Chapitre 17

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Mélissandre ne possédait pas réellement une forteresse. Mais, plusieurs. Sans chercher à se dissimuler, elle s'était installée dans un renforcement d'une montagne au Nouveau-Mexique, au sud-est d'Albuquerque, et elle patientait. Perdue dans le désert, son armée d'Immortels se tenait prête à accueillir ses opposants. Jamais, le Monde Obscur ne s'était ainsi allié, même pour l'Insurrection. Cinq siècles après ce funèbre soir, les créatures en avaient plus qu'assez. C'est pourquoi les partisans de la Trinité s'étaient déplacés massivement. Afin de terminer enfin la guerre. Mais, c'était sans compter les alliés d'Irène.

Ceux-ci débarquèrent par immenses portails ouverts par les sorciers que Démettra était parvenue à convaincre. Vampires de l'Assemblée du Nord et les trois quarts des loups du monde présents également. Malheureusement, les deux autres Assemblées se trouvaient dans l'autre camp. Énormément de personnes décidèrent également de seulement observer. En ce qui concernait l'Ordre Blanc, certains prenaient part à la bataille, mais la majorité ne bougeait pas le moindre doigt. Dès qu'ils mirent un pied sur les terres arides américaines, l'armée de Mélissandre se rua sur eux. Le combat débuta immédiatement.

- Nous ne dérogeons pas au stratagème d'origine ! s'exclama Aaron, tandis que tous nos protagonistes étaient restés à l'arrière pour un dernier briefing. Nous nous chargeons tous de percer une brèche dans les forces ennemies, d'attirer Gabriel Eston en dehors des montagnes et, Irène, vous vous faufilez et vous combattez la Trinité. Nous sommes parfaitement conscients des risques encourus. Alors ! ne vous retournez pas, Irène. Incarnez jusqu'au bout la Paix, la Guerre et la Désolation, et débarrassez-nous une bonne fois pour toute de cette mégère !

L'interpellée acquiesça, résignée, et chacun se mit en mouvement. Andreas, Keira, Aaron, Angelina et les vampires de l'Assemblée nordique se déployèrent sur la rive droite du combat et attaquèrent farouchement, brisant des nuques, lacérant et arrachant quelques têtes. Tandis que Stanislas, Rocklow, Démettra, sorciers et loups-garous prirent d'assaut la rive gauche. Les cabots se transformèrent immédiatement et ils tuèrent sans réfléchir, laissant ressortir leur féroce instinct. Les sorciers pulvérisaient les individus adverses par des champs de force, des flammes électriques, elles arrêtèrent les cœurs pour les plus puissantes et engendrèrent une souffrance insupportable dans leur esprit. De leur côté, l'armée de la Trinité se défendait bec et ongles et survivait aisément. Ils paraient les coups et répliquaient brutalement. Ce sera assurément un combat acharné.

- Bienvenue dans l'ère de la seconde Insurrection, souffla Irène, complètement décontenancée par cette barbarie qu'elle avait déjà connue auparavant.

Elle commença à s'approcher lentement. Irène ne devait surtout pas terminer au milieu de la bataille, ou elle y demeurerait bloquée. Elle ne devait aussi pas se fatiguer et économiser son énergie pour la confrontation avec Mélissandre. Donc, elle attendait qu'une ouverture se présente, même si elle gardait toujours un œil sur ses proches. Ces derniers avaient rejoint les devants, mais peinaient à se débattre.

- Touchez à ma compagne et je vous noierai directement en Enfer ! braillait toutes les cinq secondes Andreas.

Dès qu'un ennemi s'approchait trop d'Angelina, il bondissait à travers la foule et défendait la novice. Bien qu'elle détenait des qualités au combat dû à sa nature vampirique, elle ne savait pas comment rendre les coups, donc elle faiblissait en calculant sans arrêt ses frappes. De plus, elle ralentissait et ne voyait parfois pas les épées se pointaient vers elle. La châtaine finissait régulièrement au sol, puisqu'elle se baissait souvent pour éviter les armes, et elle se déséquilibrait. Néanmoins, ses ennemis notèrent rapidement l'attachement du blond envers elle et ils songèrent à les séparer.

C'est ainsi qu'Andreas ne combattit plus des lances, des boules de feu ou des crocs, mais était poussé abruptement. Chutant d'innombrables fois, il se relevait, désarçonné, et se faisait heurter violemment, ricochant contre la terre sèche. Il parcourut de la sorte quelques mètres et n'aperçut bientôt plus Angelina. Son cœur palpitait et la peur le gagnait. Il ne supporterait pas qu'elle trépasse. Mais, il dut vivement délaisser l'idée de la rejoindre, quand ses assaillants abondèrent.

- J'suis p'être un bébé, mais vous m'aurez pas !

S'écrier, folle de rage et dans un langage qu'elle n'utilisait jamais, aidait visiblement Angelina. Cela lui donnait un courage irremplaçable et elle se mouvait avec toujours plus d'ingéniosité et grâce. Friande de films fantastiques, et son père l'obligeant à visionner des films d'action, toutes les scènes de combat lui revinrent en mémoire et elle les répéta à l'identique. Apparemment, la chance du débutant était de son côté, puisqu'elle vivait encore.

- Retournerons-nous à Helsinki par la suite ? entendit-elle à quelques pas.

Keira bondit en face d'elle et se plaqua contre son dos, se battant en sa compagnie. L'ennemi créa un cercle autour des deux vampires, si bien qu'elles eurent du mal à bouger correctement, l'étau se refermant peu à peu. Le mari fi intrusion dans ce rond et trancha une poignée de gorges, pour libérer le passage. Angelina le remercia promptement, avant d'être accaparée par une brute.

- J'envisageais de changer de destination, pourtant ! rétorqua Aaron.

- Mais, tu regrettais tellement Helsinki. Tu adores cette ville, tu l'aimes plus que tout, même moi ! accusa l'épouse, froissée, et montrant sa colère en massacrant brièvement chaque opposant.

- Contrairement à ce que tu peux... croire ! cria-t-il, luttant vigoureusement contre un colosse imbattable. Je t'apprécie ! Dans les extrêmes ! Ma passion brûle l'entièreté de mon corps en ta présence. Disons simplement que mes sentiments se ressentent peu.

- Peu ?! s'insurgea la reine, débarrassant son mari de son adversaire. Tu ne me portes aucun intérêt depuis notre mariage. Tu te plantes systématiquement sur ta fichue falaise et tu m'ignores, lorsque nous nous reposons dans notre chambre.

Évidemment qu'il l'ignorait, puisque Aaron était parcouru d'une atroce envie irrépressible de lui faire des enfants. Seulement, il ne l'avouerait pas. A la place, il le lui démontrerait à la fin de cette guerre. Là, il déclara finalement sa flamme ardente. En attendant, ils se protégeaient mutuellement et maintenaient une surveillance sur Angelina qui se débrouillait vraiment bien. Les trois, avec le reste de l'Assemblée, tuaient quelques uns de leurs anciens compères, des personnes qu'ils reconnaissaient, mais qu'ils devaient éliminer au nom de ce conflit millénaire.

L'Insurrection [En correction/PAUSE !!]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant