J'avais passé les deux jours suivants enfermée dans ma chambre, seule, à l'exception des visites quotidiennes de Ken que j'avais essayé d'écourter le plus possible. L'ennui était terrible. J'avais alterné heures de travail, contemplation de plafond et visionnage de vidéo, j'avais cherché à maintenir mon esprit occupé, mais étriquée dans quelques mètres carrés, il semblait toujours vouloir me torturer. Aussi, je fus ravie lorsque je reçu le message de Ken.
« On reprend demain, je passe te chercher à 8:00. Prends ton attelle. »
Son message était une bulle d'air frais, j'allais enfin pouvoir sortir d'ici, j'allais pouvoir bouger. A ma grande surprise, j'avais aussi hâte de voir du monde, moi qui aimais la solitude, ces deux jours de quarantaine m'avaient vaccinée.
La nuit avait été difficile, je ne trouvais plus le sommeil, avec le manque d'activité mêlé à tous mes émois récents, Morphée semblait me tourner le dos ces derniers jours. Traitre.
- Maëlle ?
Ken se tenait dans l'embrasure de la porte.
J'arrivai, surexcitée. J'étais prête depuis une demi-heure déjà, et je l'avais attendu tranquillement assise près de la fenêtre.
Il m'embrassa le front, et me fit signe de me lever.
- Fais attention s'il te plait.
Je levai les yeux au ciel. Malgré la douceur de sa voix, je savais qu'il ne plaisanterait pas avec ça, son besoin de contrôler les gens était exaspérant. Mon agacement grandit lorsqu'il me tendit son bras pour m'aider à me déplacer jusqu'à sa voiture.
- Ça va, je peux me débrouiller, ça va mieux, et mon attelle me tient bien la cheville.
Il fronça les sourcils et son nez se plissa, avant de glisser le bout de ses doigts sur ma joue.
- Maëlle, joue pas à ça avec moi, c'est important.
Je baissai les yeux. Encore une fois, il me faisait me sentir toute petite à côté de lui. J'essayai de ne pas penser à ses doigts sur mon visage, mais je ressentis tout de même le vide lorsqu'ils le quittèrent.
Ambre et Hugo m'accueillirent chaleureusement une fois à la salle. La matinée passa doucement, ma chorégraphe avait prévu tout un tas d'exercices pour réveiller nos corps en douceur, puis était venu le moment de tester notre mémoire.
- Maëlle tu ne danses pas, tu marques ! me prévint-elle.
Ils m'énervaient tous à essayer de me ménager. J'avais pris sur moi jusqu'au début d'après-midi.
- C'est bon Ambre, de toute façon avec mon attelle je ne peux pas me faire mal.
Elle soupira, elle était visiblement en train de perdre patience.
- Même avec ton attelle, c'est dangereux.
- Mais je me ramollis ! On ne va pas y arriver si je ne peux rien faire !
Je marquai une pause.
- S'il te plait Ambre, ça fait trois jours que je suis allongée sur mon lit...
- Alors tu y vas doucement.
Même sa moue anxieuse ne pouvait ternir ma joie, et je m'installai rapidement au centre de la salle. La musique commença. Avec mon attelle et Hugo à mes côtés, je me sentais rassurée, et je m'élançai. Aïe.
La voix de Nekfeu continuait, inlassablement en avance sur moi, elle coulait tranquillement, se riant de moi : je n'arrivais pas à la rattraper. Je m'échinais à effectuer les mouvements que j'avais appris sans relâche, mais ne parvins pas à rester en rythme.
VOUS LISEZ
Parenthèse
Fanfiction"Ta façon de danser reflète ton âme, tu es quelqu'un de bien Maëlle."
