Timothé Blacke
Flashback, 16 ans, hôpital
Assis sur le lit de l'hôpital, j'observe curieux le médecin qui vient de rentrer dans ma chambre. Lukas est dehors accompagné de Louis. Je fronce les sourcils et attends que l'inconnu se présente. Blonds aux yeux verts il regarde quelques instants de sa tablette avant de reporter son attention sur moi, il me sourit et s'approche de mon lit.
- Bonjour Timothé, je suis le docteur Jaxon Boyle, je serai ton kinésithérapeute pour les prochains mois, je vais t'aider à remarcher parfaitement. Tu as été touché au niveau dorsal, au milieu du dos mais tu as eu de la chance ça n'a pas touché les donc pas paralysé tes jambes. Tu as quelques difficultés à marcher mais dans quelques mois ça ira mieux.
Il me lance un sourire qui se veut sûrement rassurant mais je déteste être ici. Je déteste les hôpitaux, je déteste les gens, je déteste tôt. Je me déteste.
J'hoche la tête pour rester poli avant de reporter mon attention sur mes doigts que je bouge pour m'assurer que je suis encore en vie. Frôler la mort est une expérience plutôt désagréable si je ne veux pas dire atroce, sentir que tu vas partir, le silence qui engloutit tout sur son passage, ton cœur que tu te sens, les frissons qui te parcourt la terreur qui te paralyse sur place, tu es spectateur.
Je n'ai pas beaucoup parlé depuis mon arrivé, a part pour des demandes rudimentaires mais je n'ai pas dépassé les 5 mots, que ça soit à mes amis ou à mes frères.
Mon nouveau docteur, me tapote l'épaule avec un sourire qui se veut sûrement encourageant mais ma seule envie est qu'il enlève sa main de mon corps. Il me parle mais je n'écoute pas, je m'en fiche à vrai dire. On peut me laisser mourir il n'y aurait pas de différence.
Il finit son discours et à ma grande surpris s'assoie à côté de moi sur le lit.
- Je suis désolé pour tes parents.
Encore une fois j'hoche la tête par politesse, on a voulu me faire rencontrer un psy je n'ai pas dit un mot.
Je l'observe quelques secondes et croise son regard, ses yeux verts sont pâles et apaisants, je me surprends à le détailler. Il pose quelques secondes sa main sur le bas de mon dos dans un geste qui se veut peut-être rassurant mais qui a pour conséquence de me tendre immédiatement, il le voit et l'enlève. Il se relève et me salue avant de sortir de ma chambre.
Louis rentre à son tour mais je reste encore cloîtré dans mon silence depuis mon arrivée ici. Il a essayé de me parler le premier jour mais a compris que je ne parlerai pas.
Il se demande sûrement si le silence l'a remplacé en tant que meilleur ami.
J'aimerai lui dire que non.
Mais je serai sûrement un menteur.
Cloîtré dans mon silence je peux me répéter en boucle ce que j'ai fais, ce que j'ai dis, à eux, et me frapper intérieurement pour ma lâcheté pour mon égoïsme.
Je suis bien dans mon mal être, j'ai conscience que c'est malsain mais...c'est la seule chose qui me réconforte. Je fais souvent des cauchemars, je me revois reprendre ces balles, la terreur qui te parcourt tout le corps, ton corps paralysé et le monde autour qui devient silencieux.
Je me noie dans mes cauchemars mais ils me maintiennent, ils me permettent de ne pas oublier. Pas oublier ce que j'ai fait. Ils me permettent de continuer à me détester.
Je suis silencieux mais mon cerveau est rempli de flashback repassant la scène encore et encore dans la tête sans issue. Je suis punie, je garderai toute ma vie ces regrets, cette haine dirigée vers moi même.
Je l'aurais mérité.
