Chapitre 30 - Réunis

2.3K 182 29
                                        

Sanji avait passé deux heures devant la « chambre » de Zoro, écoutant les soupirs et les cris de l’épéiste ricocher contre les murs. Il alluma une énième cigarette en écrasant la précédente avant de s’asseoir contre le mur, enroulant ses bras autour de ses genoux.
 
Un cri particulièrement douloureux sembla déchirer la gorge de Zoro, et Sanji serra encore plus violemment ses genoux, mordant sa lèvre inférieure et gardant les yeux fermés. Il prendrait avec joie une partie de la douleur de Zoro s’il le pouvait, mais ça n’était pas une option. C’était le combat de Zoro, et il n’avait pas le droit d’interférer.
 
«Sanji.  Shukaku s’approcha de Sanji et s’accroupit élégamment, lui offrant une tasse de thé chaud et une couverture. Pourquoi te tourmentes-tu ainsi ? Tu ne peux rien faire pour Roronoa pour l’instant.
 
Sanji saisit la couverture avec joie, la plaçant à ses côtés avant d’entamer sa boisson.
 
–Ne t’inquiète pas pour moi, Shukaku chérie~, sourit Sanji chaleureusement, avant que son sourcil en vrille ne s’abaisse légèrement à l’écoute d’un nouveau soupir de douleur accompagné d’une giclée de sang venant de la salle derrière lui. Je vais bien.
 
 –Non- je t’en prie Sanji, viens avec moi attendre dans un endroit plus chaud. Tu ne peux rien faire pour lui maintenant. Il est impossible de soulager sa douleur avant qu’il ne soit guéri et-, argumenta Shukaku, tirant sur le bas de Sanji délicatement.
 
–Je sais que je ne peux pas le soulager. Sanji leva la tête, envoyant un regard doux à Shukaku. Je sais que ça peut paraître stupide, mais si je reste ici, j’ai l’impression de partager un peu sa douleur. Les yeux de Shukaku s’adoucirent ; elle retira ses mains et secoua la tête.
 
–Vous êtes aussi têtus l’un que l’autre. Tu sais que quand il était attaché au Niveau trois, ils l’ont frappé et provoqué pour essayer de soutirer des informations sur son capitaine. Elle détourna le regard avant de se lever. Et sur toi.
 
Sanji fixait la jolie jeune femme devant lui, sous le choc.
 
–Est-ce qu’il a dit quelque chose ? A Magellan ? Les phalanges de Sanji pâlirent autour de la tasse de thé; il devait se calmer : s’il la cassait, il pourrait blesser ses mains.
 
Shukaku croisa les bras sur sa poitrine.
 
–Non. Il n’a pas dit le moindre mot.
 
Le souffle de Sanji se fit plus facile pendant qu’il buvait les dernières gouttes de son thé. Il se sentait bien mieux maintenant, et ses oreilles ne vrillaient plus depuis que les cris s’étaient arrêtés. Sanji ferma les yeux et apprécia le silence.
 
Silence.
 
–ZORO ! Sanji se leva brutalement, faisant tomber la tasse sur le sol quand il se jeta sur la porte, écartant le morceau de métal pour regarder à l’intérieur. ZORO ! EST-CE QUE ÇA VA!?
 
Les ongles du cuistot laissaient des marques sur la porte en bois pendant qu’il fixait l’intérieur sombre de la salle ; ses yeux s’adaptaient lentement- bien trop lentement à l’obscurité.
 
Il pouvait voir la silhouette floue de Zoro dans les ténèbres. Quelques instants silencieux passèrent, pendant lesquels le cœur de Sanji hésita à battre. Si Zoro restait muet, il était soit mort, soit soigné. Il n’était pas supposé être sur pied avant le lendemain au plus tôt, ce qui fit redoubler l’inquiétude de Sanji.
 
–HÉ! RÉPONDS-MOI, IMBÉCILE ! Sanji commença à frapper la porte, essayant de faire réagir l’autre homme d’une quelconque façon. Il sentait son cœur se serrer encore plus à chaque seconde. Je t’en prie, Zoro. Tu dois t’en sortir.
 
