- Pourquoi t'ennuies-tu à discuter avec cette femme ? questionna Carline, perplexe, quand Irène les rejoignit dans la cour principale du lycée.
- Je pense, argumenta Angelina, qu'elle manque cruellement de confiance en soi. Même si son intelligence et son savoir surpassent sa timidité en classe, elle persiste à ne pas voir la brèche ouverte qu'elle offre aux mauvais élèves. Tant qu'elle ne se réaffirmera pas, ils continueront de lui mener la vie dure.
La noiraude ne rajouta rien, puisque la châtaine venait de résumer le situation. Ensembles, elles passèrent la journée, durant laquelle Irène tentait de ne plus se faire remarquer. Les professeurs se posaient énormément de questions à son sujet. D'où provenaient ses connaissances ? En sport, comment parvenait-elle à battre les records des meilleurs élèves, alors qu'elle assurait ne pas entretenir son corps musclé ? Ce qui était vrai, elle n'exerçait aucun sport, mais les entraînements de Protectrice et ses fuites répétées lui permettaient de remplacer les activités physiques et d'acquérir une correcte masse musculaire.
A dix-huit heures, elles quittèrent l'établissement et se rendirent chez la blonde. Moult fois, ses deux amies lui avaient demandé d'aller chez Irène, car elle habitait le moins loin du lycée. Cependant, elle ne pouvait décemment pas les faire entrer tandis qu'aucun meuble n'ornait son appartement. Là aussi, elles s'interrogeaient. Horline demeurait un mystère pour ceux qui la connaissaient de loin, comme de près.
- Accompagnez-moi à la soirée de Numa.
Carline ne demandait, elle clamait. Mais, c'était bien connu de toute la classe, Angelina n'appréciait pas tellement les fêtes. Du moins, pas celles où ils buvaient et se saoulaient, devenant ivres, et ne se rappelant de rien au lendemain. En revanche, elle affectionnait particulièrement les rassemblements entre amis autour d'une piscine, ou de bons jeux de société.
- Pas de soucis pour ma part ! déclara Irène.
Cette soirée sera l'occasion de mordre quelques jugulaires et se nourrir d'un sang si imbibé d'alcool que le poison de l'Ordre Blanc ne l'atteindrait pas. Angelina leur adressa une mine suppliante. Non, elle ne voulait pas du tout y participer. Surtout, parce qu'elle devra veiller sur Carline et lui éviter de commettre des erreurs qu'elle regrettera. D'habitude, Irène refusait les invitations, donc la châtaine ignorait si elle sera capable de gérer le fléau en quoi se transformait la blonde. Finalement, elle accepta, inquiète pour sa meilleure amie, et elles se préparèrent. Chacune avec plus ou mois de maquillage, et d'extravagance.
Plusieurs heures plus tard, Carline toquait gaiement à la porte de leur hôte. Cette fille détenait toutes les cartes pour incarner l'adolescente rebelle envers ses parents et populaire au lycée, sauf qu'une sale rumeur avait entaché son image en seconde et, depuis cette période, les autres élèves l'observaient de travers. S'en rendait-elle compte ? Sûrement, mais elle ne l'exprimait jamais.
A l'intérieur, la blonde se trouva immédiatement un groupe auquel se coller et elle joua au célèbre jeu du bière-pong, bien qu'il n'y ait peut-être pas que de la bière dans ces verres. Angelina roula des yeux et longea les murs, évitant au maximum les problèmes. Irène, quant-à-elle, se pensait au paradis pour vampire. Elle ne sentait plus qu'alcool dans le sang de tous. Ici, un festin l'attendait et elle n'aura plus à se nourrir pour une semaine au moins. En d'autres termes, elle rechargerait ses batteries au complet.
- Salut, mon cœur, susurra une voix rauque et chaude à son oreille.
