La dernière porte se ferme et je souris encore de toutes mes dents. Tous les clients se sont réjouis lorsque je leur ai présenté les tickets que j'ai confectionnés. Ma satisfaction personnelle est à son maximum me rendant compte qu'ici, je suis utile. Certes, j'aurais pu concevoir quelque chose de plus créatif, mais ce sera pour l'hiver suivant. Qu'est-ce que je raconte ? Je pars dans quatre jours, il n'y aura pas de prochaines fois.
Je secoue la tête éloignant la part de tristesse qui m'étreint à cette pensée. Mon envie de subsister ici ne cesse d'augmenter de jour en jour, l'ambiance générale du village, les personnes bienveillantes et Nash sont des éléments non négligeables à cette envie. Notre relations commencent à devenir petit à petit plus cordiales et je n'arrête pas de réfléchir à son évolution si je restais encore un peu. Une idée certainement stupide.
Je descends l'escalier pour démarrer l'avant-dernière tâche qu'il m'a assignée. Sans doute la plus facile.
La journée a avancé à toute vitesse, et je suppose donc aisément que Nash est déjà parti pour l'ultime entraînement. Je crois qu'il est impatient d'être à demain pour admirer son équipe en action. Son implication dans ce projet a été sans faille depuis qu'il a appris la nouvelle et je m'en réjouis. D'après ce que j'ai pu apercevoir quand j'ai été le voir à la patinoire, il est doué dans ce qu'il fait.
J'atteins enfin la cave et observe les poussières se soulever sur mon passage, mon nez me chatouille et je retiens un éternuement. Des toiles d'araignée sont éparpillées un peu partout, heureusement que je n'en ai pas peur.
Les boîtes sont empilées les unes sur les autres et je soupire fatigué d'avance par cette activité. Voilà la dernière tâche: ranger par ordre chronologique tous les documents de cette pièce.
Je regrette qu'il n'y ait pas de fenêtre pour pouvoir aérer et me contente de m'installer à même le sol. Toutes les réservations que l'auberge a encodées se trouvent dans ses dizaines de cartons. Une vraie partie de plaisir. Je commence par classer les boîtes par année avant de trier leur contenu. Les feuilles semblent placées aléatoirement, le mois de juin après celui de septembre ou encore novembre avant janvier. Une catastrophe qui va me prendre une éternité. Je regrette de ne pas avoir emporté mes écouteurs ce matin, mais j'imagine qu'il n'y a pas meilleure compagnie que son propre esprit.
Une pile de papier commence à se construire sur ma gauche lorsque je perçois du bruit derrière moi. Je me retourne en redressant mon bonnet de lutin. Nash apparaît, une main dans la poche et l'autre dans son dos. Mon air surpris l'amuse étant donné le sourire moqueur qui naît sur son visage. Ses pas se rapprochent et je me relève doucement en maintenant ma tour en place. Je n'ai vraiment pas envie de repartir à zéro.
Je suis étonnée de le voir au vu de l'heure, l'entraînement est censé avoir commencé depuis un moment.
— Je ne savais pas qu'on cachait des lutins dans notre cave. Plaisante-t-il.
Je glousse en rougissant, tandis qu'il avance davantage, rendant ma respiration irrégulière. J'ai besoin d'air et ce n'est certainement pas ici que je vais en récupérer. Il me tend un dossier que j'attrape et m'apprête à l'ouvrir lorsqu'il pose sa main dessus pour m'en empêcher.
— Tu peux le rajouter à ta pile de papier. Lis-le attentivement, je te paie pour ça après tout.
Il n'attend pas de réponse et grimpe les escaliers comme s'il avait honte.
Ma curiosité est piquée au vif, je fronce les sourcils en tournant la page révélant le titre du document me coupant le souffle instantanément.
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Un flocon incomplet.
Romance« La vie de Noélie a été chamboulée l'an dernier et depuis, elle essaie de se relever autant physiquement que psychologiquement, soutenue par sa famille. Chaque réveillon, depuis six ans, semble se venger d'une décision qu'elle continue de regretter...
