Pas enchanté, Katsuki Bakugo

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De l'air. Vite.

Soumis à une impulsion urgente, je profitai de l'ovation pour m'éclipser en catimini hors du bar.

La sueur à grosses gouttes sur mon front, la respiration saccadée, je donnais l'impression d'avoir couru un marathon.

Ce comportement à des kilomètres de mes habitudes me rendait fébrile. Me jeter sur le premier venu n'était pas mon genre ; avant de sauter le pas, il fallait créer une connexion, un lien, essentiel à mes yeux. Le seul que je désirais m'avait quitté, l'abstinence éternelle me tendait de loin ses bras. J'imaginais déjà mes vieux jours en compagnie d'Ochaco à tricoter, les souvenirs de notre folle jeunesse en mémoire... Ainsi se terminerait mon existence, mon âme sœur à mes côtés.

L'air nocturne à pleins poumons, mon corps se détendit. La rue encore animée à cette heure avancée, le brouhaha ambiant eut le don de complètement m'apaiser.

- Izuku ! s'alarma cette voix féminine, tout va bien ?

Adossé contre un muret, je souris au visage qui m'observait avec inquiétude.

- Oui, ne t'en fais pas, assurai-je.

Un pieux mensonge qu'il décrypta tout de suite sans insister. Moi-même je ne comprenais pas, alors l'expliquer...

- Tu veux rentrer ?

Je hochai la tête, quand une voix fluette attira notre attention :

- On a tous bien joué ce soir ! Et la standing ovation qu'on a reçue ! Je tremblais comme une feuille...

Ochaco se retourna tandis que ma vision vola vers le groupe bras dessus, bras dessous, devant l'entrée de lieu, les deux filles à l'avant, les garçons un peu plus à l'écart. À bien les regarder, ils devaient se rapprocher de notre âge. Leur complicité sur et en dehors de la scène bien visible, je me surpris à m'interroger sur ces gens.

Ma meilleure amie bondit vers eux.

- Je confirme ! Vous étiez géniaux, tous ensemble !

Des paires d'yeux se posèrent sur elle, prises de cours par la soudaine intervention, avant d'inscrire une sincère gratitude.

- Merci, dit la chanteuse d'une petite voix, une légère rougeur aux joues, c'est très gentil.

Tous affichèrent un sourire de reconnaissance. Tous, excepté... « Katchan » qui continuait de me regarder, une expression indéfinissable sur le visage. Quelque part entre la colère, l'ennui, l'agacement, ou les trois. Peut-être n'avait-il pas apprécié la façon dont j'avais répondu à sa provocation déguisée. S'il savait en plus toutes les images en tête durant ce moment... il me tuerait sûrement.

Pourtant, à nouveau, une attraction étrange m'entoura, mon corps poussé vers le sien.

Le reste du décor s'effaça, l'air devint lourd, pesant, chargé d'une tension électrique. Mon palpitant se mit à cogner avec une force inouïe à l'intérieur de ma poitrine. Une sensation désagréable, de ressentir de manière assez distincte que je perdais le contrôle.

Sans égaler Tenya, je me croyais rationnel, les choses futiles ne me détournaient pas de mon but précis en aucun cas. Même en couple, je gardais les pieds sur terre, une qualité dont je me sentais fier. Rien ne semblait toutefois normal en moi en sa présence. Je mourrais d'envie de me pendre à son cou, qu'il me prenne tout en violence, me fichant totalement des gens autour de nous.

- Deku ?

Je me reconnectai à mon corps et mes esprits en entendant le lointain appel de mon homologue étudiante. Une mine interrogative ridait ces beaux visages, à part l'objet de mes fantasmes, d'après son petit sourire au coin.

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