Je commence à désespérer. Je pensais qu'au fil des jours, la rancœur de Nash finirait par diminuer voir disparaître, mais rien ne change. J'ai sans doute fait une erreur en mettant mon pull lors de mon entretien et j'aurais dû cacher bien mieux le collier. Cependant, il a tendance à oublier que ce jour-là, j'étais tout aussi dévasté par notre séparation.
Je me regarde dans la glace pour arranger ma coiffure après ma douche express. J'ai encore du mal à comprendre pour quelle raison Nash a renversé son café sur moi. Toutes mes tâches ont été réalisées à la perfection et je me suis tenu correctement en sa présence pour éviter de l'agacer, mais d'une certaine façon, j'ai dû y arriver.
Je perçois ma sonnerie de téléphone retentir et je m'empresse de l'attraper pour répondre à Mia au vu de la photo qui s'affiche sur mon fond d'écran.
— Salut ma belle. S'exclame-t-elle avec énergie.
Je lui souris, ravi que ce soit un appel vidéo et la salut à mon tour. J'ai l'impression que ça fait une éternité qu'on s'est quitté pourtant ce n'est pas si loin. Le plus étrange, c'est que même si elle me manque, je ne suis pas particulièrement pressé de rentrer. Parce qu'une fois à Los Angeles, je serai à nouveau la patineuse artistique qui a perdu sa jambe dans un accident de voiture. Et je déteste cette image de moi, j'ai horreur que les gens me perçoivent uniquement par ma faiblesse.
Ici, c'est différent. Probablement parce que tout le monde a l'air d'ignorer ce qui m'est arrivé. Personne ne laisse la pitié couler de leurs yeux comme les larmes coulaient sur mes joues, il y a encore un an. Dans cette ville, je ne suis que Noélie, la femme qui accueille les clients et j'adore cette vision de moi autant que j'affectionne ce travail.
— Vu ton visage, je t'interromps en pleine réflexion. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je secoue la tête et admire son sourire rayonnant. Depuis que nous sommes une amie, je lui ai toujours dit qu'il était magique.
Je venais d'intégrer le club où sa mère était mon entraîneuse. C'était le premier jour et j'avais encore la douleur de ma séparation encrée en moi. Elle restait souvent dans les gradins à travailler en attendant de rentrer. Lorsque la pause était arrivée, j'étais partie en courant ne pouvant plus retenir mes larmes face à l'absence de Nash, normalement il était présent à mes répétitions.
Elle m'a rejoint et m'a tendu un mouchoir sans un mot. Ses longues tresses lui donnaient un charisme qui avait tendance à intimider les autres, elle paraissait toujours confiante, encore aujourd'hui. Quand je l'ai regardé, son sourire avant presque la puissance d'un pansement et c'était exactement ce dont j'avais besoin. Elle s'est installée sur le sol à mes côtés en disant d'un ton amusé « je suis d'accord, ma mère a une salle de tête aujourd'hui. » Elle avait réussi à m'arracher mon premier rire depuis mon arrivée et ma gorge s'est serré tellement elle était surprise par le son qui la quittait. « Je ne sais pas pourquoi tu pleures, mais si ça te fait du bien, ne t'arrête pas. » Et sa phrase m'avait comme libéré.
Depuis la séparation j'étais persuadé que je n'avais pas le droit d'être triste, c'était quand même moi qui avais rompu. Je laissais alors toutes mes larmes couler pendant près de dix minutes dans un silence de plomb. Mais ce n'était ni angoissant ni déstabilisant, il était juste rassurant autant que son sourire. À cet instant, il n'a toujours pas quitté ses lèvres et son pouvoir semble comme à chaque fois agir avec tendresse.
— Nash a renversé son jus de pomme sur moi.
Elle secoue la tête découragée alors que je reconnais derrière elle son jardin. Elle se lève du fauteuil pour s'installer sur une chaise longue, comme si elle pressentait que la suite lui déplairait.
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Un flocon incomplet.
Romansa« La vie de Noélie a été chamboulée l'an dernier et depuis, elle essaie de se relever autant physiquement que psychologiquement, soutenue par sa famille. Chaque réveillon, depuis six ans, semble se venger d'une décision qu'elle continue de regretter...
