Serendipity n°31

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9 septembre 1949

Sur le chemin du retour, Hoseok et moi avions déposé Jin chez lui puisque lui et moi habitions le plus loin.

Le vent était frais ce soir et il était près de vingt-trois heures.

-Bon... -fit Hoseok après un silence que quelques secondes- Je vois que tu ne m'en parleras pas de toi-même alors je me lance. -j'haussais un sourcil- Taehyung et toi... Vous n'êtes pas de simples collègues... Ni même de simples amis. Je me trompe ?

-Quoi ? Mais n'importe quoi ! -dis-je avec un petit rire nerveux. 

J'entendis Hoseok soupirer, puis il m'attrapa le bras pour que l'on s'arrête en même temps. 

-Jungkook je suis sérieux, c'est pas la première fois que je pense ça. J'ai attendu que Jin sois chez lui pour t'en parler. -il me regarda d'une manière indescriptible. 

Je ne savais pas si je pouvais lui parler. Plus de gens sont au courant d'un secret, moins il l'est et c'est extrêmement dangereux, surtout pour Taehyung. 

Tu causeras sa perte...

Et voilà que j'y repensais. Hoseok me lâcha le bras doucement. 

-Alors c'est vrai ? -demanda-t-il avec un air désespéré. 

-Quoi ? Non non, absolument pas, n'importe quoi ! J'hallucine, tu penses vraiment que moi, je sortirais avec un autre homme ? -je ris pour donner un peu plus de naturel à mon comportement- Tu rêves Hobi.

Hoseok fit un air agacé et leva les yeux au ciel. Nous étions seuls dans les rues. Je n'avais aucun moyen de m'échapper.

-Jungkook vraiment tu mens comme une merde c'est pas possible. 

Je déglutis difficilement. Je savais que je mentais mal mais sur un malentendu ça pouvait passer. Il posa sa main sur mon épaule et pendant une demi seconde, j'ai eu peur. 

Pas peur d'Hoseok ni pour moi, mais de ce qu'il pourrait faire, ce qu'il pourrait dire, les conséquences que ça pourrait avoir sur Taehyung. Mes mains tremblaient et mon visage ne devait pas être beau à voir non plus. 

-Jungkook, je ne dirais rien à personne, dis moi juste la vérité. 

-Je... Je... -les larmes me montèrent aux yeux, enfin de compte, je n'étais pas si loin de ma maison que ça... à peine dix minutes si je courais. 

Puis, sans que je ne puisse rien contrôler, les larmes se mirent à couleur toutes seules. Hoseok n'attendit pas plus et me pris dans ses bras, me caressant la nuque doucement pour me calmer.

-Pardon... -murmurais-je.

-Ne t'excuse pas. Ce n'est rien. -rien ? Comment ça ce n'était rien ?- Je vois simplement que ces derniers temps ça va pas fort. Allé, rentre chez toi. 

Je me décollais de lui et le regardais dans les yeux, il me fit un petit sourire encourageant.

-Mais Hoseok ? 

-Voilà c'est tout, t'es tombé amoureux Kook, c'est pas dramatique. Je ne le dirais à personne, pas même à Jin. Tu lui en parleras quand tu seras prêt, mais saches que maintenant, tu as quelqu'un avec qui partager ça. T'es plus tout seul ok ?

Puis sans un mot, il me tourna le dos pour rentrer chez lui. Je le voyais, les mains dans les poches, ses cheveux qui se faisait de plus en plus long et son allure élancée. Ce soir, Hoseok m'avais parus plus mature que jamais, prenant des airs de super-héros. 

Je restais un  moment immobile alors qu'il était déjà parti. Il n'avait rien dit de particulier au fond, pourtant ça m'avais fais un bien fou d'entendre ça. Avec un petit sourire, Je regarda mon poignet droit, la lumière de la Lune faisait briller le bracelet fin qu'il m'avait offert, et mon cœur battit plus fort encore, je n'entendais que lui...

Je fourrais mes mains dans mes poches et m'enfonçais dans la forêt d'un pas plus léger qu'il ne l'avait jamais été ces derniers temps.

Ma bonne humeur était de nouveau au beau fixe et soudainement, il me tarda même de voir Taehyung. Je n'avais pas aimé partir alors qu'il était en colère contre moi. Les choses ne se passent pas si bien que ça dans notre pays et même si notre campagne est éloignée du reste elle n'en est pas moins épargnée. 

Le secret de Taehyung pouvait exploser à tout moment, n'importe quand on pouvait l'emmener et le mettre en prison ou même pire. 

Qu'est-ce qu'il se passerait si jamais ça arrivait ? Et si ça arrivait alors qu'on s'est quitté fâché l'un contre l'autre ? Je ne me le pardonnerais jamais. 

Je couru alors jusque chez moi, de l'extérieur, je voyais la lumière de l'halogène dans le salon. Il était encore réveillé. D'un pas encore plus rapide, j'arrivais devant la porte de ma maison, j'enfonçais la clé dans la serrure et entrais rapidement. 

Je retirais mes chaussures et entrais dans le salon. 

Taehyung était là. Il ne daignait pas me regarder mais je sentais qu'il en avait envie, simplement pour me faire comprendre qu'il était encore en colère contre moi. Mais honnêtement, ça m'étais bien égal qu'il soit fâché contre moi. Avec un petit sourire, je m'assis à côté de lui sur le canapé. Son livre n'avait pas l'air de l'intéresser des masses, ses yeux demeuraient fixes sur le papier.

Finalement, il tourna son visage vers moi avec toujours cet air boudeur. 

-Eh... -dis-je doucement- Tu m'as manqué tu sais ? 











-Junghyun ! Descends, y a quelqu'un au téléphone pour toi !

A contrecœur, Junghyun lâcha le journal de son grand-père et soupira. Il se leva de son lit défait et réajusta son sweatshirt en descendant les escaliers. Sa mère, un tablier rouge noué autour de la taille et les poings sur les hanches lui tendis le combiné du téléphone fixe en levant les yeux au ciel. 

Ces derniers jours, Junghyun s'était démené pour retrouver sa trace, savoir ce qu'il lui était arrivé, et peut-être, donner une fin heureuse à cette histoire...

-Allô ? -fit-il.

-Oui bonjour, ici monsieur Bang à l'appareil, je suis l'employé en charge de votre requête. Est-ce que vous pouvez venir à la mairie la semaine prochaine ? J'aimerais m'entretenir avec vous au sujet de ce monsieur, ce... Hum... 

-Kim Taehyung ? 

-Oui c'est ça. 

-Lundi vers dix-huit heures ? -demanda Junghyun.

-Très bien, c'est noté. A lundi.

Junghyun ne répondit rien er raccrocha simplement après que cet homme l'ai lui-même fait. Peut-être qu'il n'était pas trop tard pour donner une fin à ces journaux...

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