La bulle du chewing-gum de Rahiti éclata.
« Chef qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » Demanda-t-il à Lotfi.
L'homme imposant au visage fermé se tourna vers lui et lui fit signe de la tête de s'approcher.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » Chuchota Rahiti.
« Il y a que nous avons perdu beaucoup de nos hommes, il ne faut pas se leurrer, nous sommes en sous effectif, nos armures ne valent absolument pas les leurs et nos soldats ne sont pas professionnels, faisons le calcul, il ne nous reste pas grand-chose. »
« Il nous reste notre volonté, les armes de très bonne facture qu'on nous a fourni et il leur reste notre commandement. » Répondit le jeune en haussant les épaules.
Une expression signifiant son attente de réaction, montrant qu'il n'était pas très sûr de lui, était affichée sur son visage étiré. Visage étiré qui laissait transparaitre sa fatigue par des cernes marquant ses yeux. Le grand frère avait plus d'expérience que le petit mais cela ne faisait pas de lui un expert en la matière. Il n'avait jamais fait la guerre avant.
Lotfi le dévisagea puis sourit. C'était chose rare.
« Tu as peut-être raison, on n'a qu'à se focaliser sur ce qu'on a. » Fit-il en posant son ample main sur la tête du jeune homme.
Celui-ci se sentit flatté et eut un regain d'espoir. Il bomba le torse et rougit légèrement. Un pilier avait dit qu'il avait, peut-être, raison !
L'escouade de Lotfi regagnait des forces. Au camp médical proche de la rivière, ils mangeaient leurs bols de riz et leur poisson. En silence, dans la neige, ils profitaient de cet instant plutôt paisible. C'était l'hiver, alors les tanukis*, rakouns, chauve-souris, blaireaux et ours vivant dans la forêt hibernaient. Elle était alors plus calme que jamais. Soudain un bruit se fit entendre au loin, suivi du vol de dizaines de grues de Mikazuki.
« Allons-y ! » Ordonna Lotfi en se dirigeant vers l'origine du son et de la fuite des oiseaux.
Tous ses hommes le suivirent. Courant dans la neige, ils arrivèrent devant les soldats de Bingwen combattant ceux de Nui. Un explosif du camp adverse avait provoqué la déflagration qui avait fait fuir les grues. Par conséquent il y avait eu beaucoup de morts chez les Résistants. Mais certains samurais avaient aussi perdu la vie.
Tahuiti et Loti combattaient en duo les samurais qui leur assénaient des coups de lames en vain. Loti avait la joue ensanglantée et ses lunettes étaient cassées. Cependant sans elles, elle ne voyait rien. Alors elle gardait sa paire sur son nez fin, même si elle discernait le monde qui l'entourait à travers des fissures.
Ce fut un soulagement pour le couple de voir qu'on leur apportait de l'aide. Surtout quand ils se rendirent compte que leur soutien provenait de leur fils Rahiti. Ce fut une fierté pour eux. Néanmoins, ils furent emplis de la crainte amère de voir leur fils mourir sous leurs yeux. Leur ainé leur porta secours en repoussant leurs assaillants.
« Venez nous devons partir vous êtes en mauvaise posture ! » Dit-il.
Suivant leur fils et Lotfi, Tahuiti et Loti s'en allèrent du champ de bataille. Les flocons de neige tombaient sur la plaine alors que les samurais comptaient leur perte. Les cadavres ayant une lance plantée dans le corps ou des flèches dans les jambes agonisaient au sol. Des mares de sang se formaient aux quatre coins du terrain. La vision de cela semblait être une estampe horrifique.
Lotfi, le robuste Gayan comme on l'appelait chez les Résistants, ou le Géant comme le nommaient les samurais, portait sur son dos Nui. Arrivés au camp de soins, il fut pris en charge par le père de Najwa, Hassan. Nui était affaibli, il avait perdu beaucoup de sang.
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Rakuen
ParanormalTaina et Fubuki vivent à Mikazuki. Toutes les deux étaient amies un jour, toutes les deux se considèrent mutuellement comme des sœurs aujourd'hui. Elles se perçoivent au-delà de leurs différences. Seulement, le gouvernement n'est pas de cet avis, l...