–L-la ferme, cuistot stupide… Ma tête…, grogna Zoro depuis l’intérieur de la pièce, faisant s’entrechoquer ses chaînes en essayant de bouger. Les genoux de Sanji menacèrent de le lâcher l’espace d’une seconde ; le soulagement se faisait presque douloureux.
 
–C’est impossible ! Ça devait prendre au moins un jour ! Shukaku sursauta et tourna les talons. Je vais chercher Iva ! Il a les clés !
 
Les genoux de Sanji regagnèrent leur force surhumaine. Il fit un pas en arrière, une ombre menaçante tombait lentement sur son visage pendant qu’il fixait la chaîne le séparant de Zoro. Il leva sa jambe, furieux, avant de l’écraser contre le cadenas, le brisant sous son talon avant de le laisser tomber au sol. Il l’ouvrit, et les grosses chaînes cédèrent.
 
Sanji donna un coup de pied dans la porte en bois, l’envoyant voler à l’autre bout de la pièce avant de courir vers la table. La lumière du hall gagnait lentement la salle ; l’ombre de Sanji s’étira dans la salle, atteignant une flaque de sang et la table métallique.
 
–C-cuistot ? La voix était rauque et faible, comme elle devrait l’être après des heures de cris incessants. C’était toujours un plaisir à entendre, et Sanji traversa la salle pour toucher l’homme qui lui avait tant manqué.
 
–J’ai un nom, abruti… Sanji plaça une main sur le front de Zoro ; il était froid et couvert de sueur. La peau de Zoro était pâle et il avait l’air malade, mais ses yeux étaient ouverts et attentifs. Il s’était tant inquiété- si terriblement inquiété- mais c’était fini maintenant ; Zoro allait s’en sortir.
 
Sanji se pencha, frôlant les lèvres sèches et faibles de Zoro. Zoro ferma les yeux, satisfait, s’approchant pour que leurs lèvres se rencontrent complètement. Aucun des deux n’essaya d’approfondir le baiser ; ils n’en avaient pas besoin. Sanji pouvait sentir le sang dans le souffle de Zoro quand celui-ci poussa un soupir de satisfaction avant de s’éloigner. C’était une petite promesse entre eux : plus tard.
 
–J’ai...tellement faim…, grogna Zoro, essayant de bouger pour regarder au-dessus de l’épaule de Sanji. Le bruit des talons hauts et des voix excitées se faisaient entendre à travers le couloir, et au milieu des couleurs flamboyantes et des bas en résille, Sanji pouvait voir apparaître l’afro violette d’Ivankov.
 
–Je vais te faire quelque chose tout ce suite, sourit Sanji, recevant un faible sourire en coin en retour. Nous devons te sortir de cette pièce avant ça. Sanji se retourna pour faire face au chef de ce petit havre de paix, s’allumant une cigarette.
 
–YEE-HAW ! Ivankov surgit dans la pièce, posant fièrement en fixant le visage choqué de Zoro. Sanji ne put s’empêcher de rire. Il semblait que Zoro n’avait pas été capable de remarquer le visage d’Ivankov avant, soit à cause de son état mental ou simplement parce qu’il n’en avait que faire. L’expression sur le visage pâle de Zoro était un mélange de choc, d’horreur, et de confusion. C’était adorable.
 
–Il semble avoir guéri à une vitesse incroyablement rapide- Ivnankov se tourna vers Sanji, souriant avant de remarquer l’ancienne porte derrière celui-ci. HÉ ! MON CHOU ! Ivankov pointa la pile de bois cassé. Où sont tes manières ?!
 
  –C’était sur le chemin. Sanji fronça les sourcils, recevant un rire faible de Zoro et une moue boudeuse d’Ivankov. Bref, enlevez-lui ses chaînes ; il a faim. Je vais le nourrir.
 
Inazuma se fraya un chemin dans la pièce, son verre de vin dans une main pendant qu’il levait l’autre. Sanji et Zoro le fixaient choqués, quand sa main se transforma en une paire de ciseaux géante, tandis qu’il buvait son vin nonchalamment.
 