Le propriétaire de ce ton suave décida, probablement dans un éclair de folie, de l'embrasser. D'abord, réticente, Irène mit les deux pieds dans son jeu, un but précis derrière la tête. Le gars la tira à l'étage, dans une chambre vide, mais où l'odeur de cigarette signifiait qu'un autre couple avait passé un bon moment. Il s'imaginait séducteur, surtout lorsqu'il la poussa sur le matelas et qu'il l'enjamba. La brune lui fit perdre son sourire enjôleur dès qu'elle planta ses canines dans sa chair. Il eut le réflexe de crier, mais tomba dans les pommes avant. Comme à l'accoutumée, elle l'attira au bord du trépas et sécréta son venin. Sa mémoire lavait, elle le laissa sur place, redescendant les escaliers et accueillant les autres victimes de son malicieux charme naturel.
- Entendez-vous bien ? beugla une personne, dont elle reconnaissait les aigus francs, un brin nasillards. Je vous dis que je ne veux pas de vous ! Répétez après moi : il ne faut pas toucher les femmes qui ne le souhaitent pas. C'est bon ? Ou n'ai-je point été suffisamment clair ?
Irène essaya de cacher son sourire. Angelina se défendait plutôt bien, mais elle tremblait et ne dégageait nul charisme. Le garçon, qui s'en prenait à elle, l'insulta dans sa barbe, froissé d'avoir été humilié de la sorte, mais il partit. Étonnamment, l'humaine monta d'elle-même au premier étage, en connaissant de cause. Personne ne devait aller là-haut, sauf avec son partenaire d'une nuit. Au risque d'être entraîné dans une chambre.
La vampire délaissa sa proie, qui se renfrogna, et suivit son amie. La mortelle semblait chercher quelque chose, ou quelqu'un, et elle titubait. L'avait-on faite boire ? Elle n'exigeait jamais d'alcool. Un type - peut-être le crétin qui l'attouchait - avait dû verser un produit dans son verre. Ouvrant toutes les portes, elle finit par dénicher la bonne et y pénétra sur le champ. Irène se dépêcha de s'approcher au moment où des cris résonnèrent.
Un adolescent bourré sur le corps complètement éméché de Carline et Angelina qui lui hurlait de dégager. Irène haussa un sourcil et soupira. Pathétiques. Ils avaient tous l'air pathétiques. Parfois, les humains la fascinaient. Ce soir démontrait l'exception à la règle.
- Mon pote, cracha-t-elle, appuyant sur l'interpellant, faisant se retournant les trois jeunes. Je te conseille vivement de partir. Parce que, maintenant, je suis gentille avec toi. Dans quelques secondes, je ne me contrôlerai possiblement plus.
- Et qu'est-ce qu'elle veut me faire, Miss Parfaite ? S'unir à cet Apollon que tu vois ?
Et voilà ! Elle soupira de nouveau. La lassitude gagnait ses traits et elle dévisageait impunément le garçon. Carline peinait à garder les yeux ouverts et Angelina luttait pour tenir debout. Pour résumer, elles ne se souviendraient pas de cette soirée. Cette pensée la fit sourire allégrement. Techniquement, il n'y avait pas de réel témoin dans la pièce. C'est pourquoi elle ferma la porte, sous la déglutition hasardeuse dudit Apollon.
A sa vitesse surhumaine, elle vint lui attraper une poignée de cheveux et le jeta en arrière. Le pauvre, n'étant pas préparé du tout à recevoir les foudres d'un vampire, s'écrasa lourdement au sol. Se redressant difficilement, il se heurta au poing d'acier de la noiraude, accusant le coup avec complication. Tout son torse le brûlait. Raide, il ne savait plus ni sa localisation, ni son nom. Irène profita de son état d'ébriété pour se nourrir. Sous les rires tonitruants de ses amies et leurs applaudissements. Elles ne comprenaient vraiment pas ce à quoi elles assistaient.
A moitié mort, Irène abandonna l'adolescent, saisit Carline par les épaules et agrippa la main d'Angelina. Elle les ramena chez elles, les déposant directement dans leur chambre, avec une note explicative et un cachet d'aspirine, pour que les parents n'en sachent rien.
- Les humains sont réellement des spécimens sordides, en conclut-elle.
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L'Insurrection [En correction/PAUSE !!]
ParanormalIrène de Lister fuit son peuple, ses ennemis et ses alliés. Prometteuse vampire et Protectrice, tombée sous le charme de Gabriel Hastings, puissant sorcier, elle avait tout pour devenir une immortelle extrêmement importante et influente ; mais elle...
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