Nous avons mis à jour nos Directives de Contenu.
Consultez les dernières directives pour continuer à partager des histoires en toute sécurité.

42

52 7 6
                                        

Le soir même, les appartements de l'Impératrice avaient retrouvé leur calme habituel. Après l'agitation des derniers jours, elle avait demandé que le dîner soit servi dans une petite salle intérieure plutôt que dans la grande pièce réservée aux réceptions. Il n'y avait ni musiciens ni longues files de serviteurs, seulement quelques eunuques debout à distance respectable, deux jeunes servantes chargées du service et une table dressée avec soin pour l'Empereur et elle. Même lorsqu'ils mangeaient seuls, certaines règles ne disparaissaient jamais complètement, mais l'atmosphère restait beaucoup plus intime que lors des repas officiels.

L'Empereur arriva tard. Il avait passé une grande partie de l'après-midi à examiner des rapports militaires et administratifs. L'Impératrice remarqua immédiatement les traces de fatigue sur son visage et décida de ne pas aborder trop rapidement le sujet qui l'intéressait. Elle connaissait suffisamment son époux pour savoir qu'il devenait particulièrement désagréable lorsqu'on lui parlait de problèmes familiaux alors que son esprit était encore occupé par les affaires de l'Empire.

Elle attendit donc.

Elle lui servit elle-même du poisson, lui parla de la santé de la petite princesse qu'elle avait adoptée et lui raconta même que celle-ci avait réussi à échapper quelques instants à la surveillance de ses domestiques dans la journée. L'Empereur soupira en apprenant la nouvelle, mais son expression s'adoucit visiblement lorsqu'il entendit que sa fille allait bien.

Ce fut seulement après plusieurs plats, lorsque les servantes eurent apporté du vin chaud et des fruits, que l'Impératrice jugea le moment convenable.

— Votre Majesté semble moins préoccupée que lorsque vous êtes arrivé. Les nouvelles des frontières sont-elles meilleures ?

L'Empereur prit tranquillement sa coupe.

— Elles sont surtout moins mauvaises que prévu. En ce moment, Zhen considère déjà cela comme une victoire.

L'Impératrice sourit.

— Alors ce palais profite d'un rare instant où Sa Majesté n'a pas envie de faire décapiter trois ministres avant le dessert.

L'Empereur leva lentement les yeux vers elle.

— Trois ?

— Vous aviez cette expression.

— Quelle expression ?

— Celle que vous aviez lorsque le ministre des Finances avait perdu trois cargaisons de grain avant d'essayer d'accuser la pluie.

L'Empereur la fixa quelques secondes avant de laisser échapper un rire.

— Je commence à croire que tu observes beaucoup trop mon visage.

— C'est le devoir d'une épouse attentionnée.

— Non. C'est le défaut d'une femme beaucoup trop curieuse.

L'Impératrice ne s'en offusqua pas. Au contraire, la bonne humeur de son époux lui convenait parfaitement.

Elle mangea tranquillement un morceau de fruit avant de reprendre d'un ton presque innocent :

— Puisque Votre Majesté semble disposée à discuter, ce palais voulait justement évoquer une affaire concernant les enfants.

L'Empereur soupira immédiatement.

— Voilà. Je savais bien que ce dîner était trop agréable.

Noces d'orient 2.Des histoires addictives. Découvrez maintenant