Chapitre 71

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C'est la sonnette de la porte qui me réveille en sursaut. Pareille pour Grant qui s'était endormi, appuyé le dos contre la table basse. Je bouge et Sari se met à pleurer dans mes bras. Alors ça a bien eu lieu, ma fille est bel et bien née en pleine tempête des mains de son père... Mon homme se décale et se lève tandis que je berce mon bébé. Grant ouvre la porte et ce sont ses parents.

Marion : Vous allez bien ?

Foster : On a eu peur à cause de votre proximité avec l'océan.

Là, je me lèverais bien pour aller voir mes beau-parents, mais je suis encore cul nu. D'ailleurs, on est bon pour racheter un tapis...

Grant : Oui. On va bien. Tous les trois...

Foster : Comment ça tous les trois, ne me dis pas que...

Mon beau-père n'a pas le temps de finir sa phrase que Marion se précipite vers moi. Elle prend mon visage en coupe et m'embrasse sur le front avant de regarder sa petite fille qui chouine dans mes bras.

Marion : Elle est magnifique... Mets là au sein Nicole, elle a faim... Elle est née il y a combien de temps ?

Moi : Il est quelle heure ?

Marion : 5h39. Nous sommes venus dès que nous avons pu... avant c'était trop dangereux de prendre la route.

Moi : Alors cette petite chipie qui a choisi de naitre durant la tempête a exactement deux heures et dix minutes...

Grant : maintenant que les routes sont praticables, on doit aller à l'hôpital pour s'assurer que tout va bien.

Moi : Laisse ta fille manger, on est plus à quelques minutes...

La sensation de la tétée est vraiment étrange, mais en un sens, ça me rassure de voir mon bébé manger avec appétit, ça doit vouloir dire qu'elle va bien.

Heureusement que nous avions déjà tout pour la petite... Grant prend sa fille et nous montons l'habiller et moi aussi par la même occasion, puis nous allons à l'hôpital. Hôpital où je ne reste pas longtemps. Les médecins nous examinent rapidement, Sari et moi, puis nous pouvons rentrer à la maison. Je trouve que c'est vite expédié, mais il faut dire qu'ils ne chôment pas. Beaucoup de personnes ont été blessées dans la tempête. Et de toute façon, ce n'est pas pour me déranger non plus.

Quelques heures après notre retour à la maison, Sari se réveille pour manger. Maintenant qu'elle n'est plus toute violette et sale, elle est magnifique. Un peu petite puisqu'elle est née avec trois semaines d'avance, mais parfaitement proportionnée. Elle a des petits cheveux châtains et de beaux yeux verts, comme son père. Même tout à l'heure, je la trouvais belle, c'est ma fille, mais là, elle me fait moins penser à un alien. Je ris toute seule, mais faut pas m'en vouloir, la nuit a été éprouvante. Je prends mon bébé et le mets au sein en m'installant dans le fauteuil à bascule qu'on a installé dans sa chambre. Depuis le seuil de la porte, Grant nous regarde avec des yeux brillants d'émotion. Pinceau est là aussi à mes pieds. Il a accouru au premier pleur de la petite. Depuis que nous sommes rentrés avec Sari, il ne la lâche pas.

Grant : Je suis si fier de toi mon cœur. Accouché à la maison en pleine tempête... On s'en souviendra. Et notre fille est si belle.

Moi : C'était un travail d'équipe, même si je t'avoue que c'est pas comme ça que je voyais les choses... Et elle est le fruit de notre amour et un merveilleux mélange de nous deux.

La petite repue, je lui mets une couche propre et la recouche dans son lit. Grant s'approche et l'embrasse sur le front en lui disant qu'il l'aime. Puis, il noue mes doigts aux siens et m'entraine dans notre chambre, sortant le chien au passage. Allongée sur le lit, je me blottis au creux de ses bras avec un œil sur le baby phone.

Je serai pilote de courseOù les histoires vivent. Découvrez maintenant