Il y eut un bruit métallique, et les chaînes bloquant Zoro sur la table tombèrent en une pile au pied de cette dernière. La main d’Inazuma redevint normal, et l’homme recula pour rejoindre son chef.
 
Zoro essaya de se lever, le dos tendu, et fit quelques pas en direction de Sanji avant de perdre l’équilibre et de tomber en avant. Sanji parvint à le rattraper, passant un bras pâle autour de son épaule, appréciant le poids et la chaleur de l’homme à ses côtés.
 
–C’est normal qu’il soit faible l’espace de quelques jours, commença Ivankov avant de sortir de la pièce. Une foule de newcomers faisaient des « ooh » et des « aah » pendant que Zoro et Sanji quittaient la pièce, les faisant tous les deux rougir légèrement. Ivankov paraissait indifférent, secouant son doigt devant Zoro comme s’il était un enfant perturbateur.
 
–Tu vas avoir besoin de te reposer pendant au moins deux jours après la guérison ; nous t’avons déjà attribué une chambre que tu pourras utiliser le temps que tu récupères tes forces. Les okamas dans le couloir commencèrent à faire l’éloge de la générosité et de la beauté d’Ivankov, et Sanji envoya à Zoro un regard compréhensif. L’épéiste sourit en retour, son expression se faisant douloureuse pendant que Sanji le supportait jusqu’au hall principal.
 
–Où est votre cuisine ?, demanda Sanji en aidant Zoro à s’asseoir à l’une des grandes tables ; l’épéiste grogna un peu et se gratta la tête. Le docteur qui s’était occupé de lui lors de son arrivée testait ses articulations et ses doigts.
 
–C’est juste ici, Sanji. Shukaku fit signe au blond de la suivre, et Sanji donna à Zoro une tape rassurante sur l’épaule. Attends ici, tête de cactus ; je vais te faire quelque chose qui va te revigorer en un rien de temps.
 
–B-bordel sourcil en vrille, ne me laisse pas seul ici- » commença Zoro, mais la table où il s’était assis fut immédiatement envahie de divers okamas. Ils parlaient tous du fait que l’épéiste était « mignon » et « séduisant », faisant apparaître un sourire malicieux sur le visage de Sanji.
 
 
Les doigts élégants de Shukaku lavaient les légumes et les plaça sur le comptoir à côté de la planche à découper de Sanji. Le blond rayonnait presque pendant qu’il coupait le céleri, orientant le couteau correctement cette fois. Zoro allait bien ! Enfin, pas exactement. Il s’en sortirait, certes il était un peu fatigué et blessé, mais il était vivant, et c’est tout ce qui comptait.
 
Sanji fredonnait joyeusement en ajoutant le céleri au bouillon, remuant le tout machinalement pendant qu’il retournait habilement le poulet dans la poêle. Shukaku essuya ses mains, éteignant l’eau avant le poser la dernière pomme de terre sur le comptoir.
 
« Il est très beau. Elle souriait gentiment, riant devant l’expression confuse de Sanji. Ce chasseur de pirates.
 
Sanji fronça un peu les sourcils, inquiet.
 
–Shukaku chérie~ ! Tu peux faire bien mieux ! Une beauté telle que toi ne devrait pas s’attacher à un homme des cavernes telles que lui ! Sanji travailla rapidement les patates, en petits cubes égaux que même Zeff ne pourrait pas critiquer.
 
–Et tu devrais ?, demanda Shukaku, saisissant un couteau avant de couper les champignons lentement, avec précaution. J’étais un homme avant, tu sais. Même si Roronoa n’est pas vraiment mon genre, je peux voir ce que tu lui trouve.
 
Il y eut un silence lourd dans la pièce et Sanji baissa les yeux, observant le poulet grésiller avant de le mettre dans la soupe. Shukaku ajouta le reste des légumes dans le bouillon, et Sanji remit le couvercle pour laisser la casserole chauffer.
 