Quand on est venu m'annoncer leur mort je n'ai pas pleuré. Je compte refuser d'aller à leur enterrement, je ne les mérite pas. Je n'ai pas versé une larme, mon cœur en a versé. Parce que je les aimer. Mais je n'ai pas crier, ni pleurer, j'ai simplement hoché la tête. Lukas n'a pas pleuré, il se contenter de frotter le dos à Sevan qui était le seul à pleurer exprimant ses émotions. Je l'ai détaillé, et je me suis détesté, mon petit frère est l'unique personne parmi ma famille auquel j'ai confié des pensées, des secrets. Il m'a confié des choses. Le voir en pleure se tenant son cœur essayant de le reconstruire même s'il est brisé en milles morceaux impuissant.
Louis est toujours là. Assis sur une chaise dans ma chambre, il feuillète une BD. Il a l'air exténué, toujours près à donner son amour, son cœur à quelqu'un, moi en l'occurrence.
Il est le sauveur des morts.
Le sauveur des chasseurs.
Un sauveur.
Et je suis un destructeur.
La douleur est une chose que l'on doit infliger qu'à soi même, je n'ai pas le droit de le faire souffrir.
- Louis, je chuchote que je suis surpris qu'il m'entende.
- Ti, il quitte sa BD et se redresse tout ouïe.
- Rentre chez toi.
Il a l'air exténué, il a des grosses cernes, ses yeux se ferment sans arrêt et il peine à rester sur ses pieds. Je me demande s'il a dormi.
- Non. Je reste ici.
- Louis.
- Je ne changerai pas d'avis, je reste ici, point, tu ne comprends pas...tu as failli mourir d'accord ? Tu as failli mourir. Je..., tu ne sais pas ce que j'ai ressenti putain, alors je ne te quitte plus d'accord ? Que tu sois d'accord ou non. Tu peux rester silencieux toute ta vie je m'en fous, tu pourras passer ton temps à me repousser je serais toujours là.
- Pourquoi ?
Pourquoi tu es toujours là ? A me tendre ta main ? Prêt à m'aider.
- Je te l'ai promis, je suis ta lumière Timothé, et parce que je suis ton meilleur ami.
- Je suis pourri.
- Non. Tu ne l'es pas. Tu es tout le contraire. Même si t'en as pas conscience. Tu es une étoile. Mon étoile.
Je reste quelques secondes sans rien dire, mais je ne suis pas étonné, Louis est et restera Louis. Je suis tellement reconnaissant de l'avoir rencontré même si je ne le mérite pas.
Pour réponse je me décale légèrement pour laisser une place à côté de moi dans le lit. Il écarquille les yeux avant de venir s'asseoir à côté de moi, son odeur familière remplissant mes narines. Je m'allonge en soupirant en fixant le plafond.
La douleur c'est aussi le vide.
Louis s'allonge aussi à côté de moi mais poste ses yeux sur mon visage, je sens tout son corps frôler le mien à chacun de ses mouvements parce que Louis ne fait que bouger. Je bouge mes doigts encore une fois en me pinçant pour m'assurer que je suis encore en vie.
Il glisse sa main jusqu'à la mienne et remonte au niveau de son cœur. Il colle ma main contre son torse et je perçois les battements de son cœur à travers son t-shirt.
- Il bat pour nous deux, souffle-t-il.
J'avais tort. La pire douleur je ne l'ai pas connue ce jour là. Je l'ai connu quand j'ai perdu ma lumière. Quand je l'ai perdu.
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Bon...happy non ? Petit flashback sur les pensées pas très joyeuses de Ti à la mort de ses parents pour que vous compreniez pourquoi est ce qu'il pense comme ça aujourd'hui ( même si tout n'es pas expliqué )
Vos avis ? Le docteur ? Louis ? Timothé ?
On en parle sur insta !
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quickswallowww
Bye bye :)
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Les ombres du lendemain
Roman d'amour"Je crois qu'à l'instant où tes yeux ont rencontré les miens, mon âme t'appartenait déjà " Leur rencontre s'est faite un jour de pluie, leur histoire sera-telle faite de pluie elle aussi ? Timothé et Louis, deux âmes sœurs, une âme dans deux corps...