Chapitre 13 : Chat ou marcassin, telle est la question.

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- Et voilà !!! fit Suiko, posant triomphalement sa reine sur l'échiquier.

- Echec et mat ! Sérieux, Suiko, tu vas plumer tous les Serdaigle à ce rythme !

- Et... sans doute ! rit la jeune fille, ses boucles blondes tressautant quand elle se pencha pour attraper une dragée vert pâle dans le bol qu'avait parié son adversaire. Mmmm, pomme acidulée ! Trop bon !!!

- Sérieux, t'as trop de chance !!! Mais fait attention, tu devrais appeler ton petit ami !!! répondit son adversaire, bonne perdante.

Cette curieuse réponse prenait ses sources dans la discussion qu'elles avaient eu avant de se mettre aux échecs. Suiko avait expliqué l'expression moldue « avoir une chance de cocu », et sa variante qu'elle avait entendue un jour qu'elle accompagnait son oncle dans un casino : « Si tu te dépêches, tu as une chance de le choper ». Sous-entendu, l'amant de sa femme. Car sinon, comment son oncle aurait-il fait pour avoir une telle chance ? A cette supplication dissimulée : quitte vite ma table, sinon je vais finir ruiné ; l'oncle avait ri en argumentant que sa femme n'avait pas le temps d'avoir un amant, même si elle en avait eu envie. Puis il s'était levé, accompagné du soupir de soulagement de son adversaire.

- Allo, mon chou, qu'est-ce que tu fais avec le chat ? fit Suiko d'une voix haut perchée, mimant une conversation par téléphone avec sa main.

(Elle avait déjà expliqué à tout Poudlard que son chat, un angora café aux yeux vert, lui manquait horriblement. Photo mouvante du chat à l'appui. Beaucoup de photos. Vraiment beaucoup.) Il y eut un petit silence le temps que le neurone A des élèves se connecte avec leur neurone B, et tous éclatèrent de rire. Leur fou rire dura environ une demie heure, car quand ils commençaient à se calmer, un élève Serpentard ou Serdaigle lançait un petit « miaou », les faisant repartir de plus belle.

Enfin, une cloche sonna au loin, les rappelant à l'ordre en les faisant détaler vers leurs cours respectifs, certains ayant encore les épaules agitées de tressautement irrépressibles.

Pour les Serpentard, ce fut un cours de métamorphose, et le professeur McGonagall était d'une humeur massacrante. Elle circula entre les tables où avait été déposée une sorte de petite bûche qu'il fallait transformer en marcassin.

- Silence !!! hurla-t-elle brusquement ! Je ne veux entendre aucun bruit pendant tout ce cours !!!

Cependant, dans le silence assourdissant qui résulta de l'éclat de voix de la professeure, un « Miaou ? » se fit très distinctement entendre.

Et ce fut l'explosion ! Tous les élèves s'effondrèrent, se renversant sur les tables, le sol, faisant tomber encre, parchemin, bûche, chaise, ... Le rire les empêchait presque de respirer, leur faisant happer l'air par petites goulées. Les poumons expulsaient plus d'oxygène qu'ils n'en recevaient, condamnant leurs propriétaires à aspirer l'air avec la classe de poissons hors de l'eau.

- Qui a osé ! rugit la professeure, complètement stupéfaite de voir ces Serpentard, pourtant si fiers de leur impassibilité, se comporter comme des Gryffondor.

Evidemment, personne ne (se) dénonça, chacun essayant de ne pas mourir d'asphyxie (ce serait une épitaphe un peu pitoyable non ? "Mort De Rire. Littéralement.")

Soudain, la lumière se fit dans l'esprit de la professeure. A cause de qui les Serpentard avaient tant changé ? (comment avoir un coupable en moins de temps qu'il n'en faut pour réfléchir?)

- Suiko, venez avec moi immédiatement ! lança-t-elle.

L'ordre, lancé d'une voix sèche, n'appelait pas à la contestation. Cependant, la jeune fille qui s'avança devant la professeure ne montrait pas une mine penaude. Au contraire, elle affichait ce large sourire que beaucoup auraient décrit comme complètement idiot (son sourire habituel, donc).

- Oui ? fit Suiko, avant de se faire attraper par le haut de son sweat vert orné d'un serpent argenté (portage maman chat, mais avec une main, pas la bouche!), et placer sur l'estrade.

- Votre camarade, qui semble trouver amusant de déranger mon cours, va nous faire une petite démonstration de ses talents ! Mlle Nakatomi, souvenez-vous de ceci ! termina la professeure avant de lancer une formule qui transforma la bûche la plus proche en un joli petit marcassin.

- Ok, je me souviens ! fit Suiko, un air un peu dérouté sur son visage. Mais je suis vraiment obligée de transformer ce bout de bois en marcassin ? Je veux dire, un marcassin, c'est mignon, mais un petit chaton, ce ne serait pas mieux ? (ouiii, des chats!)

Et joignant le geste à la parole, elle transforma un des bouts d'arbre en un adorable petit chaton (chaton !!!!!) tigré portant à son cou, un collier rouge avec un gros grelot. Un tic nerveux déforma brièvement le visage de McGonagall. Cependant, Suiko le vit, et elle reprit la parole.

- Bon, un petit chiot alors ? C'est mignon les chiots ! Je comprend que vous soyez plutôt team chien ! (dire ça a quelqu'un dont la forme d'Animagus est littéralement un chat ...)

Et pouf, un petit cocker remplaça le chaton, un collier de cuir vert émeraude au cou. Et pouf, le visage de la professeure se décomposa un peu plus.

- Ok, peut-être un petit lapin ?

Et pouf, une autre formule, et un adorable lapin crème portant un ruban violet qui formait un nœud papillon bouffant, dressa son petit nez curieux et ses fines moustaches vers les élèves. La professeure semblait en cire. Ou du moins, son teint.

- Mais, il était pourtant mignon mon lapin ! Vous n'êtes vraiment pas ouverte au progrès ! Et le voilà votre marcassin ! termina Suiko, boudeuse, en transformant le petit lapin en un adorable marcassin.

Elle regagna ensuite sa place, laissant la professeure statufiée au milieu de son estrade.

A la fin du cours, Suiko se rendit au terrain de Quidditch. Ce jour-là, le match contre les Serdaigle avait lieu.

Drago, stressé, abreuvait ses coéquipiers de conseils dont les trois quarts étaient inutiles.

Enfin, ils parurent. Presque tous les autres élèves les huèrent. Les joueurs se redressèrent, affrontant bravement les cris. Bien que leurs relations avec les autres maisons se soient grandement améliorées, les autres joueurs avaient toujours plus de place qu'eux dans le cœur des élèves. Surtout vue la façon dont l'équipe des serpents avait joué ses derniers matchs. Une lueur indéfinissable passa brièvement dans les yeux de Suiko, qui se jeta brusquement sur ses coéquipiers, en entourant le plus possible de ses bras.

- On va gagner ! On s'est entrainé aussi dur qu'eux, alors on va gagner ! répéta-t-elle en levant son visage vers le ciel gris.

Quelques sourires naquirent sur les visages crispés, et un « ouais !!! » puissant s'éleva des Serpentard, des bras se levant à leur tour dans le ciel d'hiver. A ce moment, un timide rayon de soleil réussit à transpercer la mer de nuages, et illumina le groupe soudé et souriant qu'ils formaient.

Leurs yeux tombèrent ensuite sur leurs adversaires, qui ne purent s'empêcher d'avoir un mouvement de recul. Les regards de ces serpents étaient une promesse de victoire. Inébranlable. 

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