–J’ai bien peur que non, Shukaku-chérie~, dit Sanji désolé, son instinct naturel le poussant d’ordinaire à toujours être du côté des femmes lui donnait encore plus l’air d’un chien battu. Je ne pense pas que tu puisse voir.
 
La femme était un peu prise au dépourvu par le ton sombre de Sanji.
 
–Bien sur que si, Sanji. Roronoa est fort, loyal, et beau, comme toi. C’est normal que tu-
 
–Il est aussi têtu, sans-gêne, et n’a aucun sens de l’orientation. L’expression de Sanji était sérieuse quand il s’approcha de l’évier pour organiser la vaisselle salle, ignorant le compliment d’une belle femme. Normalement, un gars comme lui ne me fatiguerait même pas, mais je ne peux pas m’empêcher d’être énervé par sa présence.
 
–Pourquoi ? Shukaku prit place aux côtés de Sanji, séchant la planche à découper précautionneusement pendant que Sanji parlait.
 
–Parce qu’il est déterminé à réaliser son rêve quitte à en mourir. Je n’ai jamais pu faire ça avant, donc j’ai abandonné. Le ton de Sanji était calme mais réfléchi.
 
–Il a l’air plutôt irrationnel. Shukaku remit les couteaux fraîchement séchés à leur place.
 
–C’est parce qu’il est irrationnel qu’il va devenir le plus grand sabreur de ce monde. Sanji soupira un peu. Et c’est parce que je suis rationnel que je n’ai jamais essayé de réaliser mon rêve.
 
–Sanji, beaucoup de grandes personnes étaient irrationnelles. Peut-être devrais-tu tenter le coup ?
 
–Shukaku-chérie… Le blond éteint le gaz, avant de remuer la soupe qui épaississait rapidement. Tu as entendu parler de « All Blue » ? Sanji gouttait la nourriture en regardant la surprise gagner le visage de Shukaku.
 
–Cet océan imaginaire ?, sourit Shukaku. Bien sur ! Tous les chefs en ont entendu parler ; c’est comme un comte de fée pour nous ! Ne serait-ce pas merveilleux si il était réel ? Pense à tous les plats que tu pourrais faire-
 
–Cet océan est mon rêve. L’expression de Sanji était de marbre pendant qu’il retirait la casserole du gaz, s’arrêtant pour récupérer un bol et une cuillère avant de s’approcher de la porte.
 
–Sanji. Shukaku avait l’air triste, pendant qu’elle essuyait le comptoir autour du gaz. Parfois, ce n’est pas une bonne idée de suivre certains rêves. »
 
 
« Il ne s’est rien passé, insistait Zoro, fatigué pendant qu’il buvait sa troisième ration de soupe. Sanji s’assit devant lui, reposant sa tête dans sa paume en regardant l’épéiste nier les accusations d’Ivankov.
 
–C’est impossible, rétorqua le docteur, tapant la tête de Zoro avec un rouleau de bandages. Iva veut savoir ce qui t’es arrivé. Quand Iva est assez bon pour t’héberger et te soigner, le moins que tu puisses faire, c’est lui dire la vérité !
 
Sanji vit l’expression de Zoro passer de froide à ennuyée. Leurs yeux se rencontrèrent brièvement quand Zoro demanda silencieusement si ces gens étaient réellement dignes de confiance. Le blond sourit doucement, sa joue aplatie contre la paume de sa main pendant qu’il hochait la tête.
 
–Vas-y, tête de cactus ; Ivankov à le droit de savoir.
 
Zoro grogna et leva les yeux au ciel, posant sa cuillère avant de serrer les dents.
 
–Nous étions à Thriller Bark, commença Zoro, gagnant quelques cris de surprise de la part de « l’audience ». Sanji se détendit quand Zoro commença à relater des évènements particulièrement incroyables. Entrer dans le Triangle de Florian, se faire voler son nombre, se retrouver face à un colosse nommé « Oz » qui était supposément mort depuis des siècles. Certains okamas reculèrent de peur à l’énonciation du grand corsaire Gecko Moria, et à l’évocation de comment celui-ci fut vaincu par Luffy, renforcé par une centaines d’ombres.
 
