Chapitre 8 - Nash

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— Alors, comment ça se passe avec Noélie depuis votre échange ? M'interroge Callie avec curiosité.

    Je me pince l'arrête du nez, alors que je remarque son sourire taquin derrière sa tasse de thé.

    Cela fait une semaine que Noélie travaille à l'auberge et je l'ai évitée comme un professionnel. Je restais la plupart de mon temps dans la cuisine et quand elle me cherchait pour n'importe quel problème, je chargeais Steve ou Léane - l'amie de ma mère - de l'aider.

    J'ignore pourquoi j'ai agi ainsi le premier jour, mais il est hors de question que ça se reproduise. Pour la simple et bonne raison que je la déteste. Je déteste observer à quel point elle est ravissante ou qu'elle m'attire bien plus que quand nous étions adolescents. Ou encore le fait que mon esprit ne cesse de ressasser chacun de nos moments avant qu'elle ne décide de tout détruire.

    Je la hais pour avoir réduit en cendre une relation pour laquelle on s'était battu. Je hais le fait qu'elle ait pensé que son retour pourrait bien se passer. Je sais qu'elle y songeait, je l'ai vu dans son sourire en arrivant, plein d'espoir alors que je me remémorais ce que j'avais à lui dire pour la visite. Mais il a fallu qu'elle prononce mon prénom avec sa voix emplie d'incertitude. Mon corps, ce traître, s'est réveillé et n'avait plus qu'une idée en tête, elle. Il avait besoin de la sentir à nouveau près de lui, et il n'était malheureusement pas le seul. Cette femme me rend faible.

— Rassure-moi, tu n'en as pas discuté avec ma mère? l'interrogé-je sceptique.

    Même si je sais que si c'était le cas, j'en aurais entendu parler quand je suis allé voir mes parents, c'est-à-dire, tous les jours de la semaine. En parlant d'elle, au début, je l'ai soupçonnée d'avoir mis tout ça en place. Il est incontestable qu'elle a toujours apprécié Noélie alors ça ne m'aurait pas étonné. Pour me prouver que ce n'est pas le cas, elle m'a montré tous les messages échangés avec la maman de Dan. À aucun moment le prénom, ni même le nom de famille, de mon ex est arrivé dans la conversation. Ma mère était fière de pouvoir prétendre au miracle de Noël.

    Pour l'instant, j'ai juste l'impression de vivre un cauchemar duquel je ne vais jamais me réveiller.

— Mais pour qui tu me prends? s'exclame-t-elle ébranlée, tu ne crois quand même pas que je vais raconter à ta mère que tu as chauffée ton ex pour l'énerver ou par pur plaisir personnel? J'avoue que la raison m'échappe encore. Finit-elle l'air songeur.

    La réponse est évidente, je ne comprends même pas pourquoi elle ne la connaît pas déjà. Elle se vante souvent de tout savoir à mon sujet alors que ce n'est absolument pas le cas. Il est peut-être temps que je me trouve d'autres amis.

— Pour l'énerver. Affirmé-je avec conviction.
— Donc c'était pour ton plaisir personnel. Merci de m'avoir éclairé à ce sujet. Glousse-t-elle derrière sa tasse.

    Je vois dans ses iris à quel point elle est fière de sa déduction alors qu'il est clair que ce n'est pas la raison, en tous cas ce n'est pas la principale. C'est vrai qu'il y a peut-être une partie de moi qui en avait envie, je l'ai même dit, mon corps en avait besoin. Mais il est évident que j'espérais l'énerver, probablement me venger de ce qu'elle m'a fait. Ce n'est pas parce que six ans sont passés que je lui ai pardonné de m'avoir abandonné.

— Tu sais, le monde vous accorde peut-être une deuxième chance. C'est Noël après tout, alors pourquoi ne pas écouter ce qu'elle pourrait vouloir te dire au lieu de jouer avec elle?

    Je ne joue pas, je gagne. Sans le moindre remords. Je préfère mourir qu'entendre ce qu'elle pourrait avoir à raconter. Et de toute façon, elle a été très claire quand elle est partie, donc, pourquoi est-ce que je perdrais mon temps avec elle ?
— Merci d'avoir gardé Cookie, conclué-je sans prendre en considération ce qu'elle vient de dire.

Un flocon incomplet.Des histoires addictives. Découvrez maintenant