (sabre), qui était toujours à sa taille normale d'environ un mètre, et le fit disparaitre dans la poche arrière droite de son jean, où il avait appliqué le sortilège des sacs sans fond. Le poignard fut rapetissé et accroché à son cou par la mince ficelle qui avait servi à maintenir le repas de Pattenrond. Heureusement, elle ne sentait pas le poisson.
Une fois ceci fait, il se rendit compte qu'il avait eu le même problème quand il avait enfilé son kimono à Poudlard : il se trouvait sans chaussures ! A ce moment-là, Neville, qui était resté plutôt silencieux, se manifesta.
- S... Si tu veux, je peux te donner ces chaussures. Elles sont un peu trop grandes pour moi, et tu pourras les faires changer de forme si elles ne te plaisent pas.
- Oh, merci Neville ! Tu me sauves ! fit Matsuzo en forçant un peu sur son sourire, permettant ainsi à ce dernier de faire trois fois le tour de son visage.
Après que Matsuzo ait transformé une plume cassée, qu'il avait tirée de sa valise, en chaussettes, les chaussures furent rapidement enfilées.
Le reste du voyage fut tranquille, et le seul évènement notable fut le passage du chariot de friandises. Les trois occupants de la cabine s'échangèrent quelques cartes trouvées dans les chocogrenouilles, et firent honneur à toutes les sucreries. Matsuzo leur montra comment faire des origamis en papier, exercice dans lequel Luna se révéla particulièrement douée. Elle annonça que le chicaneur allait consacrer un article sur ces petits pliages, mais que l'édition ne paraitrait pas avant une ou deux semaines, son père ayant beaucoup de projets en tête.
Enfin, l'heure du départ arriva. La jeune blonde sauta dans les couloirs bien avant que le train soit arrêté, trainant sa lourde valise. Sept grues de papier l'escortaient, battant de leurs fines ailes pour rester à sa hauteur.
Quand le train eut fini de freiner, Matsuzo se leva à son tour, sa petite mallette à la main. Neville suivit, encombré par sa valise trop lourde.
Le jeune Serpentard sauta élégamment au sol, dédaignant le marchepied. Il ne perdit pas de temps à chercher quelqu'un l'attendant. Après tout, il était le dernier de sa famille encore en vie. Il préféra attendre patiemment la venue de Neville. Le Gryffondor se montra enfin, son visage rougi par l'effort.
- Neville, passe-moi ta valise. Elle est trop lourde pour toi.
Les mains du propriétaire de Trévor s'ouvrirent brusquement, ce qui causa la chute de la valise, accompagnée en prime d'un petit gémissement de Neville. Heureusement, Matsuzo avait prévu le coup et la valise lévita avant de se poser élégamment sur le quai. Renonçant à exprimer son mécontentement, le Serpentard attendit que Neville descende du Poudlard Express, mais son teint alerta le sorcier.
- Neville, tu t'es fait mal quelque part ? Tu es pâle.
A ce moment-là, Matsuzo entendit un bruissement de tissus derrière lui et, alors que Neville semblait terminer de perdre toute la mélanine de sa peau, une voix sèche et assez froide pour congeler tous les mammouths de la Sibérie s'éleva.
- Jeune homme, mon petit fils n'a aucunement besoin de vos inexistantes capacités de médico-mage, donc je vous prierais de débarrasser rapidement le plancher. Et toi, Neville, où est donc cette jeune fille qui t'a fait accepter un hébergement pour les vacances dans MA maison ?
***
Note de l'auteur : j'aime beaucoup l'image de Luna avec ses grues en papiers volantes !
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Suiko
FanfictionUne OC haute en couleur (littéralement), avec des vêtements trop moldu pour être un bon sorcier, et des habitudes trop sorcier pour être un bon moldu, arrive à Poudlard. Energique et décalée, quelque chose semble pourtant étrange avec son comportem...