–Et quand le soleil revint, nos ombres n’étaient toujours pas là, donc on a commencé à brûler. Zoro leva la main ; il regagnait des couleurs, mais il était toujours plus pâle que d’ordinaire. Mais elles sont revenues juste à temps, et on était de retour.
 
–Ces combats que tu décris sont des raisons valables pour tes blessures-, commença le docteur, se sortant de la transe provoquée par le récit de Zoro. Mais c’était bien avant que tu sois capturé ? Tes blessures ne semblaient pas avoir été guéries plus que ça-
 
 
–J’ai été capturé ce jour-là. Zoro serra les dents. Juste après notre victoire sur Moria, un autre grand corsaire apparut et il disait vouloir la tête de Luffy. Il était un utilisateur de fruit du démon, et ses paumes avaient des espèces de coussinets. Il a assommé tout le monde, même Luffy.
 
–C-COUSSINETS?!, interrompit Ivankov, son gros visage devenant encore plus impressionnant. E-est-ce que tu parles de Bartholomew Kuma !?
 
Zoro hocha la tête, son regard se dirigeant dangereusement vers Ivankov. L’expression sur le visage de ce dernier devint sombre et pensive, plus sérieuse que Sanji ne l’avait jamais vue auparavant. Cependant, Ivankov ne dit rien, faisant signe à Zoro de continuer avec le même air sombre sur le visage.
 
–Je l’ai affronté et j’ai perdu. Sanji pouvait voir les doigts de Zoro s’enfoncer dans sa paume quand il commença à parler à nouveau. Il allait tuer Luffy ; il allait mettre un terme aux rêves de tout le monde.
 
Sanji retint son souffle ; il y avait quelque chose dans la détermination presque mortelle visible dans les yeux de Zoro. L’expression d’Ivankov se fit également plus sombre, comme si quelque chose ne tournait pas rond.
 
La mâchoire de Zoro s’immobilisa, et il continua à travers ses dents serrées.
 
–Donc je lui ai demandé de prendre ma vie à la place.
 
–QUOI ?! Sanji se leva si vite que sa chaise frappa le sol. Tout le monde le fixait, à l’exception de Zoro qui évitait le contact visuel. ET TON RÊVE ?! COMMENT AS-TU PU TOUT ABANDONNER COMME ÇA ? JE CROYAIS QUE ÇA COMPTAIT POUR TOI !?
 
–ÇA L’EST ! Zoro se leva, écrasant ses mains sur la table en rendant à Sanji son regard furieux. Mais Je ne pouvais pas laisser Luffy mourir ! Si son rêve ne devient pas réalité, le mien ne le deviendra pas non plus.
 
–SOIS RAISONNABLE, CACTUS IDIOT ! Sanji était furieux. La loyauté était une chose, mais c’était différent ; est-ce que ce Luffy appréciait au moins ce que Zoro avait fait pour lui !?
 
–Luffy est l’homme qui deviendra le roi des pirates !, Cria Zoro depuis l’autre bout de la table, avant d’être tiré en arrière par la douleur. Ils haletaient tous les deux, fixant l’autre avant que leurs souffles ne se calment. Quand Zoro reprit le contrôle de sa respiration, il continua.
 
–Ce Kuma a accepté de me prendre à la place. Mais en retour, je devais prendre toute la douleur de Luffy. La voix de Zoro se faisait un peu plus rauque à présent, mais il fixait toujours Sanji à travers ses cils épais. J’ai tout pris. Quand je me suis réveillé, j’étais dans une prison de la marine.
 
 Sanji se rassit, s’allumant une cigarette d’une main tremblante. Il était bouillant de colère et de jalousie. Ce Luffy ferait mieux d’apprécier Zoro, où Sanji refuserait de le laisser partir. Ivankov se retourna, sa cape voletait doucement, contrastant avec ses poings serrés.
 
–Ils t’ont réparé ? Demanda le docteur précautionneusement avec un tremblement nerveux dans la voix, regardant Zoro puis Sanji. Ils ont dû le faire pour que tu survives jusque-là….
 
