5 ans plus tôt
En fouillant dans les reliques apportées de la Terre par nos ancêtres, j'avais trouvé un vieux paquet de cigarettes. Il n'en fallait pas plus à Leho pour décider de toutes les fumer. Le goût était infect, la sensation du goudron dans les poumons atroce, et l'odeur me faisait pleurer à chaudes larmes. Tout ce que mon petit ami trouvait à faire quant à lui, c'était de rire à gorge déployée en me voyant littéralement m'étouffer.
_ Ce n'est pas drôle, je protestais en toussant à moitié. C'était franchement une connerie de faire ça. Il paraît que plein de gens sont morts à cause de ces machins...
_ Pas avec une seule clope, ricana Leho en me prenant la mienne pour tirer une bouffée. C'était très populaire pendant les Guerres. Il paraît que ça aidait les soldats à décompresser.
Je levai les yeux au ciel avant de reporter mon attention sur les autre caisson conservateurs que Leho entreposait dans son atelier. Du bout des doigts, j'effleurai les vestiges d'un passé révolu. Puis, je m'arrêtai devant une vieille photographie d'un soldat français dépêché aux Etats-Unis pour tenter de ramener un semblant d'ordre durant leur guerre civile de 2078. Le tout début de la déchéance de la super puissance.
_ C'est mon ancêtre, expliqua Leho en expirant un nuage de fumée. Charles Boisson. Il est mort quelques jours après qu'on ai prit cette photo. Sa femme était déjà enceinte de mon arrière, arrière grand-mère. Hortense Boisson, épouse Aybram.
J'hochai doucement la tête sans toutefois lever les yeux du cadre qui rendait immortel quelqu'un mort trop tôt. Il avait l'air heureux, une cigarette à la main, le casque légèrement penché et le début d'une mitraillette dans l'autre. Je n'étais pas certaine que ce Charles ai été un parfait petit ange avec les insurgés, mais il avait quand même donné sa vie pour un pays qui n'était pas le sien, rongé par son propre ego.
_ Pourquoi toutes ces recherches sur tes aïeuls ?
_ Pour une œuvre un peu spéciale, souffla-t-il avant de sauter de la caisse sur laquelle il était assis. Mais je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée de raconter tout ça à une future Conseillère du Congrès d'Eden.
Je lui répondis par un regard assassin avant d'ajouter :
_ Je ne serais pas une politicienne. Ce n'est pas leur foutu Test à la noix qui changera quoi que ce soit à ce que je veux être.
_ Et qu'est-ce que tu veux être ? Interrogea Leho avec un sourire espiègle.
Je l'imitai avant de venir enrouler mes bras autour de son torse et de déposer un rapide baiser sur ses lèvres.
_ Je veux être avec toi. Pour le reste on verra.
Il me serra un peu plus fort et je me blottis contre lui, profitant de chaque instant passé en sa compagnie. Mon père, Raven, et même Jay désapprouvaient cette relation. Leurs remontrances et leurs interdictions quant à revoir Leho n'avaient fait que me pousser d'avantage vers lui. Une réaction certes puérile mais que je ne pouvais absolument pas contrôler.
La porte s'ouvrit alors soudainement, laissant apparaître une jeune femme aux cheveux auburn et au visage allongé couvert de tâches de rousseur. Elle braqua ses yeux verts sur nous avant de venir s'assoir juste à côté. Comme d'habitude, elle était sans gêne.
_ Salut Avery, je grommelai dans ma barbe avant de m'écarter de Leho.
Ce dernier alla enlacer son amie, avant de commencer presque aussitôt à rire avec elle a des plaisanteries que je ne comprenais pas. J'étais d'ailleurs certaine qu'Avery prenait un malin plaisir à l'exclure chaque fois qu'elle le pouvais. Elle ne m'aimais pas et seul Leho était trop aveugle pour s'en rendre compte.
_ Tu es prêt pour notre expédition ? Demanda l'intruse sans même faire mine que j'existai.
_ Il ne me manque plus que mon sac, répondit Leho sur un ton enjoué. Il est dans ma chambre, je vais le chercher.
_ Quelle expédition ? Je demandai d'une voix suraiguë, furieuse d'être complètement ignorée maintenant qu'Avery était arrivée.
Mon petit ami s'approcha alors lentement, l'air contrit.
_ Je lui avais promis qu'on se ferais une journée tous les deux, dit-il. Ça fait un bail qu'on a pas fait ça, on reporte notre programme ?
Comme si j'avais le choix. Mais je gardai mes réflexions pour moi même en le regardant filer par l'escalier en métal de son atelier. Une fois partit, je me retournai vers Avery, dont le visage affichait un air triomphal.
_ Avoue que ça t'amuse de me laisser de côté. Qu'est-ce que je t'ai fais pour que tu me détestes a ce point ?
Elle haussa les épaules avant de jouer distraitement avec son bracelet rouge d'artiste. Quelle punaise, je remarquai pour moi-même en croisant les bras, elle le fait exprès pour que je sois encore plus mise à l'écart.
_ Tu n'es pas comme nous, rétorqua-t-elle en redressant fièrement le menton. Tu es l'une des leurs. Ceux qui nous persécutent et nous entravent avec des muselières. Je ne sais pas à quoi tu joues avec Leho, mais tu devrais arrêter vite fait...
_ Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi.
Elle laissa un sourire flotter sur ses lèvres charnues. En plus d'être une peste, Avery était l'une des plus belle fille qu'il m'ai été donné lieu de rencontrer. Une raison de plus pour la haïr.
_ Oh je t'en prie Swan, souffla la jeune femme en s'allongeant nonchalamment sur une des caisses. Tu n'en as rien à faire de Leho, tu ne fais que t'amuser avec lui. Il n'est qu'un outil pour faire enrager Papa Espinay. Et ça durera le temps que ça durera, soit jusqu'à ce que tu sois lassée de son côté rebelle et rêveur. Tu lui briseras le coeur avant de retourner dans ton château de conte de fée.
J'avais les yeux embués de larmes et je devais me mordre l'intérieur des joues pour ne pas pleurer. Avery était si désagréable, si crue, sans coeur même ! Elle me jugeait sans me connaître, avait décidé de me rejeter avant même de m'accepter.
_ Au lieu de jouer à la petite fille égoïste qui fait son caprice pour avoir ce qu'elle n'a pas le droit d'avoir, termina-t-elle a voix basse alors que Leho réapparaissait, demande toi quelles seront les conséquences pour ceux que tu auras décidé de blesser...
Sur ces mots, elle laissa tomber son masque sévère et afficha une mine réjouie devant son meilleur ami. Je tentai de l'imiter tant bien que mal, mais j'avais la gorge trop nouée. Je ne savais pas si cela était dû à ses paroles blessantes, ou si simplement elle était parvenue à toucher du bout des doigts une horrible vérité.
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Omega
Science Fiction"Swan Espinay, vous avez été reconnue coupable de tous les chefs d'accusation portant contre vous." J'ai été piégée, accusée d'un crime que je n'ai pas commis et envoyée dans la prison la mieux gardée de l'univers : la Terre. Les truands les plus da...
