Les immenses arcs de pierre de Vinidé nous dominaient par leur taille conséquente. nos chevaux franchirent la porte d'entrée de la ville et l'animation quotidienne de la capitale nous raviva. Après une semaine et demi de marche sans le moindre inconvénient en chemin, le calme nous ayant bordé jusqu'à notre arrivée, je me sentais revivre de sentir toute cette vivacité de la foule. Comme la dernière fois, nous déposâmes nos chevaux dans une écurie et nous arpentions les petites rues désertes. Renji nous avait expliqué qu'il allait nous amener à la taverne de Cowin, que nous allions passés la nuit là-bas et que dès le lever du soleil, il irait faire ses affaires. Je vis le panneau suspendu à l'horizontal de la belle choppe de bière gravée dans le bois clair du panneau. Aloïs se planta devant la porte et toqua. La visière de la porte s'ouvrit, et nous vîmes les yeux perçants du molosse. La visière se referma et le molosse nous accueillit. Le couloir toujours aussi étroit, nous passâmes devant lui et le molosse ferma la marche. Aloïs entra le premier dans l'ascenseur et le molosse nous referma la porte de fer au nez. Il actionna le levier à l'entrée de la cage et je la sentis bouger. Nous nous enfoncions dans le sol et nous débouchions sur la taverne familière de Gaspard. Il sortit de sa réserve et quand il vit nos trois vieilles têtes, épuisées par le voyage que nous avions fait, il se mit à rire aux éclats. Nous sortîmes de l'engin et Aloïs décocha un sourire distendu. Il s'approcha de Gaspard, la mine agacée et le saisit par le col. Il ne put s'empêcher de lui tendre son poing vers lui. Quand ses doigts s'écrasèrent sur les cheveux blonds de Gaspard, le patron se dépêcha de se sortir de là.
« Quel accueil... Dit-il, un sourire en coin. »
En se relevant, je me rendis compte que Gaspard était plutôt grand à côté d'Aloïs. D'ailleurs, je me rendis compte que Renji était petit, il faisait presque ma taille alors que j'étais plus jeune que lui. Gaspard se rendit derrière son bar et il tendit les bras vers nous. Temio me poussa un peu vers l'avant avec un sourire rassurant. Nous nous dirigions vers le bar.
« Je vous souhaite la bienvenue dans ma taverne, chers voyageurs ! Dit-il avec un clin d'oeil. Je vous sers à boire ? »
Aloïs se vautra sur la banquette d'une des tables sur le côté.
« Oui m'sieur. Dit-il, esquissant un sourire malicieux.
-Un peu de tenue mon cher. Répondit Gaspard, comme pour se moquer de quelqu'un.
-Je vous demande pardon, ma chère mère. Répondit l'intéressé avec un air moqueur également. »
Sans comprendre leur petit jeu, je comprenais bien là qu'ils se moquaient de la mère de Renji. Quand j'y pense, je ne l'ai jamais rencontré. Je me ressaisis. Je m'assis sur un siège qu'Aloïs avait réservé et je me fis petite. Nous n'avons toujours pas discuté de ma bêtise. Nous nous étions toujours pas réconciliés. Temio s'assit alors et Gaspard arriva à son tour. Il nous avait sorti quatre beaux verres. Le liquide rouge bordeaux laissait un goût amer en bouche et la langue pâteuse.
« Je vous ai sorti un magnifique vin que j'ai depuis longtemps. Dit-il, les yeux brillants. Moi qui suis colectionneur, je peux vous garantir que si vous ne finissez pas vos verres, je les finirai à votre place ! »
je vis le front de Gaspard s'armer de plis. La mine décrépite, il regardait Renji ayant bu son verre d'un trait. Il le aussi prit par le col et le secoua dans tous les sens.
« Mais ce n'est pas de la bière saleté de gamin, c'est un vin qui m'a coûté deux bras et un rein !! S'énerva-t-il, les larmes aux yeux. »
La situation me fit instantanément rire et je fus rassurée de voir Temio en rire aussi.
Après quelques verres, je me rendis compte que le scénario de la dernière fois s'était déroulée ce soir-même. Temio et Renji ayant trop bu, nous avions donc dû les coucher nous-mêmes. Je m'installais dans mon lit après avoir bu une tisane avec Gaspard, avec lequel nous avions échangé concernant les aspects culturels de la ville. J'ai pleins de choses à faire et à visiter demain ! Mais comme la dernière fois, le sommeil ne me gagnait pas. J'avais beau me remuer dans tous les sens dans mon lit, rien n'y changeait. Décidée, je me levais et sautais du lit. Doucement, je me dirigeais vers la porte et l'ouvrit. Une fois à l'extérieure, je m'installais sur un tabouret du bar. Je posai ma tête délicatement sur le bois du comptoir. Je vis l'éclat resplendissant du meuble. Ca se voit que Gaspard en prend soin. Je sentais l'odeur de l'enduit brillant déposé récemment. Ce mélange sucré et boisé me rendait nostalgique. Pour une raison inconnue, je me sentais pensive. Les souvenirs avec Temio de quand j'étais petite me revinrent en mémoire. Des souvenirs naïfs, que je ne revivrais plus vu la tournure qu'avait pris notre aventure commune. J'entendis des bruits de pas doux derrière moi. Je me tournais et vis le blondinet debout. Il vint s'installer à côté de moi.
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HÉROS
FantasyJaïa Uno, jeune Yaturienne de 15 ans, accompagnée de son tendre frère Temio, se retrouvent confrontés à la dure réalité : ils sont rejetés par la société. Un jour, quand un voyageur d'un pays voisin s'allie à leur duo pour mener à bien une mission...
