CHAPITRE 10 :

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Temio avait sa tête penchée sur la mienne. Un réflexe se déclencha et je ne pus m'empêcher d'écraser son visage avec ma main. Je me relevai quand il dégagea sa tête.

« Eh, mais ça va pas ? Me demanda Temio, un filet de sang à son nez.
-Je t'ai cassé le nez ? Pardon.
-Ce n'est rien. »

Uragi était derrière lui. J'aperçu deux gros sacs bien chargés gisant devant la porte béante. Je me levai et me rendis compte de l'harmonie colorée que faisait la veste d'Uragi sur moi et ma robe bleue. Gênée, je retirai donc la veste et la tendis à Renji.

« Tiens, merci.
-De rien. »

Je vis le regard empreint de malice de Temio se poser sur moi, ce qui tripla ma gêne.

« Bien.. Nous partons quand pour Vinidé mon cher Renji ? Demanda Temio.
-Demain matin, si mes calculs sont bons, cela nous demandera deux semaines de marche. Mais j'ai un plan. Hanina est connue pour son marché équin. En effet, de grands chevaux sont élevés dans cette ville et au meilleur prix. Je propose donc que nous allions nos bourses puis s'acheter deux chevaux.
-Pourquoi pas trois ? Demandai-je.
-Parce que malheureusement, même si le prix est bas dans cette ville, ça reste quand même un luxe. Trois chevaux, c'est difficile à négocier.
-Il y en a un qui va devoir marcher ?
-Non, il y'en aura un qui ira derrière quelqu'un et on se relaiera.
-Et nos sacs ?
-Pas de panique, nous prendrons des chevaux porteurs.
-Des chevaux quoi ?
-Mes pauvres, vous n'y connaissez vraiment rien du monde extérieur. Dit-il en tirant la langue. Bon, vous voulez venir choisir nos montures ?
-Ce sera sans moi. Déclara Temio en gagnant la porte. J'ai une affaire à régler, mais je vous rejoins pour le dîner.
-Temio ! Je veux t'accompagner.
-Non Jaïa. Tu vas aller accompagner notre camarade, après tout, vous ne vous entendez pas très bien donc pourquoi pas sympathiser un peu ? Dit-il, un sourire en coin. »

Rah, il a le don pour m'énerver celui-là !! Temio s'engouffra dans le couloir et je me retrouvais seule avec la vipère. Génial.

« Bon, on y va ? Ne perdons pas de temps. Déclarai-je.
-Et bien, je vois que ta petite sieste t'as remis les idées en place. Dit-il, exaspéré. Ce n'était pas toi qui, il y a trois heures, pleurait en prétextant qu'un monstre lui chuchotait à l'oreille ?
-La ferme.
-T'es bien grossière ma jolie, ça ne te va pas du tout. Bon aller tigresse, on y va. »

Il se précipita à la porte, manquant une belle gifle. Je le suivis docilement, des pensées noires affluant dans ma tête. Nous sortîmes de l'auberge et empruntions de grandes avenues bordées de maisons cubiques. C'est bizarre comme architecture. Nous nous enfoncions vers la sortie de la ville. Les passants nous dévisageaient de bas en haut, comme-ci on sortait d'une autre planète. C'est alors qu'en longeant un bâtiment, une main attrapa la cheville gauche d'Uragi. C'était un homme décrépit. Il était habillé de vêtements poussiéreux et derrière lui, un enfant pleurait à chaudes larmes. Un bol rempli de quelques Tokus trônait devant la paillasse du l'inconnu.

« S'il vous plaît... Une pièce, pour manger... »

La voix de l'homme se perdait dans le vent. Il était tellement faible qu'il n'arrivait même plus à aligner un mot. alors c'est ça, le vrai visage de Yaturiri ? C'est alors qu'Uragi retira son pied d'un coup net. Il se mit alors à la hauteur de l'homme. Puis, l'atmosphère pesante refit surface.

« On ne vous a jamais appris à vous adresser quelqu'un avec de bonnes manières ? »

Puis, un regard pervers apparut dans l'éclat bleu lagon des yeux de Renji. Il prit alors la main du mendiant avec sa main gauche. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres brillantes. Le front de Renji était plissé, comme-ci la vision de cet homme le répugnait.

HÉROSOù les histoires vivent. Découvrez maintenant