Une fois Avery partie pour chercher des vivres, je me retrouve seule avec Noam. Ce dernier est affairé à préparer dès sacs à dos portant l'emblème d'Omicron tandis que je le regarde, postée légèrement en retrait. Ma meilleure amie m'avait laissé des vêtements propres pour remplacer ceux que je portais depuis déjà trop longtemps et qui avaient subit les dégâts de l'attaque de la station de métro de Passy. En vérifiant que Noam était bien dos à moi, je retire mon débardeur noir, dévoilant ainsi les nombreuses coupures et le sang séché sur mon ventre. Le frottement du tissu sur ma peau me fait pousser un gémissement douloureux. Je m'empresse toutefois de revêtir les habits d'Avery. Une fois la veste en cuir noire sur mes épaules, j'avance en direction du prisonnier.
_ Qu'est-ce qui s'est passé avec Gabryel pour que tu puisses représenter un danger ? Je demande alors d'une petite voix.
Encore, il met du temps à répondre. Je prends alors mon mal en patience, sachant désormais qu'il n'est pas ce qu'on peut appeler un bavard. Finalement, il se tourne vers moi en arrêtant d'emballer nos affaires pour le voyage.
_ Elle n'aime pas les électrons libres, répond-t-il d'une voix neutre. J'ai refusé le poste de commandant qu'elle m'a offert pour me tourner vers sa fille. C'est un affront qu'elle a mit longtemps à avaler, jusqu'à trouver Avery. Elle a fait un très bon remplaçant. Du moins de l'avis de Kali.
Mes yeux s'écarquillent soudain quand plusieurs éléments se mettent en place dans ma tête.
_ Avery est une taupe qui bosse pour le compte des fouines ? Je conclus, effarée.
_ En quelque sorte.
_ Comment Gabryel ne s'en est-elle pas aperçue ? Je croyais qu'elle était au courant de tout.
Noam prend alors place sur le bord du lit et je viens le rejoindre calmement. Pendant un long moment, il ne dit plus rien.
_ Kali est plus proche de prendre le pouvoir que Myrah ne le sera jamais. Si Gabryel est une femme juste, une bonne dirigeante, elle n'en est pas moins aveuglée par le pouvoir qu'elle garde jalousement depuis trop longtemps. Avery a entendu dire qu'elle collabore avec la pyramide pour obtenir des privilèges, notamment l'électricité.
Instinctivement, je lève le nez vers le plafonnier qui éclaire la chambre richement décorée. Ceci explique cela.
_ Qu'elle est la contrepartie pour un tel marché ? J'interroge en craignant le pire quant à sa réponse.
_ On en sait rien.
Alors qu'il met un point final à notre conversation, ma meilleure amie entre dans la chambre, un sac rempli de provisions à la main, venant ainsi compléter le reste de notre paquetage. Nous sommes parés, prêts à sortir de la Tour Eiffel comme Noam y est entré. Cette idée ne m'est d'ailleurs pas spécialement réjouissante, mais nous n'avons pas le choix.
_ Allons récupérer Kali et Nyco, je déclare en accrochant les lanières de mon sac à dos autour de mon torse.
Nous sortons discrètement de la pièce, veillant à ne pas attirer l'attention. En longeant la grande salle, nous ne croisons personne. Le combat n'est que dans quelques heures, et tout le monde est massé auprès de Gabryel, avide d'un procès que je suis décidée à tuer dans l'œuf. Après avoir dépassé le couloir desservit par l'ascenseur, nous empruntons l'escalier afin de monter à l'étage supérieur, là où sont confinés nos amis ainsi que Goliath et les autres Fantômes.
Alors que nous arrivons en haut, je m'arrête un instant pour regarder en bas : c'est plus haut que je ne le croyais. Moi qui pensais ne pas avoir le vertige, je constate que je n'en suis finalement pas exempt. Je retiens un haut-le coeur.
_ Swan ! Appelle Avery à voix basse. Dépêche toi nous n'avons plus beaucoup de temps.
Je termine de grimper les marches quatre à quatre pour apercevoir une rangée de cellules plus ou moins sécurisées. Un garde de Gabryel se trouve devant celle qui retient Kali. C'est maintenant que ma meilleure amie entre en jeu : elle avance d'une démarche assurée et se plante devant lui en jouant avec sa chevelure de feu tandis que Noam et moi nous retranchons dans une minuscule alcôve attenante.
Mon dos est collé à son torse. Je le sens se soulever, poussé par l'impulsion saccadée de sa respiration. Je peux presque percevoir les battements maîtrisés de son coeur. Je braque mes yeux sur Avery et sa future victime en tentant d'oublier cette proximité inquiétante avec le tueur en série.
_ Gabryel veut discuter avec sa fille, commence Avery avec un large sourire. Il faut que tu ouvres la porte.
Le garde fronce les sourcils, visiblement dubitatif. J'ai la désagréable sensation que la manière douce ne fera pas l'affaire. Je pose donc ma main sur mon pistolet, m'apprêtant a bondir au moindre geste suspect, mais Noam m'en empêche en agrippant fortement ma taille. Je me raidis à son contact, sentant la douleur due à ma blessure par balle se raviver. Pourtant, je ne bouge pas et obéis à son ordre silencieux. Je dois me tenir tranquille pour ne pas faire tout capoter.
_ Moi on m'a dit de ne surtout pas laisser la prisonnière sortir avant l'aube. La chef a été très claire à ce sujet. Je sais comment se passent les procès par combat.
_ Oui mais la tu sais bien aussi que c'est un cas particulier, poursuit la criminelle en aguichant un peu plus son interlocuteur. Kali n'est pas n'importe qui. Tu ne voudrais pas obliger Gabryel à monter elle-même ici. Elle serait furieuse, tu le sais bien.
_ M'en fiche. Si elle veut que j'obéisse a un nouvel ordre, elle a qu'à me le dire. Je vais pas laisser partir sa fille, même si c'est sa commandante qui le demande.
Manqué ! Je peste dans ma tête. Il est désormais clair qu'il ne coopérera pas. Je veux accourir pour aider mon amie, mais la main de Noam est toujours fermement accrochée à moi, m'empêchant de bouger d'un pouce.
_ Tu l'auras voulu, grogne Avery.
Avec des gestes aussi rapides que l'éclair, elle balance son poing sur le nez du Terrien, saisit son fusil et le lui retire avant de l'achever d'un coup de genoux dans le ventre. Plié en deux par la douleur, le garçon ouvre la bouche pour appeler à l'aide quand une flèche tranquillisante se fiche dans son cou. Je me retourne pour voir le bras tendu de Noam.
_ Je croyais qu'on ne devait pas intervenir, je proteste en pinçant les lèvres.
Un sourire fugace passe sur les lèvres du tireur d'élite avant de s'effacer.
_ Non, j'ai dis que tu ne devais pas intervenir.
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Omega
Fiksi Ilmiah"Swan Espinay, vous avez été reconnue coupable de tous les chefs d'accusation portant contre vous." J'ai été piégée, accusée d'un crime que je n'ai pas commis et envoyée dans la prison la mieux gardée de l'univers : la Terre. Les truands les plus da...