–Je suppose, grogna Zoro avant de se remettre à manger. Ils ont essayé de m’interroger quelques jours, avant de m’envoyer ici. Sanji croisa les yeux de Zoro. Ils étaient interrogateurs, comme si il voulait savoir si Sanji était toujours en colère.
 
–Tu es vraiment un idiot, souffla Sanji avant de sucer sa cigarette. Il sourit un peu, en voyant le visage de Zoro s’adoucir pendant que ses inquiétudes se dissipaient. N’essaie plus jamais de te sacrifier comme ça.
 
–La ferme, sourcil en vrille, grogna Zoro, sa cuillère frappant son sol vide. T’es pas mon chef. Je peux faire ce que je veux et- L’épéiste allait ajouter quelque chose, probablement une insulte colorée, mais il s’interrompit lui-même par un bâillement.
 
Sanji secoua la tête, se leva et tourna autour de la table pour atteindre Zoro. Tu dois te reposer. Sanji vit l’épéiste affaibli se relever, offrant son épaule en guise de support. Zoro avait l’air en bien meilleur état à présent ; cette couleur bronzée regagnait sa peau, et il n’était plus aussi tremblant. La chaleur confortable du bras de Zoro autour de l’épaule de Sanji détendit les nerfs de Sanji considérablement.
 
–La chambre que nous avons préparé est au bout de ce hall là-bas, sur la gauche. » Inazuma fit un geste gracieux avec son verre de vin. Aucun des okamas ne bougeait pendant que Sanji supportait Zoro à travers le hall. Sanji pouvait entendre des rires amusés dans le hall principal quand ils entrèrent dans le couloir. Sanji était sure que Zoro se serait perdu en chemin s’il ne l’aidait pas.
 
Ils marchaient dans un silence confortable, appréciant la présence de l’autre, et tout ce temps passé loin de l’autre ne semblait plus si terrible. C’était tellement bien de pouvoir toucher et aider Zoro sans craindre d’être vus, simplement de pouvoir marcher dans ce couloir en tant qu’égaux. Ca serait tellement bien d’être libres comme ça tout le temps.
 
« Hé…cuistot. La voix de Zoro était grave et rauque ; Sanji était certain que personne ne pouvait entendre ce qu’il venait de dire, sauf lui. Il envoya un regard à l’épéiste, sa cigarette tremblante entre ses lèvres.
 
–Hmm ? Qu’est-ce qu’il y a, tête de cactus ? Sanji pouvait voir les cernes fatiguées sous les yeux de Zoro, sa peau salie par le sang, et son début de barbe veste. Il remarqua le présence des trois petits trous dans les oreilles de Zoro, là où ses boucles devraient se trouver. Les boucles ! Il devrait vraiment les lui rendre et dire à Zoro où étaient ses sabres pendant qu’il était-
 
–Tu dors avec moi ?
 
Les pensées de Sanji déraillèrent, et il rougit comme une tomate, lâchant presque Zoro sous le choc.
 
–L-L-La ferme ! Espèce d’idiot ! Ne dis pas ce genre de choses comme ça ! Ses joues étaient cramoisies.
 
Après quelques secondes de regards perdus, Zoro comprit ce que Sanji pensait qu’il avait voulut dire et explosa de rire.
 
–Ah ! Cuistot pervers ! Les joues de Zoro étaient un peu rouges, et sa bouche arborait un grand sourire. Je suis bien trop fatigué pour ça. Je voulais dire dormir, juste dormir !
 
Sanji grogna un peu, frappant Zoro dans le tibia en guise de punition pour s’être moqué de lui.
 
–TU es le pire pervers de nous deux, tête de cactus ! Sanji envoya un regard à l’épéiste, qui leva les yeux au ciel à l’entente de ses accusations sans fondement. Même si tu veux JUSTE dormir, je dois bosser dans quelques heures et tu pues le sang. Sanji fit la moue et fit danser sa cigarette entre ses lèvres.
 
Zoro fronça un peu les sourcils quand ils entrèrent dans leur chambre réservée. Sanji cligna des yeux quand il vit le lit, un grand lit double. Zoro se sentit revivre à cette vue ; il ne pouvait pas dire si cétait parce qu’il voyait qu’il était clairement conçu pour deux personnes ou juste parce que c’était le premier vrai lit que Zoro avait vu depuis longtemps.
 
L’épéiste grimpa sur les bras, sa peau sale tâchait les draps pendant qu’il s’étirait sur la couette. Sanji vit sa poitrine se gonfler et redescendre tandis qu’un air satisfait prenait place sur son beau visage.
 
–C’est tellement bien. Je n’a pas eu l’occasion de dormir correctement depuis des semaines.
 
–Je ne te pensais pas si difficile tête de cactus. Je croyais que les pirates dormaient dans des hamacs. Sanji dut se forcer à détourner le regard. Malgré le sable et ses blessures, Zoro était terriblement attirant.
 
–C’est ce qu’on fait. On a des hamacs en bois sur le Sunny et une couchette ? Il y a aussi un pont recouvert d’herbe, répondit Zoro, fatigué ; affalé sur le lit avec un sourire enfantin sur son stupide visage. Je peux dormir n’importe où sur le Sunny, honnêtement. C’est mon foyer après tout. C’est sécurisé-en grande partie. La voix et les traits de Zoro s’adoucirent, et le rejoindre dans le lit semblait être la chose la plus facile au monde.
 
–Si tu y tiens tant que ça, p-peut-être que je vais rester jusqu’à ce que tu t’endormes- Sanji toussa, gêné et rougissant pendant qu’il s’approchait du lit pour s’asseoir loin de Zoro. Mais dès que tu t’endormiras, je- » Il lança un regard par-dessus son épaule, espérant voir un sourire victorieux sur le visage de Zoro mais-
 
Zoro était déjà en train de ronfler.
 
Le visage de Sanji s’affaissa. Il grogna de frustration et fronça les sourcils en pensant à cette occasion ratée. L’épéiste dormait bruyamment, regagnant toute l’énergie qu’il avait perdu en guérissant. Sanji ne prit pas la peine de retirer ses chaussures et s’allongea de l’autre côté du lit, lançant un regard dur à l’abruti qui l’avait tenté pour le laisser insatisfait. Sanji résista à l’envie de frapper Zoro dans l’estomac en guise de punition.
 
Après avoir regardé Zoro ronfler pendant dix bonnes minutes, le cuistot soupira et se leva. Il le valait mieux. Il se glisserait ici à nouveau demain, et avec un peu de chance, Zoro sera suffisamment réveillé pour lui tenir compagnie quelques heures. Sanji s’approcha de la porte, sa main s’arrêtant sur la poignée à cette pensée.
 
« Dors avec moi? »
 
Sanji trembla en pensant à cet instant. La chaleur traversait sa colonne vertébrale pour atteindre son bas-ventre. Il lança un regard par-dessus son épaule, qui dormait toujours avec un petit filet de bave sur le côté de sa bouche.
 
« Je suis bien trop fatigué pour ça. »
 
Sanji laissa un grognement sortir de sa gorge quand il détacha ses yeux de Zoro qui ronflait joyeusement. Il se força à quitter la pièce, fermant la porte précautionneusement derrière lui en se frayant un chemin jusqu’au hall principal.
 
Ivankov était apparemment parti faire quelque chose d’important avec Inazuma, et Sanji décida donc de remercier Shukaku et de lui demander de transmettre sa gratitude à Ivankov. Après avoir rassuré les okamas plaintifs en leur assurant qu’il reviendrait la nuit suivante, il s’éloigna, en quête d’un sommeil nécessaire. 

-

Et voilà pour ce chapitre, j'espère qu'il vous a plu !

 Il est un peu long, mais c'est ma manière de vous souhaiter une bonne année ❤

Je ne vous tease pas le prochain chapitre mais je pense que vous allez l'aimer 👀

À la semaine prochaine !

Impel DownOù les histoires vivent. Découvrez maintenant