~~~ ATTENTION, IL Y A DU CITRON ~~~
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Le dos appuyé contre le coin d'un mur, les bras croisés, et à distance, mes yeux fixaient un Katchan décidé à me provoquer. Bien sûr qu'il m'avait remarqué, sans doute dès mon entrée en trombe au Ground Zero, rien n'échappait à sa vigilance. C'était en tout cas ce que son regard envoyait, alors qu'il explorait la bouche de sa proie sans une once de gêne, s'assurant que je ne perdais pas une miette de la représentation.
De la rencontre des langues, au plaisir manifeste de sa victime, en passant par les doigts agrippés au postérieur de celle-ci, il ne m'épargnait rien. La musique, la foule, censées les couvrir, mon ouïe captait quand même les sons salaces transformés en un poison déversé à l'intérieur de mes veines à la place de mon sang. J'aurais aimé pouvoir détourner mes émeraudes, mais son carmin capturait la moindre tentative, il me clouait sur place. Ce rouge passion dissimulait un message que moi seul parvenais à déchiffrer : dans son mental, c'était moi qu'il embrassait, qu'il désirait, et le décoder bloquait toute douleur relative à cette désolante vision.
Ma fonction de témoin de cette exhibition impudique m'aidait à mieux renoncer, oublier, enterrer très profond ces sentiments que je ne voulais de toute façon pas éprouver à son égard. La tranquillité à laquelle j'aspirais ne cesserait de me fuir si je restais focalisé sur cette attraction étrange. Ma dépendance ne devait pas obstruer l'évidence : malgré l'amour, cette alchimie venue d'ailleurs, ce cendré ne me correspondait pas, ni aujourd'hui, ni jamais.
Je n'aurais pas dû laisser une impulsion m'emmener à l'endroit de notre première rencontre, mais à ce moment-là, ma pensée ployait face au besoin violent de tout lui avouer, ma course folle entamée peu après. Par chance, cette scène obscène replaçait les choses dans le bon ordre, mon tumulte intérieur enfin apaisé.
Ce jeu ne pouvait plus durer, un moment de faiblesse dans la salle de bain de mon nouveau logement ne remettrait pas ce fait en question. Mon temps trop précieux, il ne s'accorderait jamais selon les envies de cet idiot, uniquement intéressé par son petit plaisir personnel. Mon amour ne tiendrait pas une seconde face à sa soif de liberté, et je signifiais trop peu pour qu'il y renonce. La preuve sous les yeux me le scandait d'une voix narquoise : il connaissait mes sentiments, s'amusait à les écraser devant moi. Ce manque de décence me donnait la nausée, hors de question de me laisser manipuler de la sorte.
Mon objectif effacé, je finis par décoller le dos du mur, me diriger vers la sortie sans une dernière considération pour eux, ma résolution toute neuve insufflant le courage nécessaire pour appliquer la décision de m'éloigner sans regret. Je me respectais tout de même assez pour savoir quand abandonner la partie.
Qu'est-ce qui m'avait pris de croire que parce que je me sentais prêt à me déclarer, je devais le mettre au courant ? Son train de vie ne s'en trouverait pas chamboulé, et surtout, je ne détenais pas le droit de m'interposer entre lui et sa définition très personnelle du bonheur, même pour une question de transparence. Cette émotion que je ne parvenais pas à réfréner, c'était mon fardeau, pas le sien.
Ma vigilance renouvelée, je quittais le Ground Zero sans me retourner.
De nouveau sous l'astre lunaire, mon esprit s'aéra, débarrassé de toute tension. Tout ne s'oublierait pas en un tour de main bien sûr, mais cette menue victoire, grâce à ce pauvre cobaye qui ne savait pas ce qui l'attendait, me comblait. Après ma presque rechute, ma réaction à toutes les révélations survenues plus tôt cette nuit, une certaine fierté pointait de récupérer un peu de ma capacité de réflexion.
Katchan embrassait des inconnus sur son lieu de travail, et je retrouvais mon état habituel. La plus froide des douches, un sevrage parfait pour me souvenir de l'essentiel, ma visite un peu allégée de son côté dramatique. Le type de scène vue le soir du jour de cette commémoration maudite resurgit soudain dans toute son absurdité. Un rire m'échappa, évacuant les derniers nuages symbolisés par les paroles de Shōto. J'ignorais si tout s'apaiserait entre nous, en revanche, je ne comptais pas l'abandonner, les vannes de son cœur désormais ouvertes.
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Fanfic[Univers alternatif My Hero Acadamia] !CONTENU RÉSERVÉ A PUBLIC AVERTI, LISEZ l'AVANT-PROPOS DU PROPOS! ~~~ Quand deux âmes s'entrechoquent alors qu'elles n'étaient pas censées se rencontrer... Étudiant en troisième année de médecine, Izuku Midoriy...
