Chapitre 42

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Alors que je cherchais quelque chose à lui répondre, nos regards se croisèrent. Aussitôt, je vis des yeux aussi froids que l'hiver le plus glaçant que le monde n'ait jamais connu. Le brun de ses yeux laissait paraître un sentiment profond de tristesse présent depuis bien trop longtemps.

_ Hash... Que fais-tu là ?

_ Je voulais te faire une surprise... Mais pourquoi tu ne m'as rien dit ?

J'avais attendu si longtemps une réponse à toute mes questions. La cause de toutes ces ecchymoses recouvrant son corp m'était enfin révélée.

_ Je me disais que c'était bizarre tous ces bleus et toutes ces blessures mais tu n'as jamais voulu m'expliquer. Pourquoi tu ne te défends pas ?

_ Hash... S'il te plaît...

Tout le monde nous observait et la peur commençait à se lire dans mes yeux. Je venais de réaliser que j'avais peut-être blessé quelqu'un alors que j'étais incapable de me défendre. Et surtout, je ressemblais à Anastasia. N'importe qui aurait pu faire le lien entre nous deux.

Aussitôt j'avais compris que je ne pourrais jamais nous défendre si l'un d'entre eux voulait venger ce garçon. Puis je vis le regard d'Olwen. On aurait dit qu'il avait également compris que je n'étais pas si fort que ça. Tout à coup, l'un d'entre eux m'attrapa et s'apprêta à me frapper.

Mais je ne reçus pas de coups... Ils préférèrent provoquer Olwen pour le pousser à bout, le pousser à être violent.

_ Tu ne comptes rien faire pour sauver ton ami ? Tu n'es vraiment qu'un monstre ! Tu as la force de tuer quelqu'un mais tu ne l'as pas pour sauver quelqu'un ! Tu es vraiment médiocre !

J'espérais au plus profond de mon être qu'il ne réagirait pas à ces provocations mais malheureusement ce ne fut pas le cas. Je vis la rage monter en lui.

_ Qu'est-ce que t'as ? Tu veux te battre ?

Ces mots ont eu le don de l'énerver encore plus que je ne pouvais l'imaginer. Sa colère le fit se relever et, sans que je ne puisse m'en rendre compte, il l'avait frappé jusqu'au sang. Il s'acharnait sur lui et semblait ne réussir à se contrôler, à s'arrêter.

J'avais l'impression de le perdre et je ne savais vraiment pas ce que je pouvais faire pour l'arrêter. Mais, tout à coup je me souvins d'une chose qu'il m'avait dit lorsque j'étais encore Anastasia.

« Le garçon me regardait avec tristesse. Il s'était rendu compte que sa violence envers autrui posait un problème et il s'en souciait énormément.

_ Anastasia... Je suis vraiment désolé... Tu sais que je ne voulais pas me battre...

_ Je le sais très bien mais il va falloir que tu apprennes à te contrôler...

_ Je suis tout à fait d'accord avec toi... J'ai bien trop peur d'aller plus loin...

Je ne comprenais pas vraiment où il voulait en venir mais sans que je ne lui pose la question il m'apporta une réponse.

_ Si je vais trop loin... Si je blesse gravement quelqu'un... Ou même... Si je tue... Je ne m'en remettrais jamais... »

Je compris alors que ce qui lui faisait le plus peur était que quelqu'un meurt à cause de sa violence. Je me mis donc à m'approcher de lui malgré que je semblasse terrorisé.

_ S'il te plaît... Arrête... Tu vas le tuer si tu continus comme ça...

J'avais prononcé ces mots si doucement afin de mieux réussir à l'apaiser. Seulement, le contraire se produisit... Certes il s'était arrêté un temps mais il avait repris son acharnement juste après. Malgré tout, il semblait toujours vouloir s'arrêter comme je voulais qu'il s'arrête.

Soudainement, le directeur de l'établissement débarqua. Il tenta de l'arrêter mais lui aussi en était incapable. Olwen luttait contre lui-même mais personne ne semblait l'avoir remarqué. Ses points se dirigeaient seul vers le garçon et lorsqu'on osait s'approcher de la scène, ils ne touchaient pas seulement la personne visée.

Mais ma peur fut encore plus grande lorsque le bruit des sirènes firent échos dans la rue. J'étais persuadé que les problèmes pour lui seraient encore plus grand.

J'aperçut l'uniforme bleu que portaient deux hommes qui s'approchaient de lui. Mais qui avait bien put les contacter ?

Seulement... Contrairement à ce que je pensais, ce n'est pas Olwen qu'ils finirent par embarquer... En effet, le garçon qu'il frappait se jeta sur lui juste avant qu'ils ne soient trop près. Il commença à le frapper mais lorsqu'il prononça ses mots, ce n'était pas pour se défendre et détruire encore plus la vie de mon cher ami.

_ T'es un grand malade ! Je l'admets ! Mais pourquoi tu n'as rien fais jusqu'à aujourd'hui ? Pourquoi tu nous as laissé te faire vivre un enfer ? Pourquoi tu n'as rien dit quand on t'insultait à longueur de journée ? Pourquoi c'est aujourd'hui que tu pète un câble ? C'est parce qu'on s'en est pris à lui ? Je suis prêt à endosser toute la responsabilité ! C'est ma faute tout ça ! J'aurais dû tout te dire depuis le début ! Je savais tout mais j'ai préféré me taire...

Le garçon se mit à pleurer. Cette scène semblait émouvoir Olwen puisqu'il s'arrêta instantanément.

Tout n'était que flou dans ma tête... Ce garçon... Était-il un gentil ou un méchant dans cette histoire ? Il avait avoué devant tout le monde ce que lui et les autres faisaient subir à Olwen... En avait-il marre de s'en prendre à lui ?

_ A présent, tout le monde va devoir assumer ses actes ! Olwen n'est pas le seul fautif de cette bagarre et je suis loin d'être le plus innocent ! Seulement, que ce soit de la part de ses camarades de classe, des élèves d'autres classes, des professeurs, du personnel de l'établissement ou même des passants dans la rue... Et je n'ose même pas imaginer du côté de ses proches, de sa famille... Il n'a vécu que l'enfer et l'acharnement ! Et comment a-t-il fait pour garder son calme face à cela tous les jours ? Je vous le demande ! Aujourd'hui, le fautif de cette histoire ce n'est pas lui ! Loin de cela ! Il n'y a pas un fautif mais plusieurs ! Si vous cherchez à arrêter quelqu'un, ce n'est pas vers lui qu'il faut se diriger !

_ Il a raison ! Si vous voulez l'arrêter, il faudra arrêter tout le quartier !

Je ne m'en étais toujours pas remis. Cela m'avait procuré tellement de bonheur d'autant plus que la casi totalité des élèves présents avaient commencé à faire barrière pour protéger Olwen d'eux.

Cette histoire m'avait permis d'en savoir un peu plus sur Olwen mais pas sur moi. Je ne savais toujours pas qui avait tenté de me tuer et Olwen me semblait de plus en plus être le fautif. Pourtant mon cœur ne cessait de me répéter qu'il ne s'agissait pas de lui.

Une mort sur la conscienceOù les histoires vivent. Découvrez maintenant