Les voyages interminables à l'hôpital, Samantha « Sam » Collins connaît ça sur le bout des doigts. À la suite d'une greffe, elle voit sa vie bouleversée. Entre convalescence, traitements et rééducations, elle se retrouve à suivre les recommandations...
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Assise en tailleur sur le lit d'Allen, je patiente en examinant du regard chaque recoin de la chambre. L'odeur amère de nicotine s'infiltre par la porte-fenêtre entrouverte. En tournant la tête en direction du balcon, je vois qu'Allen fume, les deux coudes posés sur la rambarde, de chaque côté de son corps. Son lourd regard est posé sur moi. Ses sourcils se froncent quand le mien rencontre le sien.
Une fois sa cigarette terminée, il pénètre dans la chambre en silence. Il s'installe sur le lit en posant son dos contre la tête de lit en bois brut et allonge ses longues jambes devant lui.
Depuis que je suis entré dans sa chambre, aucun de nous n'a prononcé un mot.
Ses doigts entremêlés entre eux sont posés sur son torse et son regard est toujours posé sur moi lorsque sa voix grave vient briser le silence de la pièce :
— Qu'est-ce que tu viens faire là, Samantha?
Je hausse les épaules en pinçant mes lèvres l'une contre l'autre.
— Je ne sais pas.
Un de ces sourcils se arque alors je décide de poursuivre avant qu'il n'est le temps de rétorquer quoi que ce soit :
— Je me sentais pas bien dans ma chambre. J'entendais des... Enfin bref. Je suis sortis, j'ai vu de la lumière sous ta porte, j'ai frappé, tu as ouvert et maintenant, nous voilà.
— T'entendais quoi?
C'est tout ce qu'il a retenu, je vois qu'il m'écoute attentivement. Bien.
— Rien, ce n'est pas important.
Comme pour masquer mon anxiété, je joue avec le bord de la manche de mon gilet en laine. Est-ce que je dois lui parler de ce qu'il s'est passé tout à l'heure? Ou plutôt, de ce qui a failli se passer tout à l'heure? J'ai une centaine de questions qui se bousculent dans ma tête et je dois prendre sur moi pour ne pas lui sauter à la gorge et toutes les lui poser.
— T'as l'air tendu, Samantha.
Ma tête se relève brusquement vers lui. Je rentre mon menton pour mimer un air surpris.
— Non, pas du tout.
Il fronce les sourcils en secouant la tête, un sourire au coin des lèvres.
Il faut vraiment qu'il arrête de sourire de cette façon.
Un nouveau silence s'installe dans la pièce. Mais contrairement au premier, celui-ci est beaucoup plus pesant et gênant à la fois. Notre regard respectif continue de scruter l'autre.
— On va mettre un film. On va rester là à se regarder dans le blanc des yeux comme des cons, dit-il en se redressant.
Je hoche la tête pour montrer que je suis du même avis que lui.