Xiulan était assis près de la fenêtre depuis le milieu de la matinée, un livre ouvert sur les genoux qu'il n'avait pourtant pas lu depuis plusieurs minutes. Ses yeux suivaient les mêmes lignes sans en retenir un seul mot. Toute son attention restait tournée vers la porte de ses appartements. Lee Yuan n'était toujours pas revenu de l'audience impériale et, plus le temps passait, plus Xiulan sentait l'impatience lui nouer l'estomac.
Il voulait lui parler de la nuit précédente.
Il avait très peu dormi. Chaque fois qu'il fermait les yeux, son imagination le ramenait vers le pavillon de Lin Da. Il avait essayé de se rappeler la promesse que Lee Yuan lui avait faite. Je ne le toucherai pas. Ces mots auraient dû suffire à le rassurer, pourtant une partie de lui avait passé la nuit à imaginer le pire. Au matin, il avait regretté cette faiblesse. Lee Yuan ne lui avait encore jamais menti sur ce genre de chose. Malgré tout, Xiulan avait besoin de l'entendre de sa bouche. Il voulait savoir ce qu'ils avaient fait, ce qu'ils s'étaient dit et pourquoi le prince n'était pas revenu avant l'aube.
Le pire était qu'il se détestait légèrement de vouloir autant de détails.
Il avait toujours su qu'entrer dans le palais d'un prince signifiait partager. Un prince impérial n'appartenait jamais entièrement à une seule personne. Il pouvait avoir une épouse principale, plusieurs époux ou épouses secondaires, des concubins et des bèitā selon son rang. Xiulan avait grandi en voyant ce système autour de son propre père. Pourtant, savoir une chose et la vivre étaient deux expériences très différentes.
Une servante entra discrètement et déposa une nouvelle tasse de thé sur la table.
— Consort Xia souhaite-t-il que ce serviteur demande à l'entrée du palais si Son Altesse est déjà sur le chemin du retour ?
Xiulan releva les yeux.
— Non.
Il hésita, puis referma finalement son livre.
— Il reviendra lorsqu'il aura terminé. Inutile de déranger les gardes pour cela.
La servante s'inclina.
— Oui, Votre Grâce.
Xiulan porta sa tasse à ses lèvres. Il n'eut cependant pas le temps de boire. Des pas précipités résonnèrent soudain dans le corridor, suivis de plusieurs voix. Il fronça les sourcils. Les domestiques de ses quartiers savaient parfaitement qu'il détestait les courses inutiles dans les couloirs.
La porte s'ouvrit presque immédiatement.
Son eunuque principal entra, visiblement essoufflé.
— Votre Grâce !
Xiulan posa sa tasse.
— Qu'est-ce qu'il se passe ?
L'eunuque se jeta presque à genoux.
— Un édit impérial ! Un envoyé de Sa Majesté arrive !
Xiulan resta immobile une seconde.
— Pour moi ?
— Oui, Votre Grâce ! Pour vous !
Le cœur de Xiulan manqua un battement.
Un édit de l'Empereur.
Il se leva si rapidement que sa servante dut rattraper le livre qui glissait de ses genoux.
— Préparez la salle. Tout de suite.
L'agitation gagna instantanément les appartements. Les domestiques se mirent en mouvement, mais cette fois personne ne leur reprocha de courir. On ouvrit les portes principales, on dégagea le centre de la pièce et on apporta rapidement les coussins nécessaires à la réception d'un ordre impérial.
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Noces d'orient 2.
FantasiLe tournoi est sur le point de commencer, les résultats seront décisifs. Mais alors que nos deux amoureux s'apprêtent à se jeter dans la bataille, ils n'ont aucune idée que la tempête est loin d'être passée
