Chapitre 12 : La rechute.
Lorsque je rentrai chez moi une demi-heure plus tard, l'heure du déjeuner avait déjà sonnée. Il ne fallait jamais être en retard pour le déjeuner, mais là, c'était raté. Je me dirigeai à grands pas vers la salle à manger, tout en me préparant psychologiquement à la tornade de réprimandes que j'allais me prendre. Je croisai les domestiques amenant les plats, tous me lançaient des regards inquiets.
Lorsqu'enfin, j'arrivai dans la magnifique pièce décorée de tableaux et de gravures, mes parents me lancèrent des regards froids.
« -Je m'excuse pour le retard, je n'ai pas vu l'heure passer...
- Tu t'excuses ? Me répondit mon père, Voilà une première dans la journée... Pourtant, tu pourrais t'excuser, comme tu dis, pour bien d'autres choses...
Il se leva de sa chaise, abandonnant son assiette et ses couverts sur la nappe blanche. À pas lents, il s'avança vers moi.
Clac !
Je ne vis même pas partir la gifle.
Elle était tellement puissante que le son résonna dans la salle. Ma joue cuisait et des larmes de douleur me montaient aux yeux. Mes parents n'avaient jamais levé la main sur moi auparavant. Je songeais une seconde à répliquer, mais à quoi bon ? Je ne pouvais pas partir de cette maison, je n'avais nulle part d'autre où aller, et si je me fâchais avec mes parents... même le reste de la famille ne voudrait plus de moi, par honte de ma personne et par peur de les provoquer. Alors, muette, les yeux écarquillés par la surprise, je regardai mon père se rasseoir tranquillement.
- Ne manquez plus jamais de respect envers votre mère ou moi, ne sortez plus sans que nous vous y autorisions et ne nous causez plus d'ennui, c'est là tout ce que nous vous demandons. Vous voulez un franc-parler ? À cause de vous, nous sommes déshonorés. Comment voulez-vous que nous expliquions aux gens que, par votre faiblesse physique, vous ne pouvez plus vous tenir aux côtés de l'empereur ? Normalement ce sont les pauvres qui attrapent ce genre de maladies... et vous... cela me rebute de penser que ma fille va mourir de manière aussi indigne. Nous ne pourrons même pas tenir le cercueil ouvert lors des funérailles, quel affront...
- Comment ?! m'écriais-je
Je n'en croyais pas mes oreilles, il tenait si peu à moi, le sang de son sang, sa fille ! Il aurait préféré que je ne sois jamais venue au monde, que de subir un affront face à la cour... c'était répugnant.
- Cissia n'est pas une maladie pour les pauvres ! Repris-je, Tout le monde peu l'avoir, certains enfants nobles l'ont eu ! Et ce n'est pas un affront de dire que votre fille est malade ! Les gens sont compréhensifs, vous savez... au contraire, ils pourraient vous prendre en pitié et vous faire des cadeaux !
Cette fois, c'est ma mère qui prit la parole.
- Ces enfants-là étaient des faibles, pas comme nous, les Delkov. Regardez vos cousins, votre oncle, vos grands parents. Nous sommes des battants. Cela fait bien des générations que nous disposons de pouvoir au sein de la cour impériale. Les gens nous respectent car ils savent qu'ils doivent nous craindre si nous devenons leurs ennemis. Alors de la pitié ? Nous n'en voulons pas. Ce n'est pas cette image faiblarde que nous voulons renvoyer, mais une image de force, de puissance, ainsi que l'ont fait nos ancêtres ! Nous avons intrigué, fait des coups bas, nous nous sommes battus parfois, que ce soit en duel ou avec de simples joutes verbales et nous avons creusé nous-même la place que nous avons aujourd'hui dans la noblesse. Et vous... vous êtes un échec pour notre famille. Une honte. Le maillon faible de cette chaîne solide. Même votre frère, bien qu'ayant des idées... incongrues parfois, s'est fait une place dans ce monde de vipères. Vous aviez bien commencé pourtant... mais la chute est terrible. Il aurait mieux valu pour vous de ne pas montez si haut plutôt que de montrer cette déchéance. Et encore, heureusement qu'on ne peut pas vous retirer votre titre.
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Effet domino
FantasyMarlie est née avec un pouvoir, celui de la glace. Elle fait partie des détenteurs, de rares personnes qui, comme elle, sont différents. Très jeune, elle obtient une position de rêve dans sa société aristocratique, grâce à l'impératrice qui la prend...