La pièce n'avait pas changé depuis que j'avais pris l'initiative de vivre ici... Un canapé rouge était au centre de la pièce comme s'il invitait à s'assoir quiconque était présent. Le rideau était bleu et opaque. On ne pouvait pas voir ce qu'il se passer à l'extérieur et l'extérieur ne pouvait pas non-plus nous voir. Sur la cheminée, quelques cadres photos se trouvaient là dépoussiérés les seuls objets que j'avais dédaigné toucher lorsque j'étais revenu de mon petit voyage chez Lucas. Le vase de droite était fissuré, recouvert de poussières et la fleure était fanée à tel point que si on venait à la toucher elle partirait en fumée. Tant qu'au vase de gauche, il semblait avoir été cassé et recollé, je ne savais pas depuis combien de temps il était là puisqu'à mon arrivé je le voyais déjà dans cet état. La fleure semblait être une fausse mais elle était si belle. Sa beauté n'était pas sa composition ni son apparence mais sa présence. Il n'y avait aucun meuble ni aucun autre objet de décoration, je n'en avais pas besoin et je n'en voyais pas l'intérêt. Pourtant, la pièce ne semblait pas si vide.
_ Si j'avais su... Je ne me serai jamais retrouvé enfermé avec toi et les autres... Assieds-toi, je t'en prie.
Je fit un geste pour lui montrer le canapé rouge sur lequel il m'assis en me regardant.
_ Je suis prêt à t'écouter mais si tu n'es pas prêt à m'en parler je peux commencer en premier.
_ Je ne sais pas...
Malgré tout, il semblait continuer à douter de moi... Il n'arrivait pas à me faire confiance et cela était tout à fait normal. Il ne me connaissait pas très bien et je lui avais fait vivre un enfer, s'il me faisait confiance si facilement il aurait été fou. Soudain, j'eu une idée pour gagner sa confiance.
_ Je vois... Je vais commencer, tu es très intelligent. Moi non-plus je n'aurai pas fait confiance à quelqu'un qui m'aurait fait vivre ce que tu as vécu...
Lorsque j'eut fini de lui raconter comment j'en étais arrivé à me retrouver à cet endroit, je pris la décision de rajouter quelques mots pour lui expliquer pourquoi je lui avais fait vivre un tel enfer, bien que malgré tout j'étais impardonnable.
_ Cette nuit-là, je m'étais promis de détruire chaque personne qui avait fait les mêmes atrocités que moi... Seulement, voilà ce n'était pas une solution et puis... Ma seule victime de cet acte était un innocent... Toi...
Après, ce fut à son tour de me raconter son histoire. Lorsqu'il eut fini je fus si retourné que je m'étais levé et avais ouvrit les rideaux bleus déterminer à rétablir la vérité, à faire payer le fautif !
_ Tu sais ce qu'on va faire ?
Il semblait un peu perdu, il ne voyait sûrement pas ce que je pouvais avoir en tête. Après tout, il ne me connaissait toujours pas vraiment.
_ Je te ramène dans ton village et on va tirer tout cela au clair ! Et moi, je vais t'aider à l'arrêter cet assassin ! Et il a intérêt à avoir une bonne raison mais même avec ça, il le regrettera !
Il avait déjà une piste sur l'identité de l'assassin. Il disait être persuadé qu'il s'agissait du père de son amie... Je n'étais pas totalement sûr mais j'étais déterminé à me racheter et à l'aider.
_ Mais... Pourquoi m'aider ?
_ Ecoute, Olwen... Tu aurais pu perdre Anastasia... Moi j'ai perdu Françoise... Je sais quels sentiments tu as ressenti ! Et surtout, tu as été accusé à tort ! Certes j'ai tué beaucoup de monde mais je n'ai jamais accusé qui que ce soit à ma place !
_ Inaki... Et si je me trompais... Si ce n'est pas lui le véritable assassin ? Je me suis trompé tant de fois...
_ Dans ce cas, on trouvera des preuves avant de faire quoi que ce soit.
_ Mais... Je ne veux plus me venger... Je veux simplement le faire condamné...
_ Dans ce cas, c'est ce que l'on fera.
Je sortis de la pièce pour lui ramener des vêtements un peu plus convenables. Lorsque je revins je les lui tendis.
_ Tien, mets-les. Je pense que c'est ta taille.
_ Pourquoi ?
_ Tu ne vas quand même pas te balader une nouvelle fois avec cette tenue d'hôpital !
Soudain, il sembla se rendre compte qu'il portait toujours cette même tenue un peu usée. Il se mit à rougir légèrement il semblait si gêné qu'il attrapa immédiatement les vêtements et, sans réfléchir, il commença à se déshabiller pour mettre la tenue que je lui tendais. Cela me gêna très vite et je me retournai juste après m'être exclamé.
_ Heu... Je suis peut-être un garçon mais cela me gêne énormément...
_ Pourquoi ? Mon corps est sûrement pareil que le tien...
Je me remis face à lui et lui montra ses cicatrices.
_ Je ne supporte toujours pas de voir tout le mal que j'ai causé... Je suis désolé mais même aller voir Françoise au cimetière, je n'y arrive pas... Alors, j'espère que tu comprends que je ne peux pas regarder tes blessures...
C'est alors qu'il commença à s'approcher de moi puis attrapa mon bras et déposa ma main sur son torse.
_ La plupart des cicatrices sur mon corps ne te sont pas due. Les plus grosses blessures venant de toi se trouvent au fond de mon cœur. Elles ne sont pas visibles alors tu peux me regarder. D'ailleurs, tu peux aller dans ce cimetière ! J'en suis certain. Moi, je suis allé dans le cimetière où Anastasia devait se trouver, je croyais réellement à sa mort, mais j'y ai survécu et j'y ai même consacré plus de temps là-bas qu'autre part. Et, rassures-toi, jamais tu ne verras les blessures que tu lui as causé à moins qu'elle ne sorte de sa tombe.
_ Tu as raison...
Il avait réussi à me rassurer, pourtant ce n'était pas gagné...
_ Avant de rejoindre mon village, on ira dans ce cimetière !
_ Entendu !
Soudain, je me rendis compte que j'avais ouvert les rideaux un peu plus tôt et que j'avais oublié de les refermés... Olwen était en train de se changer alors que tous les passants pouvaient l'observer. Cela me gêna énormément.
_ Olwen... Je suis désolé mais... Les rideaux sont ouverts... Tous les passants peuvent te voir...
_ Attend, quoi !?
Il se retourna soudainement et il vit à travers la fenêtre des passants marcher sur les trottoirs. Il fut si gêné qu'il avait immédiatement mis le haut que je lui avais donné.
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Une mort sur la conscience
Mystery / ThrillerAlors que je vivais paisiblement ma vie de collégien, ma camarade de classe fut assassinée. Dès lors, j'ai été accusé de son meurtre. Lorsque je suis retourné dans mon établissement trois ans plus tard, Azraël était le seul à croire à mon innocence...
