CHAPITRE 9 :

14 3 0
                                        

Le soleil me tapait fort dans ma tête. J'ouvris les yeux, aveuglée par la lumière forte qui traversait la fenêtre. En me tournant contre le mur pour éviter les rayons lumineux, je me rendis compte que la veste d'Uragi était encore dans mes bras. Je rougis comme une tomate et me levai brusquement. Je fus surprise de ne pas voir Renji et Temio dans leurs lits. Ils sont allés manger sans moi ? Quelle bande de.. Mais il fallait que je prenne sur moi et arrêter de m'énerver pour rien. Je pliai donc la veste d'Uragi, montai à l'échelle et lui posai sur son lit. Je remis à propre mon foulard légèrement froissé par les mouvements que j'avais fait lors de mon sommeil, ouvris la porte grinçante et me dirigeai vers la salle à manger. Les marches de l'escalier étaient irrégulières et semblaient avoir été construites à la va-vite. J'arrivai donc au réfectoire de l'auberge. Je cherchai du regard la table de Temio mais je ne la voyais pas. Je me fis donc à l'évidence qu'il fallait que je mange toute seule. Je m'approchai donc du comptoir, commandais un café sablonneux et m'installais à une table à l'écart. La stupeur de la veste rouge et mes pensées de la veille concernant le blason d'Uragi m'avait coupé l'appétit. Je sentis le liquide chaud couler dans ma gorge. Les grains de sucre crépitaient sur ma langue. Le lait atténuait le goût amer de la boisson. Le café était d'un beige aussi doux que des grains de sable, d'où son nom.

Une fois dégusté, je filai dans la chambre. Sur le chemin, j'avais croisé pas mal de gens mais tous étaient des Yaturiens. On les reconnaissait grâce à leur teint halé ou à leurs cheveux crépus. J'ouvris donc la porte et fis face à une scène assez.. Originale encore une fois. C'était Temio et Uragi qui se changeaient. Le visage rouge de honte, je fermai brusquement la porte. Je n'avais pas eu le temps de tout voir et heureusement pour moi.

 
« Dé... Désolée... Dis-je, les lèvres tremblantes.
-Mais allons, tu peux rentrer Jaïa ! Y'a rien à voir tu sais ? Me rassura Temio de l'autre côté de la porte. »


J'ouvris donc une seconde fois la porte et me rendis compte qu'ils étaient déjà bien vêtus. Temio était en train de boutonner sa chemise et Renji d'enfiler sa veste, tous les deux ayant enfilés leur pantalon bien avant que j'ouvre la porte. Oui, en effet, rien à voir.

« Vous avez prit une douche ?
-Un bain plutôt ! Les termes d'Hanina sont connues pour être très relaxantes. Après tout, ces eaux sont chauffées par des magiciens compétents de feu venus du Sud. Expliqua Renji.
-Bien bien... Soupirai-je. »

Je pris donc une tenue dans mon sac et quittai la pièce. Je me dirigeai vers les cabinets pour pouvoir me changer sans avoir à être dérangée. Je m'enfermai à double tour et me retrouvai seule. Les garçons avaient prit la chambre pour finir de se changer. Ma tenue était l'une de mes préférées : c'était une robe à manches courtes bleue cobalt assez légère en coton, qui m'arrivait à mi-cuisses. Elle avait les bords des emmanchures d'un blanc cristallin. Une grande fleur de lys héraldique blanche arborait la poitrine. Le col d'écolier était également du même blanc que les emmanchures. Je l'avais acheté à un marchand qui m'avait dit que cela avait appartenu à une grande princesse des contrées de Gatuga avant sa destruction et apparemment il avait eu du mal à l'acquérir, je l'avais donc payé au prix fort mais elle était tellement ravissante que je n'avais pas prêtée attention à la fortune que j'avais dépensé pour l'avoir. Avec cette magnifique robe que j'aimais tant, je portais des bottines à lacet d'un marron caramel. Je changeai également de foulard. Le vert émeraude ne va pas avec un bleu si profond ! Je me munie donc du seul autre fichu que j'avais. Il était comme l'autre, avec un revers en argent cette fois et s'attachait par les oreilles grâce à des pépites d'argent qui servaient de lien. Il n'avait pas de motif non plus, juste ce bleu royal uni. Je n'en avais que deux, mais ça coûtait cher et le tissu ainsi que la manière de le mettre étaient tellement particuliers que ça m'obligeait à bien chercher et à les essayer pour en avoir d'autres. Une fois apprêtée de ma nouvelle tenue, j'avais l'impression de revivre. Il fallait dire que j'adorais la mode mais malheureusement je n'arrivais pas à avoir les moyens suffisants pour me vêtir des vêtements que je souhaitais. Toute heureuse, je me rendis dans la chambre où les garçons m'attendaient. 

HÉROSOù les histoires vivent. Découvrez maintenant