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C'était le jour J, le début du tournage. Je m'étais réveillée bien avant que mon portable ne sonne, à peine avais-je eus ouvert les yeux que l'adrénaline exaltait tous mes sens. Je n'avais pas pu tenir plus de cinq minutes dans mon lit, et m'affairai depuis 6 heures dans ma chambre. Tout y était passé, douche, épilation intensive, petit déjeuner, échauffement...

Lorsque 9 heures arriva enfin, j'étais au pied de guerre, attendant que mon chauffeur ne se manifeste. Mon sac était à mes pieds, déjà chaussés, ma veste sur mes épaules, je regardais nerveusement mon portable. Il est 9.04, qu'est-ce qu'il fout ? Mes doigts tapotaient nerveusement mon téléphone et ne s'interrompirent qu'au son des trois petits coups donnés à la porte. J'ouvris instantanément sous le regard sidéré du rappeur.

- On y va ? le pressai-je en passant devant lui pour descendre.

Il se reprit et me suivit.

- Ça va, t'es motivée le matin toi.

- J'ai presque pas dormi cette nuit.

Il étouffa un rire.

- Putain t'es grave.

Je me retournai pour l'analyser.

- Toi non plus t'as pas dormi, dis-je plus sérieusement.

Il avait le visage creusé, ses cernes s'étaient noircies et contrastaient avec son teint plus pâle que d'habitude.

- Ouais, j'ai pensé au boulot, me répondit-il gêné.

Je me souvins de la raison pour laquelle il n'était pas resté avec moi hier soir.

- Depuis quand tu me mens ?

Ses sourcils se froncèrent légèrement, signe qu'il réfléchissait. Son visage finit par se détendre et il souffla longuement.

- Vas-y viens, on y va.

Il s'installa dans la voiture et je fis de même, le regardant se concentrer sur la route.

- Ça s'est mal passé ? m'aventurai-je timidement.

- Je ne sais pas vraiment. On a beaucoup parlé, je crois que je l'ai blessée... encore.

Il marqua une pause.

- Je lui ai dit qu'elle m'étouffait, elle l'a mal pris.

- C'est normal, laisse lui le temps de digérer, c'est pas facile de rendre ça en pleine face.

Il me fit un sourire léger, puis se reconcentra sur la route.

- Putain c'est compliqué.

- Si ça ne l'était pas, tu te lasserais.

Je l'entendis rire jaune.

- Sérieusement, repris-je, tu te vois avoir une relation parfaite avec une fille, sans aucune dispute, sans aucune vague ?

Il ne répondit pas mais semblait cogiter. Je continuai.

- C'est ce qui rend la relation plus excitante, toi tu as besoin d'excitation. Tu ne t'es jamais demandé si tu ne crées pas ces situations de toi-même parfois, quand tout est trop lisse ?

Sa mâchoire se serra.

- Tu es en train de me dire que tout est de ma faute ? Que je lui fais du mal par plaisir ?

ParenthèseOù les histoires vivent. Découvrez maintenant