Le chaos

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Couché dans sa cellule, emmitouflé bien au chaud dans sa camisole, J réfléchissait

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Couché dans sa cellule, emmitouflé bien au chaud dans sa camisole, J réfléchissait. A ses côtés, délicatement posé sur l'oreiller, le ruban rouge qu'il chérissait depuis une éternité, lui-semblait-il, ne lui apportait aucune réponse. Même pas le début d'un commencement d'idée. Il y avait un parfum de chaos dans l'air. Ça sentait le débordement explosif à plein nez. Un joker sait reconnaître ce genre de fragrance, quand elle passe à sa portée.

Il jubilait. La petite avait réussi son coup. Harley était parvenue à instaurer un climat de terreur en un rien de temps, sans que Baty et toute sa clique de mines sinistres n'aient réussi à lui mettre le grappin dessus. C'est qu'elle était bougrement maligne la petite Harley Quinn ! Et cela mit du baume au cœur du clown. Enfin une femme qui comprenait son humour ! Songea-t-il dans un soupir satisfait. Elle allait venir, il en était certain, c'était imminent. Elle avait besoin de lui et elle lui manquait. Elle n'allait plus tarder maintenant. Et, dès qu'ils seraient dehors, il s'en payerait une bonne tranche ! C'est Baty qui allait s'en arracher les cornes !

Il rit rien qu'à l'idée. Imaginer Baty-Mad-Bad en train de faire une dépression nerveuse, arrachant son « noir » de travail pour rendre son tablier, était en soi une idée réjouissante. J lui avait pourtant dit de lever le pied ! Il passa sa journée, un sourire béat accroché à ses cicatrices, qui donna la chair de poule à ce bon vieux Lyle qui en oublia même de lui décocher son habituel salut amical. Un tel manque de délicatesse le chiffonna. Mais J l'oublia bien vite. L'air putride sa cellule, charria jusqu'à lui un parfum acidulée que J reconnut instantanément. Il l'aurait reconnu entre mille. Elle était là.

Elle était dans les arcanes d'Arkham. Semant autour d'elle un vent de folie douce. Il éclata d'un rire impatient dans sa cellule. Un rire de triomphe. Oh Harley que prépares-tu ? Se demanda-t-il surexcité comme un enfant devant ses cadeaux de noël. Il leva la tête et regarda autour de lui avec un sourire amusé. Il pouvait sentir sa présence tout autour de lui et un frisson extatique le secoua. Harley, sa douce Harley, allait donner dans le spectaculaire il en était certain. Mais pour cela il fallait qu'elle soit prudente, qu'elle attende le moment propice.

Il n'avait pas tort. Au beau milieu de la nuit, alors que tout autour de lui était plongé dans un silence de mort, un grondement sourd se fit entendre qui le fit bondir sur ses pieds. Le spectacle venait de commencer. Le Joker déchira le silence de son rire incongru, savourant sans la voir, la panique des étages supérieurs.

« - Attention ça va faire boum ! » lança-t-il d'une voix forte les yeux fixés au plafond.

Quelques minutes à peine après la première déflagration, il entendit les cris de ses joyeux camarades, qui résonnèrent come de lointains hourras auquel il ne pouvait répondre. Il se sentit frustré de ne pouvoir y assister, après tout il était un peu responsable de tout ce cirque... Et tandis qu'il contemplait intensément le plafond de sa « chambre », de violents coups firent gémir douloureusement la porte de sa cellule. Stupéfait, il vit le métal se gondoler sous la violence du choc et n'y tenant plus il lança à la cantonade :

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