32

13 3 0
                                    


- Il faut en parler à un professeur, déclara Leta.

- Elles vont avoir de gros ennuis si on fait ça !

La Serpentard le regarda de travers.

- Norbert. On parle de Greybel et Reels, là.

Voyant qu'il ne réagissait pas, elle insista.

- Les filles qui nous ont poursuivis l'année dernière pour nous accuser alors qu'on essayait de sauver des licornes !

- Je sais bien, concéda Norbert. Mais justement, on n'est pas comme elles. Essayons d'abord de leur faire entendre raison par nous-mêmes.

- J'admire ta grandeur d'âme, mais tu penses vraiment qu'elles vont t'écouter ? Au risque de me répéter : on parle de Greybel et Reels !

- Laisse-moi au moins essayer ! la supplia-t-il.

Leta hésita un instant, avant de soupirer.

- Bon, d'accord. Uniquement parce que je sais que je n'arriverai pas à te faire changer d'avis. Et aussi parce que j'aime ta petite bouille déterminée.

Norbert profita du fait qu'il devait récupérer son sac sous la table pour lui cacher le rougissement de ses joues. Mais manque de chance, il se cogna la tête en remontant. Leta éclata de rire, immédiatement réprimandée par la bibliothécaire qui passait par là.

- Tu as une idée de l'endroit où elles ont bien pu aller ? demanda Norbert une fois qu'ils furent sortis de la bibliothèque.

- À l'heure qu'il est, elles doivent déjà être dans leur salle commune. Tu leur parlera demain, on n'est pas à une nuit près. De toute façon, si j'ai bien compris, elles ont prévu de faire leur petite excursion pendant le prochain week-end à Pré-au-lard, et il est dans un mois seulement.

- Tu as raison. Bonne nuit Leta !

- Bonne nuit, Norbert !

Les deux sorciers se séparèrent et le Poufsouffle prit le chemin de sa salle commune. Eniris l'y attendait déjà, assise sur un canapé d'où elle lui fit signe.

- Tu as l'air préoccupé, remarqua-t-elle alors qu'il s'asseyait à côté d'elle. Il s'est passé quelque chose ?

- Tu as l'œil, fit-il avec un sourire.

Il lui raconta tout ce qu'il avait entendu. Il lui faisait confiance, ce n'était pas elle qui allait tout répéter à n'importe qui.

- Parfois, je me demande si elles ont quelque chose dans le cerveau, lâcha la brune lorsqu'il eut terminé. Souvent, même. Franchement, aller traquer seules des grapcornes ? Pour récupérer leurs cornes, en plus ? Je ne m'y connais pas tellement en créatures, mais ils sont dangereux, non ?

- Oui, surtout si tu ne sais pas t'y prendre avec eux. Si tu veux mon avis, elles ont juste un ego un peu trop surdimensionné. Et très envie de faire gagner la Coupe des Quatre maisons à Gryffondor, comme ce n'est pas arrivé depuis des années.

- Il n'empêche que c'est un prix légèrement élevé pour une simple coupe. Qu'est-ce qu'elles s'imaginent, que les grapcornes vont se laisser faire comme de gentils petits toutous ? En plus, elles ne sont même pas sûres d'arriver à en trouver.

- C'est quand même très probable, affirma Norbert. Il y en a beaucoup dans les montagnes autour du château.

- En fait, elles mériteraient qu'on les laisse y aller. Au moins, on serait enfin débarrassés d'elles.

- Typiquement une phrase que Leta aurait pu sortir.

Les deux amis échangèrent un regard et éclatèrent de rire.

Loin de tous (Les Animaux Fantastiques)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant