Pouloulou encore un de mes dessins de Sanji en média
Sanji était affalé dans son lit pendant quelques minutes, revoyant son plan en détail pour ce qui devait être la centième fois depuis qu'il s'était caché sous ses couvertures. Le plan était sans faille. Si tout se passait comme l'esprit calculateur de Sanji l'avait prévu, les trois plus gros problèmes de sa vie allaient être réduits à néant.
Sa plus grosse inquiétude, la plus urgente, était au sujet de la liberté de Zoro et de sa sécurité. Par liberté, bien sur, il entendait la liberté temporaire de Zoro; il ne savait pas comment il parviendrait à faire sortir Zoro d'Impel Down, mais l'arracher à cet horrible cauchemar qu'était le niveau trois était amplement suffisant pour le moment.
Sa seconde inquiétude, et celle qui lui pesait depuis le jour où il a volé les sabres de Zoro dans la salle de stockage, était la surveillance sous laquelle il était placée. Naturellement, s’il parvenait à prouver à Magellan et Hannyabal de manière indiscutable qu’il ne faisait pas partie de la fuite de Zoro, ils n’auraient rien à gagner à continuer de le surveiller d’aussi près. N’est-ce pas ?
Sa troisième inquiétude, moins pressante mais toute aussi pesante était la santé de Zoro. Ivankov avait eu l’air très inquiet à ce propos, en particulier quand Sanji lui a décrit en détail l’état des pieds de Zoro, de la morsure d’araignée, du manque d’hygiène, et le peu de nourriture qu’il avait pu recevoir. Selon Ivankov, un homme ordinaire ne serait déjà plus en vie, mais Sanji ne voulait pas y penser.
Zoro n’était pas ordinaire ; il était l’homme qui allait devenir le plus grand épéiste du monde.
De plus, Sanji ne savait pas s’il pourrait supporter la mort de Zoro dans cette prison. Certes, il ne connaissait Zoro que depuis quelque mois, et pourtant, il ne s’était jamais autant attaché émotionnellement à quelqu’un -à l’exception de Zeff-. Zoro l’énervait, le calmait, et l’excitait. Il ne s’était jamais senti aussi puissant, ni aussi déterminé, que quand il se battait dos à dos avec Zoro.
Même s’il était résolu, il voulait que ce jour se termine. Il était sur qu’il allait être sur les nerfs toute la journée, à force de feindre l’indifférence et de prétendre ne rien savoir. Il aurait également à entrer dans la fournaise de son plein gré, pour essayer d’être près du Directeur ou d’Hannyabal lorsque Zoro se « volatilisera ».
Le corps de Sanji s’arrêta presque quand il entendit du raffut autour de lui. L’espace d’un instant tendu, il força ses yeux à rester fermés, écoutant les bruits de pas sur le sol de pierres et les vêtements être saisis avec des grognements. Plus loin dans la salle, une alarme résonnait joyeusement. Il jeta un regard sur sa propre horloge ; cinq heures trente-deux du matin. D’ordinaire, il serait déjà en route pour la cuisine pour commencer les déjeuners.
Il n’était plus autorisé à préparer le déjeuner, puisque seul le personnel y avait droit. Le repas le plus important de la journée, et il était interdit aux prisonniers. Le travail de Sanji ne commencerait qu’après le déjeuner ; il pouvait donc gagner une heure de sommeil de plus avant de se lever : il n’était parvenu à dormir que deux heures cette nuit. Aujourd’hui était un grand jour, sur lequel pourrait se jouer le reste de sa vie.
Sanji se sentit refroidir à cette simple pensée. Il se recroquevilla un peu plus dans ses couvertures, et il sentit la chaleur se propager lentement dans sa peau. Il se sentait anxieux,mais il savait que ses maux de têtes et d’estomac paieraient. Dans moins de vingt-quatre heures, il ne se sentirait plus si seul. Dans l’idéal, il sera avec Zoro. Ses doigts serraient les couettes, griffant la texture robuste de ses ongles.
Peut-être pourraient-ils reprendre là ou ils s’étaient arrêtés ? Sanji sentit son corps chauffer à l’évocation de ce souvenir. Ça n’avait été qu’un baiser, mais il l’avait sentit au plus profond de lui. Ses nerfs n’avaient jamais été en ébullition à ce point. Même les séances les plus enflammées à l’arrière du Baratie ne lui avaient pas fait ressentir autant de désir.
Peut-être pourrait-il explorer correctement le corps de Zoro cette fois. Sanji se retourna dans ses couvertures, cachant son visage en se mettant face au mur. Ses yeux faisaient des trous imaginaires dans l’horrible affiche quand son esprit commença à s’égarer. Le corps de Zoro lui avait paru si chaud même dans les vents gelés du niveau cinq. Il pouvait sentir le paterne des doigts de Zoro sur ses hanches en essayant de se souvenir de chaque seconde de l’interaction romantique la plus intense de sa vie. Enfin, la plus intense jusqu’à maintenant.
Des doux frissons gagnèrent son corps quand il se demanda où son exploration pourrait le mener. Il y avait tellement de parties du corps de Zoro qu’il rêvait de toucher ; malheureusement, il devrait attendre que les blessures de Zoro soient guéries avant de pouvoir les toucher. Parmi elles se trouvaient des zones qu’il n’aurait jamais pensé trouver érotiques.
Sanji essayait de rationaliser cela en admettant que comme il n’avait pas eu l’occasion de le toucher jusqu’à présent, son corps s’excitait à la pensée de chaque aspect de Zoro, mais il n’était pas sur que ça soit le cas.
Le blond jeta un œil par dessus son épaule pour regarder l’heure, six heures douze. S’il se levait maintenant, il pourrait peut-être avoir un peu de temps libre dans les douches avant que ceux qui ne partagent ses horaires ne se réveillent. Il devait se libérer d’un peu de… stress. Tous ses songes au sujet de Zoro ne l’avaient pas aidé à dormir, et ça ne serait pas une bonne chose d’être sexuellement frustré. Non, il avait besoin d’avoir la tête froide aujourd’hui.
Le plan était simple. Difficile à mettre en place, mais simple. Tout ce que Sanji devait faire, c’était s’assurer d’être sous surveillance toute la journée ; il ne pouvait pas être seul plus d’une minute ou deux, ou son alibi serait remis en question.
Sanji entra dans la cuisine aussi naturellement que possible ; pour la première fois, il était heureux de voir les yeux de la foule braqués sur lui. C’était bien. « Ne ratez aucune seconde de mon innocence ». Le fait que ça soit la surveillance intense de Magellan qui lui procure un alibi était presque poétique. Cela serait le cas, si le plan se déroulait sans accroc. Sanji lança au chef principal un sourire joyeux, avant de se laver les mains tout en faisant la discussion.
Avec sa petite escapade secrète dans la cuisine quelque jours plus tôt, Sanji savait exactement où les angles morts des escargophones se trouvaient, et pour une fois, il s’assura de ne jamais y rentrer plus d’une seconde, il devait faire en sorte qu’ils avaient enregistré toute sa journée. En espérant que cela suffise.
Le cuistot essaya de calmer ses nerfs avec une cigarette, s’assurant qu’il était suivi par les yeux d’un escargophone quand il plongea la main dans sa poche. Sanji sentit la fiole glisser contre ses doigts quand il saisit son briquet dans ses bas, un rappel désagréable que la partie la plus stressante et difficile du plan allait commencer.
C’était la partie qui reposait le plus sur la chance. Sanji n’aimait pas la chance ; elle ne semblait jamais être de son côté, à l’inverse de Zoro. Puisque ce plan profiterait à Zoro, peut-être qu’il pourrait profiter de sa chance ?
Il n’y avait plus qu’une heure avant l’heure du rendez-vous ; devait il le prendre maintenant ou plus tard. Il avait besoin de quelques temps pour faire effet, mais il se dissiperait au bout de deux heures. Sanji laissa calmement sa main dans sa poche, sentant les yeux vigilants des créatures sentinelles sur lui. La personne qui avait découvert comment utiliser les escargophones était soit folle, soit le Docteur Vegapunk.
Sanji serra les dents ; il ne voulait pas laisser la vie de Zoro entre les mains d’Ivankov. Il avait même caché les sabres de Zoro par mesure de précaution. Mais il n’avait pas le choix ; il avait passé en revue beaucoup de plans, et celui-ci était le seul qui pouvait réussir.
Sanji regarda l’horloge ; il était deux heures de l’après-midi, et il était presque temps pour Zoro de disparaître. S’approchant tranquillement du frigo, Sanji s’approcha, saisissant le sac de restes de pain gelé qu’il avait préparé aussi près de la porte que possible et récupéra le flacon de sa poche.
L’antidote pour le sérum de vérité.
Le blond s’accorda une fraction de seconde pour mémoriser la belle couleur grise du liquide avant de le boire comme un shot de vodka, l’avalant d’un seul coup avant de marcher sur la fiole, la réduisant en fine poudre. Il l’écarta de la nourriture d’un petit coup de pied. Ça avait juste l’air de gel brillant sur le sol. Il devrait se rapeller de tout nettoyer plus tard.
Sanji était rentré et sorti du frigo avant même que les autres chefs ne remarquent son absence. Fredonnant tranquillement, il enfonça le pain gelé dans le gros pot d’épices. Il pouvait sentir la chaleur agréable de l’antidote sa répandre dans son torse.
Sanji passa en revue le plan dans sa tête. Il n’y avait pas moyen que Magellan le laisse en paix cette fois. Avec la disparition de Zoro, le directeur n’hésiterait pas à le droguer pour savoir où l’épéiste se cachait. Après tout, il était impossible que la Marine n’enquête pas sur la disparition de quelqu’un d’aussi recherché que Zoro.
Les nerfs de Sanji étaient en surchauffe, réclamant une cigarette ; vingt minutes étaient passées depuis l’heure du rendez-vous, et rien ne s’était passé. Ils devraient pourtant le suspecter ? Ou peut-être qu’Ivankov avait échoué, et Zoro n’avait pas été sauvé ?
Sanji regardait ses mains trancher les herbes avec une confiance gagnée par des années d’entraînement. Il aimait beaucoup les épices fraîches et les découper ainsi était presque une sorte de méditation pour lui. Il allait se calmer quand la porte de la cuisine ne soit ouverte dans un grand fracas. Sanji n’eut même pas à simuler sa surprise quand Hannyabal et de nombreux gardes surgirent dans la cuisine.
« Sanji, suis-moi dans mon bureau, je veux dire, le bureau du directeur, dit Hannyabal d’un ton ennuyé, reflétant le fait qu’il ne pensait pas vraiment que les accusations du directeurs étaient fondées.. Les chefs dans la cuisine fixaient, choqués, les nombreux gardes et geôliers qui entouraient le blond, chuchotant quelque chose entre eux en regardant l’expression innocente de Sanji.
–Viens avec moi ; le directeur t’expliquera tout. Sans un mot, Sanji fut guidé hors de la cuisine jusqu’aux couloirs menant au bureau du directeur. Les portes étaient grandes ouvertes, et les divers gardes et membres du personnel se frayèrent un chemin à travers la foule munie d’escargophones et de papiers.
–Laissez le directeur passer, réclama Hannyabal d’une voix assez forte pour faire taire tous les gardes, qui le fixaient d’un air perplexe. Magellan lança un regard à Hannyabal à travers la foule, le faisant faire un pas maladroit en arrière. Je...je veux dire le vice-directeur !
Les geôliers laissèrent assez d’espace pour que le second se fraie un chemin, laissant assez de place derrière lui pour que Sanji et les autres gardes puissent suivre. Magellan s’assied à son bureau, faisant jaillir du poison de ses pores pendant qu’il les regardait attentivement.
–Sanji, où étais-tu il y a une demi-heure ? La voix de Magellan était alourdie par les soupçons. Le directeur voulait des réponses, et Sanji était son premier suspect. Tout allait reposer sur le jeu d’acteur de Sanji ; il espérait que sa nervosité soit prise pour de la peur.
–J-j’étais dans la cuisine, monsieur, répondit Sanji avec honnêteté, feignant l’ignorance. J’aidais les autres avec la nourriture des prisonniers depuis la fin du déjeuner. C’était extrêmement frustrant, Sanji n’était pas habitué à être si docile, mais même les grands criminels évitaient d’entrer en conflit avec le directeur. Les pouvoirs de Magellan pouvaient aisément le tuer, même de loin.
Magellan appela un homme tenant une pile de papiers, tapotant la table du bout des doigts, laissant des flaques violacées sur le bois.
–Je veux un enregistrement vidéo de la cuisine sur ma table dans moins de dix minutes, cracha Magellan, laissant sortir un épais nuage de poison de ses narines pendant que le garde malchanceux saluait avant de sortir par la porte, laissant ses papiers sur le bureau.
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Impel Down
FanficSanji, cuisinier d'Impel Down, se retrouve malgré lui en charge de la torture de Roronoa Zoro! Tous deux se virent piégés, pendant que Zoro restait persuadé que Luffy viendrait le chercher. Sanji prendra-t-il le risque de trahir ses supérieurs et d...
