L'homme recula doucement. Temio sauta derrière le marchand et en reculant, la cible tapa dans mon frère. J'atterris alors barrer la route d'une petite ruelle qui n'était non loin de la position de celui qu'on devait ramener.
« N'ayez crainte, nous n'allons pas vous tuez enfin ! Dit-il, toujours ce sourire moqueur aux lèvres. Enfin, si vous ne nous compliquez pas la tâche. »
L'homme se crispa. Ses yeux étaient imprégnés par la peur et le stress. Il fallait dire que trois personnes l'avaient coincé dans une étroite et longue ruelle par une heure tardive. De plus le sourire effrayant qu'affichait Uragi était terrifiant, par conséquent, je comprenais la réaction de cet homme.
« Vous êtes venus me chercher pas vrai ? Demanda l'homme, le ton hésitant. C'est le baron Fowl qui vous envoie n'est-ce pas ?
-Que vous êtes perspicace !! Félicita Uragi ironiquement. »
La façon qu'Uragi avait de parler et d'agir me faisait avoir la goutte au front. Une énorme pression pesait sur moi alors que je n'étais même pas la cible. La courbure de sa tête vers la droite, ses cheveux blonds volant dans le vent, ses yeux exorbitants surveillant les moindres faits et gestes de la cible, et ce sourire effrayant forcé... Je savais ce qu'il m'arrivait. J'ai peur d'Uragi. Je regardai Temio, et il ne semblait pas avoir le moindre soupçon de terreur alors qu'il voyait mieux que moi le visage d'Uragi. J'avais l'impression d'avoir le regard appuyé de notre coéquipier sur moi, qu'il pouvait à tout moment faire comme au Croisement des Inconnus : me maîtriser et faire ce qu'il voulait de moi.
« S'il vous plaît, épargnez-moi ! J'ai pleins de choses que je pourrai vous donnez en échange, j'ai une femme et des enfants qui m'attendent et qui veulent que je rentre à la maison.
-C'est pour ça que vous vous faîtes passer pour un noble et aller dans ce bar infesté de danseuses exotiques ? Demanda Temio, le regard noir.
-Non, j'étais censé retrouver un client. Mentit-il, les yeux baissés vers le sol.
-Ah la la... Enfin, mon cher ! »
Uragi s'approcha de lui, ses mains attrapant les mains de la cible.
« Vous savez, la tromperie, le mensonge sont passibles de quelques années en prison. Dit-il, en le fixant avec des yeux toujours aussi terrifiants. Dans les textes kamiques, vous n'avez pas le droit de faire ça, et le Tout-Puissant sait que vos actes valent la mort même. Alors, si vous ne nous suivez pas gentiment, je pourrai demander à notre fameux commanditaire de faire le nécessaire pour que vous ayez pire que la mort, ça vous irait ?
-Vous êtes un malade ! Cria le marchand en dégageant sa main de l'emprise de Temio.
-Moi ? Demanda-t-il en se pointant du doigt. Mais enfin non.
-Je n'ai pas le choix. Je suis désolé les jeunes, mais je dois retrouver ma famille. Je ne peux pas me laisser impunément enlever par vous ! »
Il enleva son manteau, et le balança sur Uragi. Il se retourna vers Temio et dégaina un poignard qu'il cachait à sa ceinture. Il essaya de le planter dans le cœur désespérément mais Temio esquiva en se reculant. Et merde, c'était pas prévu ! Avec une petite analyse, le combat ici était perdu d'avance car c'était assez étroit et les esquives ainsi que les techniques d'art martial que m'avait appris Temio ne pourraient pas être appliquées ou alors allaient être limitées. Uragi se dégagea du manteau de la cible. L'homme furieux gesticulait dans tous les sens avec sa dague tandis que mon frère esquivait comme il pouvait. Je me rendis compte que l'homme était plus habile que ce qu'il laissait croire avec sa corpulence. Je me dirigeai vers lui, quand Uragi détacha son sabre de sa ceinture en le laissant dans son fourreau. Sûrement une arme magique. En un fragment de seconde, il apparut à côté du type. Temio se baissa, Uragi fit un coup sec dans la carotide du type. Un peu assommé, l'homme se dégagea. Il tomba à terre, accroupi. Temio et notre coéquipier se dirigèrent vers notre cible. je poussais un soupir de soulagement. C'est alors qu'un sourire narquois se dessina sur le visage de notre homme. Puis, de l'électricité statique se fit ressentir tandis que l'homme se releva. Il paraissait en pleine forme alors qu'il aurait dû être à terre. Je voulus me diriger vers lui mais pleins de picotements se frottaient à moi. On dirait le champ électro-magnétique des entraînements de Temio. C'était les mêmes champs, la même magie. Temio s'approcha du type.
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HÉROS
FantasyJaïa Uno, jeune Yaturienne de 15 ans, accompagnée de son tendre frère Temio, se retrouvent confrontés à la dure réalité : ils sont rejetés par la société. Un jour, quand un voyageur d'un pays voisin s'allie à leur duo pour mener à bien une mission...
