Chapitre 2

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Alors que la pluie pesait sur mon cartable, je voyais le monde se noyer. La couleur des passants se troublait au fur et à mesure que j'avançais.

Je n'arrivai toujours pas à oublier ces mots qu'elle me disait tout les jours... Le plus dure c'est lorsqu'on se rend compte que cette personne qu'on voyait tous les jours, avec qui on souriait, on riait, avec qui le rêve était devenu réalité ne sera plus jamais auprès de toi.

Je n'arrivai toujours pas à oublier ces moments que l'on avait passé ensemble. Toute cette joie qu'elle remplissait m'avait laissé un vide en moi. Après tout, avec le recul, le fautif dans tout ça, c'était moi.

Est-ce que le soleil finira par faire cesser cette pluie salée qui me déchire le cœur, qui me déchire la vie ?

Les manches de mon grand manteau étaient encore tâchées de son sang, pourtant cela faisait déjà des semaines qu'elle n'était plus là... Je me rappelle le visage de décomposition qu'avaient chacun de mes camarades de classe lorsqu'ils ont appris sa mort... Tous me lançaient des regards de jugement comme s'il s'agissait de moi, le tueur.

La couleur de ses yeux se retrouvait dans chaque regard de mes camarades. Cette même couleur qui recouvrait tout son corps la dernière fois que je l'ai vue.

Au fond, tout ce que je vis maintenant, je l'ai mérité... Mais ais-je vraiment mérité que cela dure aussi longtemps ? Est-ce que je mérite d'être expié par tout le monde ? Que les regards de mépris se jettent sur moi à chaque moment de la journée ? Que l'on me traite d'assassin alors que le seul sang que je lui ais versé a fini par me faire renoncer à ce que je faisais subir à tant de personnes ?

Le présent refit surface lorsque la douleur sur mon front se déclencha et qu'un liquide rouge coula le long de mon visage. Me défendre ne suffirait pas à les faire taire, c'est pourquoi j'ai décidé de laisser couler et de devenir leur nouvelle victime. Peut-être trouverais-je le meurtrier ainsi ?

_ T'as pas bientôt fini ! On dirait que t'es vide d'esprit !

_ Après tout, cela m'a l'air normal pour un assassin !

_ Ce n'est pas moi qui l'ai tué... Pourquoi j'aurais fait une chose pareille ?

Les deux garçons se mirent à rire en me lançant des regards abjects.

_ Tu crois vraiment qu'on va avaler ça ? Ce n'est pas toi qui l'as frappée jusqu'au sang la dernière fois ?

_ Ce n'est arrivé qu'une seule fois...

_ He bien c'était une fois de trop ! Et cela t'a conduit à l'achever !

Le silence pesa entre eux et moi lorsque j'entendis cette douce voix... Etais-je en train d'halluciner pour adoucir ma douleur ou était-ce quelqu'un qui possédait la même voix mélodieuse qu'elle ? Quoiqu'il en soit, cette voix était repartie aussi vite qu'elle était arrivée...

Le chant des sirènes planait au-dessus de moi alors que mes yeux étaient incapable de discerner quoique ce soit... La fatigue était si présente que mon corps ne me répondait plus. Il s'agit déjà de mon sixième séjour là-haut depuis sa mort... Était-ce cela qu'elle avait ressenti ? Je m'étais excusé tant de fois mais je m'étais toujours dis que cela ne suffisait pas... Maintenant je me dis que rien n'aurait jamais pu me faire pardonner ce jour atroce que je lui avais fait vivre.

Les yeux rouges de fatigue, je me réveillai. Une très vieille femme en noir me regardait. Elle semblait à la fois triste et énervée.

_ Tu es content de toi ?

J'étai incapable de comprendre ce qu'il se passait... Tout ce que je savais était que, pour un réveille, ces mots étaient si brutaux.

_ Toutes les preuves sont contre toi ! Mais qu'as-tu fais bon sang !

Que se passait-il ? J'avais beau réfléchir, je n'arrivais pas à tout comprendre...

_ Ce sang sur ta veste, c'est le sien n'est-ce pas ?

Cet homme était rentré de nul-part. Je ne l'avais pas vu mais il était là ! Je l'avais déjà rencontré quelque part, mais impossible de savoir où...

_ Et dire que je te faisais confiance ! Dès ton rétablissement tu partiras... Là-bas tu comprendras la gravité de ta faute.

_ Vous n'êtes pas la seule à lui avoir fait confiance... Ma fille n'aurait jamais dû le croisé et nous non-plus.

Alors que je venais de comprendre ce qui se passait, l'homme lança ma veste qui tomba sur mes jambes. J'essaya de la récupérée mais ma tête me faisait si mal et mes bras étaient engourdis.

_ Tu as de la chance que je ne fasse pas comme tes camarades de classe ! Si cela n'en tenait qu'à moi je t'aurais réservé le même sort que tu lui as...

_ C'est bon... J'ai compris... Pas la peine de me faire la morale. Après tout, peu importe tout ce que je dirais, vous êtes tous persuadé que c'est moi l'assassin.

Aussitôt, l'homme prit ses affaires et sortit de la pièce d'un air énervé.

_ Cet homme a perdu sa fille à cause de toi ! Tu te rends compte ? Mets-toi un peu à sa place !

_ Pourquoi ferais-je une chose pareille ? Moi j'ai perdu une personne que j'admirai ainsi que ma place auprès de mes camarades de classe !

_ Et à qui la faute ?

_ La faute ? À l'assassin bien sûre !

La faute à l'assassin. Mais qui était-il ? Je prenais des coups et des insultes qui lui étaient destinés... 

Une mort sur la conscienceOù les histoires vivent. Découvrez maintenant