- Viens avec nous, commanda Keira. Malgré nos récents différents, j'exige de mon Ambassadeur qu'il demeure à mes côtés en ces temps compliquées, qui ne cesseront de s'envenimer et de s'aggraver. Viens avec nous, Andreas.
L'ordonné tira la moue, perplexe. Il rentrait à peine dans la gigantesque villa nordique près d'Helsinki, quand une horde de vampires l'agressa littéralement d'un millier de questions. Que se passe-t-il ? demandaient-ils. Pourquoi nos monarques agissent-ils de cette manière si inattendue ? Dis-nous tout, par pitié ! beuglaient-ils dans ses oreilles. Tant bien que mal, Andreas s'était frayé un chemin entre ses assaillants qui perdaient patience. De ce qu'il venait d'entendre de leur part, l'Assemblée du Nord se déplaçait. Visiblement, Keira et Aaron avaient pris la décision de déménager. Sans raison. Sans explication. Dans l'incompréhension la plus totale, il avait fait irruption brutalement dans les appartements de sa Reine qui lui adressait un regard timide. Toujours incertaine à cause de la loi à propos des Protecteurs, elle ne savait pas si le blond était encore énervé contre elle.
Voilà maintenant qu'elle lui imposait de la suivre quelque part où - il en était certain - il ne voudrait pas se rendre, puisque sa place restait auprès d'Irène. D'autant plus qu'il revenait d'une série de missions épuisante et qu'il rêvait de son bon lit douillet patientant dans sa chambre. Aaron, qui interceptait systématiquement les œillades passionnelles de son épouse envers l'Ambassadeur, serra les dents. En réalité, il ne s'agaçait pas, ni ne s'offusquait de ce comportement, pour deux raisons. La première étant qu'ils ne s'aimaient pas. Seulement liés par les liens du mariage, il devait l'autoriser à aimer qui elle le souhaitait. Et, deuxièmement, il remarquait la nonchalance du blond face à son inclination. Keira ne recevait clairement pas d'amour de sa part, un brin d'attachement partiel parce qu'il avait juré de service l'Assemblée, mais rien d'autre. Il ne les jalousait donc pas le moins du monde. Néanmoins, le Roi préféra sortir un instant, ayant terminé ses valises, afin de les laisser discuter des affaires urgentes.
- Avant tout, expliquez-moi la situation, votre Majesté. Vos vampires ne saisissent point ce départ tant précipité, et moi non plus. N'oubliez pas que je rentres de vos missions imposées. Je ne suis au courant de rien. Éclairez ma lanterne !
Interdite, Keira délaissa ses vêtements qu'elle abandonna sur son lit et, d'un pas lent, presque chancelant, ou apeuré, elle se rapprocha de lui. Andreas ne se doutait pas une seconde de ce qui l'effrayait. Ces derniers temps, sa Reine se montrait bien froussarde et n'assumait plus aussi bien qu'à l'époque son statut de monarque. Elle redoutait tellement de perdre son trône à cause du Conseil, des Protecteurs ou de la Trinité, qu'elle ne régnait plus très bien, plus très justement.
- Les c-cabots, avoua-t-elle... Les cabots de Stanislas... Ils l'ont... Ils la détiennent... Et elle abattra sur nous ses foudres démoniaques, maintenant qu'elle est de retour.
- Calmez-vous, je vous en conjure ! soupira-t-il, extrêmement irrité et fatigué de sa mine alarmée et de ses gestes frénétiques. Exprimez-vous mieux, s'il vous plaît ! gronda l'Ambassadeur. De qui parlez-vous ?
Sa Reine pouffa et ne retint son air désenchanté. Prenant sur ses traits des ombres exacerbées, elle retourna à ses habits qu'elle plia furieusement, les mains tremblantes. Lorsqu'il la perçut vaciller en arrière, il se rua pour la rattraper et s'éloigna afin de lui faire face. Le blond s'inquiétait de plus en plus devant son silence mystérieux. Finalement, elle craqua sous son regard de braise et lui admit la vérité dans un souffle pratiquement inaudible, sauf pour un vampire.
- Celle qui avait disparue et dont le cauchemar nous hantait encore... Pire que la Trinité puisque nous ne savons rien d'elle... La Paix, la Guerre et la Désolation. Elle a été attrapée pour les cabots de Stanislas, et qui sait désormais ce dont elle est capable... Maintenant, nous avons assez discuté ! Suis-nous, Andreas, nous partons et je t'ordonne de...
- Je prends congé de vous, votre Majesté. Je vous reverrai bientôt !
Irène n'avait jamais été véritablement disparue ; elle sommeilla aux yeux des gouvernements du Monde Obscur, elle fuyait éternellement selon la Trinité et l'Ordre Blanc, mais, en réalité, elle survivait. Tout simplement. Elle n'essayait que de survivre. Il eut l'envie de lui crier quelques phrases acerbes qui lui remettraient les idées en place, mais s'abstint. Andreas devait avant tout sortir de là et gagner à tout prix les loups-garous de ce Stanislas. Il quitta sans plus de cérémonie Helsinki sous les hurlements implorants de sa Reine. De sa vitesse vampirique, il se dirigea vers Turku, où résidait une de ses connaissances.
Sa fureur dépassait tout entendement, son aura reflétait d'ailleurs son état. Fébrile, si les cabots la blessaient, il les anéantirait. Furibond, il n'en revenait. Quelqu'un avait trouvé Irène après toutes ces années. Perdu, elle se serait débattue jusqu'à sa mort.
A Turku, il rejoignit une sorcière plutôt puissante et qui avait marié un ancien Protecteur. Il demanda à toute hâte au mari de donner la localisation exacte des loups de Stanislas et, l'épouse, il réclama qu'elle ouvre un portail. Pour la première fois, il expérimenta la téléportation... Et il détesta cela immédiatement. En atterrissant face à un complexe de bâtiments, probablement appartenant tous aux cabots, il fallait vomir son repas.
Cependant, il garda tout à l'intérieur et s'avança, dans une démarche déterminée, prêt à en découdre, en direction de l'endroit où l'odeur mouillée des loups se dégageait. Autrement dit, il bondit dans un piège monstrueux et ne choisit pas la discrétion... Au contraire... Andreas utilisa tout, hormis sa discrétion.
- Bande de chiens ! vociféra-t-il, brisant plusieurs fenêtres à son passage. Je vais vous réduire en cendres ! Vous ne comprendrez rien à ce qui vous arrive ! Vous serez tellement amoché que même votre mère ne pourra plus vous reconnaître !
Les cabots dissimulés - nul n'aurait pris le risque de l'arrêter dans sa quête effrénée - l'observèrent en haussant les sourcils. Tous s'interrogeaient quant à l'identité de cet énergumène. A leur connaissance, Irène Horline ne possédait pas d'alliés. Alors, pourquoi ce suceur de sang pénétrait-il sur leur territoire, en se dévoilant insolent. Ses insultes leur paraissaient superficielles, comme s'il ne réfléchissait pas en les prononçant. Et, effectivement, Andreas ne cherchait pas à construire des paroles acerbes cohérentes, mais désirait seulement trouver sa chère noiraude. Coûte que coûte. La colère le consumait à un tel point qu'il ne mesurait plus ses mots.
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L'Insurrection [En correction/PAUSE !!]
FantastiqueIrène de Lister fuit son peuple, ses ennemis et ses alliés. Prometteuse vampire et Protectrice, tombée sous le charme de Gabriel Hastings, puissant sorcier, elle avait tout pour devenir une immortelle extrêmement importante et influente ; mais elle...
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