Ce jour fut le pire de ma vie. Le mec qui conduisait la fourgonnette (la cinquantaine) dans laquelle nous étions montés avait mit la sirène comme si une urgence terrible était en cours et il avait grillé environ 3 feux et était même passé par dessus une voie de tramway tout ça pour arriver au plus vite au poste juste parce que ce connard aimait la vitesse. J'étais entouré de tous les côtés, la femme à ma droite, deux gars devant et un à ma gauche.
Au moment où j'écris ceci, je me dis que putain cette histoire n'avait aucun sens, je n'avais rien fait de mal et je n'avais aucune raison d'être embarquée de cette manière. J'avais payé mon billet et le mec avait même trouvé ça fou sachant que la plupart ne l'auraient pas fait d'après lui. Aujourd'hui, je ne sais même pas expliquer pourquoi je n'ai pas protesté.
J'ai toujours détesté les gens qui empêchaient les autres de faire leur travail et c'était leur travail mais putain que cette journée avait été horrible et que ces personnes n'en avaient en vrai, rien à foutre de mon bien. En lisant ceci, je veux que vous vous rappeliez que cette histoire est complètement vraie et si vous n'êtes pas majeur, s'il vous plaît ne prenez pas le risque de vous faire arrêter par la police en fuguant.
Arrivés au poste de police, on se retrouvait à 5 dans une foutue pièce avec environ 3 ordinateurs où ils me firent m'asseoir sur une chaise. Cette pièce n'avait pas de fenêtre et malgré le fait qu'elle fasse environ 25m2, je me sentais étouffer.
-Ils me posèrent pleins de questions. Me demandèrent si mes parents me faisaient du mal, et me dirent de sortir tous les objets dangereux que j'avais dans mon sac puisque la dernière fille qui était venue ici s'était ouvert les veines alors qu'ils ne faisaient plus attention. Mais attendez stop.
Déjà, comment à 4 ils avaient pu louper une meuf en train de se suicider à 5 mètres d'eux et comment ils pouvaient oser me dire ça à moi ??? Et ils trouvaient ça normal ?? Le mec m'avait dit ça sur un ton posé en plus, comme s'il avait déjà vu pire, mais pardon ?
J'avais donc sorti ma trousse de toilette pour leur donner puis ils m'avaient dit qu'ils allaient changer de tour avec leurs collègues puisque leur travail était fini ce jour là. Ils me dirent alors que la procédure était de me mettre dans une cellule jusqu'à ce que mes parents arrivent et comme à mon habitude ce jour là, je me dirigeais dans cette foutue cellule de 5m2 sans protester.
J'étais restée là 8h sans boire, sans manger et sans faire pipi (à savoir que j'ai un problème de vessie ce qui fait que je dois faire pipi toutes les 3h maximum mais que j'arrive à avoir envie de 15 en 15 minutes). Après 5h30 à rester enfermée dans 5 mètres carrés bien glauques avec plus ou moins du sang séché sur les murs, j'avais commencé à faire une grosse crise d'angoisse et après avoir crié pendant 5 minutes jusqu'à ce qu'un mec vienne me dire qu'il allait trouver quelqu'un pour me faire sortir prendre l'air, je ne revit plus jamais personne. Le premier truc que je fis quand mes parents arrivèrent fut d'aller faire pipi et j'eus peur en me voyant dans le miroir.
J'avais tellement envie de tous les traiter d'incapables et de porter plainte pour mise en danger d'autrui mais je demandais juste à mes parents dans la voiture si on allait voir Naëla.
Après qu'ils m'aient dit non et que j'ai fini par abandonner après 3 minutes d'argumentation, trop fatiguée et trop énervée en même temps, je ne dis plus rien jusqu'à rentrer chez ma grand mère.
En réalité je n'ai aucun souvenir d'être rentrée ce soir là, je me rappelle qu'on s'était arrêté sur une aire d'autoroute et que j'ai mangé un sandwich que mes parents avaient déjà mais je ne me rappelle que du lendemain où nous sommes allés manger chez le frère de ma mère. Je n'avais parlé que deux phrases ce jour là et l'ambiance était tendue mais j'étais pas encore prête à pardonner ce que mes parents avaient osé faire.
En janvier, après avoir réglé les derniers détails avec mes parents, n'ayant pas trop d'autre choix, j'intégrais des cours par correspondance pour pouvoir travailler seule de chez moi ne voulant plus jamais aller dans ce foutu lycée à la con.
Le 21 janvier, après avoir attendu ce qui nous semblait une éternité, je finissais enfin par voir Naëla. Suivant des cours par correspondance, je pouvais prendre des pauses quand je le voulais n'ayant pas spécialement de "vacances" et j'allais donc en France à cette période là. Je devais dormir chez Loick, mon ami d'enfance (dont la mère est ma marraine) et aller jusqu'en voiture avec mes parents à Clermont-Ferrand de Béziers.
Ce jour là fut à la fois le plus bizarre et le plus génial de ma vie. Le décalage entre comment on se parlait par messages ainsi qu'au téléphone et comment on agissait en vrai était vraiment en contraste mais j'aimais tellement être avec elle que la gêne passa assez rapidement. Au bout de quelques dizaines de minutes, après que nos parents aient parlés quelques minutes ensembles et qu'on soit allées dans sa chambre, on agissait déjà plus normalement.
Ayant un problème psychologique avec le fait d'embrasser quelqu'un depuis déjà un moment pour une raison qui ne me revenait pas, je l'avais fait attendre 24h alors que nous étions ensemble depuis 5 mois pour m'embrasser, et même avec ça, si elle ne l'avait pas fait en ayant marre d'attendre, elle ne m'aurait sûrement jamais embrassé du tout.
Ce moment restera à jamais gravé dans ma mémoire, elle m'avait attrapé juste après avoir mit ses chaussures (puisque nous allions manger au restaurant avec mes parents) par le col de mon haut après avoir dit un « et puis merde » et m'avait juste fait un petit bisou tout cute avant de me laisser mettre mes chaussures à mon tour. Nous nous étions après ça embrassé tranquillement et j'avais vraiment passé 24h de malade avec elle, mais le même jour, alors que je devais partir de chez elle à 16h, ça avait largement été le pire déchirement que j'avais vécu de toute ma vie.
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Alias "Oh Babe"
No FicciónVie d'une ado française expatriée au Portugal, cette histoire raconte les difficultés de la présence de la solitude, mais aussi des choix douteux de l'héroïne de l'histoire en terme de vie amoureuse et permet d'obtenir quelques conseils judicieux po...
