Chapitre 24 : Une course effrénée

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Tremblante, je levai les mains. Le garçon et moi étions encerclés. Nous n'avions aucune chance : les pistolets des gardes étaient tous pointés vers nous.

Une sueur froide dégoulina tout le long de mon dos. Alors c'était ainsi que j'allais mourir ?

Je fermai les yeux. Courage, Cille. Bientôt, cette peur qui me tordait le ventre disparaîtrait.

Alors que je m'apprêtais à essayer de me détendre et de me laisser aller, le garçon aux yeux bleu nuit m'agrippa le bras et me chuchota à l'oreille :  « Ici. Entre les deux gardes, il y a une légère ouverture. Mets-toi à courir aussi vite que tu le peux dès que je lâcherai ton bras. Baisse-toi pour éviter les balles. Je te rejoindrai.  ».

Mon regard se dirigea vers cette ouverture. Effectivement, il y avait un petit passage. Mon cœur commença à battre à toutes vitesses et je me mis en position.
Soudain, je sentis le contact de la main du garçon contre mon bras se défaire.

Maintenant !

Je fonçai entre les deux gardes, les bousculai et m'enfuyai dans les nombreux couloirs. Je sentis les gardes courir vers moi en criant des ordres que je ne préfèrai pas écouter, trop concentrée sur ma course.
Ma Rapidité ne m'avait jamais été aussi utile !

Soudain, je repérai une porte, fermée. La sortie ? Je me précipitai vers elle et tentai de l'ouvrir. Les gardes approchaient, je sentais leurs pas arriver.
Je secouai la poignée, en vain. Faire demi tour n'était à présent plus une option, il était trop tard pour ça...

Je vis alors avec horreur les gardes s'approcher vers moi.

Aussitôt, je pris de l'élan avant d'enfoncer la porte. Elle s'ouvrit et je tombai à la renverse avant de me relever aussitôt.

Dehors ! J'étais à présent dehors !

  « Ne t'arrête surtout pas ! Cours ! ». La voix du garçon ! Il avait aussi réussi à s'enfuir ! Il arriva tout près de moi et me poussa à m'enfuir avec lui.

Le danger était loin d'être écarté : les gardes passaient, un à un, par la porte que j'avais enfoncé. Cela signifiait que nous gagnions un peu de temps...

« Dans la forêt, vite ! », cria le garçon. Aussitôt, je le suivis et nous courâmes en direction du bois qui se trouvait devant nous.

Mais j'étais exténuée, le combat que j'avais mené contre les gardes m'avait épuisé, tant et si bien que je finissais petit à petit par ralentir ma course, risquant à chaque fois un peu plus ma vie.

Soudain, j'entendis un bruit de détonation et une douleur fulgurante traversa mon épaule. Je m' écroulai par terre en hurlant. C'était trop pour moi, beaucoup trop, j'avais tellement mal...

Mon sauveur réalisa que je ne pouvais plus courir et cessa sa course lui aussi.  « Tu ne peux pas t'arrêter, cria-t-il, les gardes vont arriver d'ici quelques secondes ! ».
- J'ai été touché à l'épaule...
- On soignera ça après. Relève-toi et cours !
Il fallut que je choisisse ce moment pour éclater en larmes à cause de la douleur, de la peur, de l'épuisement...
Mon sauveur s'immobilisa et je pus voir dans son visage un profond embarras.
- Je... je peux pas, articulai-je dans mes sanglots, c'est trop pour moi, je suis désolée, mais je ne peux plus continuer, je suis dé... désolée...
- Montre-moi ta blessure.
J'hochai la tête et je remontai la manche de ma chemisette en hoquetant.
Je me mordis la langue pour ne pas crier quand je vis tout ce sang, avec un trou au milieu. Cela piquait de plus en plus...
Les traits crispés du visage du garçon en découvrant ma blessure ne me rassurèrent pas, bien au contraire...
Au bout de quelques secondes, il lâcha :
- Monte sur mon dos.
- Mais je vais te ralentir, tu n'auras jamais le temps de...
- Fais-moi confiance, Cille.
Faire confiance ? Après tout ce que l'on m'avait fait ? J'eus un rire nerveux.

Cependant, la sincérité qui se logeait dans les yeux bleu nuit de mon sauveur suffit à me convaincre de monter. Après tout, avais-je vraiment le choix ? Les Autorités approchaient de plus en plus de nous.

Le garçon se baissa et aussitôt je grimpai sur son dos, étouffant un juron à cause de la douleur de ma blessure à l'épaule. Mon sauveur se mit à courir. Ses mains étaient posées sur mes hanches pour me retenir, et il fallait avouer que ce contact me faisait un peu tourner la tête.

Je remarquai la transpiration qui perlait sur le front du garçon, et je tentai de me mettre dans la position la plus confortable pour lui.

Nous arrivâmes enfin à la forêt. Épuisé, le garçon se cacha dans un buisson déposa délicatement par terre, de sorte à ce que je sois cachée par l'arbre.
Je fermai les yeux.

Au bout de quelques instants, la voix du garçon perça le silence :  « On les a semés ! Je les ai vu prendre une autre direction.  ».

Un immense soulagement m'envahit. Enfin en sécurité !
- Tu veux faire une pause ? me demanda le garçon.
- Oui.
Je cherchai des feuilles pour recouvrir ma blessure avec. J'avais entendu dire que les feuilles avaient des vertues assez positives sur les plaies. Quand mon sauveur réalisa ce que j'étais en train de faire, il s'exclama :
- Non, ne fais pas ça ! On te soignera comme il faut à la base, ne t'inquiète pas.
Je le dévisageai. Une base ? Dans quelle histoire voulait-il m'emmener ?
- Tu fais parti d'une base ? demandai-je, méfiante.
- Ce n'est pas à moi de t'expliquer ça... Je suis désolé, mais il faut que tu me suives sans poser de questions.
Je soupirai. Pourquoi ne me donnait-on jamais de réponses ? J'étais en droit de connaître la vérité, non ?
- Dis-moi au moins qui tu es, murmurai-je.
Le garçon se tut. Je n'entendais que le murmure du vent dans mes cheveux blonds.  Mon sauveur plongea alors  ses yeux bleu nuit dans les miens :
- Je m'appelle Antoine. Je suis le grand frère de Margaux.

Les InsoumisOù les histoires vivent. Découvrez maintenant