À son coeur défendant

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C'est à regret que je quitte la maison aujourd'hui. Depuis deux semaines plus rien ne va chez moi. Pourtant elle n'a pas l'air de s'en rendre compte enfermer dans sa bulle comme à l'aurore de notre rencontre. J'ai fait tout ce qu'un ami ferait. Attendre, être à l'écoute et chercher à comprendre. Pour une raison que je ne comprends pas, elle ne veut pas se confier prétextant que tout va bien. J'en suis venu à penser à une querelle de femmes puisque je ne l'entends plus parler de son amie. Pour le peu qu'elle me dit en tout cas, elle ne mentionne plus son nom. Ma seule option serait de poser directement la question à Joyce.

Après un an j'ai réussi à obtenir un congé d'un mois. J'espérais lui faire la surprise. Passer quelques semaines en Espagne était mon cadeau, pour la remercier d'être aussi tolérante et compréhensive. Hélas j'ai peur que ce ne soit le bon moment.
J'ai passé la journée à chercher ce qui pourrait autant l'affecter pour qu'elle néglige notre couple.
Quand elle m'a parlé de sa séance photos, je n'étais pas d'accord, mais je me suis gardé de l'exprimer attendant de voir ce que ça donnera. Je suis certes une personne ouverte d'esprit mais je n'accepterai pas non plus de voir la femme de ma vie exposer son corps au monde entier.

De retour du bureau j'ai décidé de faire un petit détour. J'essayais de parker ma voiture sur le côté de la voie devant l'agence où travaille Joyce quand mon portable sonna. Je vis le numéro de ma petite jade afficher sur l'écran.

C'est la première fois en deux semaines qu'elle m'appelle. Autrefois je pouvais espérer un message ou un coup de fil dans la journée. Il lui arrivait de me rejoindre au restaurant pour le déjeuner. Tout ces moments passés ensemble me manque. J'ai le blues, et je désespère. Le temps de me garer pour répondre elle a coupé. J'hésite un instant entre retrouver Joyce pour la pêche aux infos et continuer mon chemin. Le téléphone sonne à nouveau et je décroche sans attendre.
J'entendis une voix inconnue demander si je suis le mari de Ishane.

Je lui répond par l'affirmatif, et la suite de la conversation m'a retourné le ventre.
Je ne parvenais plus à réfléchir tellement, j'étais dans tous mes états, ne sachant plus par quel miracle je me suis retrouvé à l'accueil dans ce hall d'hôpital. Je me dirigeai vers la réceptionniste pour savoir dans quelle chambre se trouve Ishane.
Je retrouvai la chambre après avoir serpenté les interminables couloirs de l'hôpital.

Je l'observe allongée sur le lit sous perfusion, et ne peux m'empêcher de m'en vouloir. J'aurais dû insister pour la conduire à l'hôpital quand j'ai constaté son manque d'appétit. Mais la tête de mule que je me suis trouvé pour femme ne voulais rien entendre.

Je m'assis sur le lit près d'elle et caressai tendrement le dos de sa main.
Elle émerge de sa léthargie battant les cils pour mieux se réveiller.

- Ciao tesoro

Je souris en me moquant de son accent et posai un baiser sur son front. Elle s'améliore de jour en jour.

- Que s'est-il passé ana?

Elle se mordille les lèvres.

Je...j'étais au supermarché pour acheter les fruits, à un moment j'étais essoufflée, une dame m'a donné sa bouteille d'eau... Et voilà je me suis réveillée ici.
Et toi comment tu m'as su?

- Hum! Je rentrais quand l'infirmière m'a appelé.
Il paraît qu'elle a trouvé sur la liste de tes derniers appels un certain tesoro.

Mon sourire moqueur réapparaît. Elle pinça ma main et je fis mine de bouder.

Une femme blonde, les cheveux plaqué sur sa nuque, entre dans la chambre. Sûrement le docteur vu la couleur blanche de sa blouse.

bonjour monsieur je suis le docteur qui s'occupe de votre amie. Je m'appelle Antonia m'expliqua t-elle en Italien me tendant la main.

Je réponds hochant la tête et lui pris la main.

- Enchanté docteur. Illan Foster, je suis son fiancé.
Qu'est ce qu'elle a docteur?

La doctoresse sourit en observant sa note.

- Baisse de tension... Fatigue... Manque d'appétit. Elle n'a rien de grave.

Je répète les symptômes dans ma mémoire, me rendant compte du diagnostic de la jeune femme. Je souris comme un parfait idiot et sans la laisser conclure, j'embrasse Ishane cette fois-ci sur les lèvres et lui dis merci.

Elle m'observe tendrement sans rien dire, puis se tourna vers le docteur.

- Comment ça se fait docteur, en êtes vous sûre?

Je n'aime pas quand elle m'empêche de lire dans ses pensées, et actuellement c'est tout ce dont j'ai besoin. Je sers sa main pour attirer son attention. Elle comprends ma réaction et se tourne de nouveau vers le docteur.

- Euh... Je ne doute pas de votre diagnostic, mais je le demande parce... Enfin j'ai mes menstrues il y a cinq jours docteur.

Est-il possible qu'ils aient fait un mauvais diagnostic, je suis déjà emballé à l'idée d'être père.
Heureusement Antonia nous expliqua qu'il arrive que certaines femmes aient leurs menstrues les premier mois. Et qu'il ne dure pas contrairement aux autres mois précédents. Elle me confia l'ordonnance et prit congés en nous félicitant.
Les yeux de ma tendre chérie n'exprimaient ni joie ni peine contrairement aux miens qui étincelaient de fierté.

- Ishane!

- hum?

J'inspire pour calmer ma colère qui remonte peu à peu à la surface..

- Tu m'auras tout fait ces derniers jours tu sais? C'est tout ce que tu as à dire?
La nouvelle de ta grossesse ne semble pas t'émouvoir.

Je monte la voix n'en pouvant plus.

- Fais tout au moins semblant d'être heureuse nom de Dieu!

J'ai aussi mes limites, et son mutisme ne m'aide vraiment pas. J'aimerais qu'elle se confie. Si je n'avais pas cette confiance aveugle en elle, je dirai qu'il y un autre.

- Je vais à la pharmacie, tu veux que j'appelle Joyce pour te...

- Reste avec moi.

Sa demande ne pouvait tomber mieux. Une larme solitaire s'écrase sur ma joue. Je reste un moment au seuil de la porte le dos tourné pour qu'elle ne me voit pas pleurer. Malheureusement mes larmes ne cessent de couler. Mes nerfs devraient m'abandonner à un moment, mais ce n'était pas le bon.

- Ian stp

J' inspire profondément, reviens sur mes pas, après avoir séché mes joues.
Je me cale au dossier du lit et la prends dans mes bras. Et c'est à son tour de fondre en larme.
Je l'a laisse pleurer espérant qu'elle se décide à me parler après.

Je t'aime Ian.

Je ressers mon étreinte et lui demande si elle aimerait se confier.
Elle me promets qu'on en parlera à la maison.

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